Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 20:46

 

 

 

C'est l'arnaque au nez gonflé, aux joues trop roses, aux cheveux qui transpirent, aux yeux suintants, au corps qui tremble.

C'est l'hiver.

C'est la nuit le matin et la nuit l'après-midi.

C'est trois pulls à ôter ou à remettre sous le manteau et l'écharpe et le bonnet.

C'est Vent.

Vent qui transporte ou sèche l'eau du ciel.

Vent qui glace par les trous de nez et givre des pierres dans la voix.

Vent qui ferme la bouche sous l'écharpe ; qui vole les cheveux empêtrés, plus ou moins trempés et plats et tristes.

Vent qui colle les dents, la pensée, les gestes : toute la place est pour lui, pour nuit, pour froid.

 

Même soleil a un air hautain et glacé dans sa robe d'hiver,

l'hiver.

 

Ut 18/12/2011

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Par Ut - Publié dans : Nine - Communauté : le texte voyageur
Dis moi.... - Tout dit
Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 08:11

 

 

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Petit peton pointu, fille de soleil déjà, rire à peine de lumière qui court qui court des orangers aux blancs,

balance d'un coup de pied gracieux insouciant et ô combien irrespectueux,

Madame grincheuse vieille nuit

par dessus la terre.

 

Ut

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Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Chroniques du temps présent
Dis moi.... - Tout dit
Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 22:56

 

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Fassianos exposé à la Villa Tamaris/La Seyne-sur-Mer le 08/07/2011

 

 

Il avait pris sa peau

à elle,

sans elle ...

L'avait laissée sécher au fin fond de ses yeux

à lui,

sans elle.

 

Ut le 19/07/2011

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Par Ut - Publié dans : Les Amants - Communauté : Les Troqueurs d'Art
Dis moi.... - Tout dit
Mercredi 13 juillet 2011 3 13 /07 /Juil /2011 17:59

 

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Raphaël Demarteau

 

 

Ce matin, en réponse à un commentaire sur le blog d'une amie très chère, je n'ai entendu que ces deux mots : «très égoïstement»....

 

Pour se cacher de ce qu'elle était en train de réaliser, très égoïstement elle s'était effondrée par terre avec dans la bouches les quatre syllabes improvisées pour un duo improvisé.

 

Le cadre était magique d'arbres calmes, protecteurs, d'eau verte, de bougainvilliers outrageusement exhibitionnistes.

Le cercle des autres invités était silencieux ; un peu tendu de ce qu'on attendrait de chacun d'eux... ou de ce que chacun attendait de lui-même...

 

Sa jupe noir en corolle sur ses jambes, les mains sur son visage, elle pleurait les quatre syllabes qui ne voulaient encore rien dire ni pour elle ni pour sa partenaire ni pour les autres autour.

Alors l'inconnue, l'autre actrice improvisée, a tourné autour de la fille qui pleurait par terre ; l'a questionnée, relevée... et une histoire unique et éphémère s'est déroulée mot après mot, geste après geste, et s'est renroulée sur sa propre chute inattendue, à l'insu de ses deux interprètes, au milieu du cercle attentif et poreux.

 

Ut le 13/07/2011

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Par Ut - Publié dans : Théâtre - Communauté : Chroniques du temps présent
Dis moi.... - Tout dit
Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 10:30

 

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Jérémy LIRON

Hôtel des Arts Toulon 15/02/2011

 

 

Ce matin la ville s'est claquemurée de lourd gris-plomb.

Et pas une voix pour couper l'air immobile de toute l'eau de nuit.

Gris-plomb épais et terne, collé par terre au ciel et sur les murs, qui du coup resserrent l'étau de la place, se cognent à ma fenêtre ouverte.

 

Sueur, muet.

Autisme.

 

Ut le 05/06/2011

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Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Arquencielle
Dis moi.... - Tout dit
Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 11:12

 

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J'ai chipé cette photo sur le net, j'espère que son auteur -que je ne connais pas- ne m'en voudra pas :)

 

Parce qu'il faudrait lui dire, à la vieille dame qui traverse cahin-caha la grande avenue martelée de pavés glissants de toute l'eau que la ville déverse si souvent pour faire croire que c'est propre par terre...

Il faudrait lui dire que vraiment elle va déraper et se tordre dans ses menus souliers plats, malgré le fin bâton clair tout noué de vieux qui lui sert de canne...

Et pis il faudrait lui dire aussi que «C'est pas là qu'il faut traverser!» Mais non, pas là!

Dis petite madame vieille tu le sais pas que la ville ici ne marque pas ses passages piétons avec des bandes blanches à protéger les cahins-cahas des fous bolides qu'obéissent pas aux feux?...

... C'est inesthétique des bandes blanches sur de vieux pavés bien frottés avec les machines-balais qui grondent-grattent l'argent des impôts tôt matin midi et tard soir.

Alors la ville, pour remplacer les bandes blanches parce que quand même il faut bien le marquer le passage à pied pour traverser les trois voies qui longent le port, elle a mit quelques clous : deux bandes de bons gros clous exactement de la couleur des pavés.

Et puis même que sur ce boulevard là la ville a dépensé en plus un dos rond sous les pavés pour que ça secoue les gens dans les voitures trop vite ... Sauf que c'est pas ultra-pratique à traverser une route à dos rond quand on est vieille dame-cahin-caha sur des pavés disloqués-glissants....

«C'est pas là, c'est pas là!» qu'il faut traverser vieille madame visage penché sur la marche si lente, accrochée à sa canne-bâton, peut-être un peu sourde et avec les yeux qui pleurent maintenant la lumière du Sud....

Qui c'est qui va lui dire à la vieille petite madame cahin-caha que si elle continue d'avancer comme ça la rue va la tomber?....

 

Ut le 04/06/2011

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Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Figer le monde...
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 11:57

 

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Pendant que le linge tournicote sur lui même à grand bruit d'eau sale et puis propre.

Pendant qu'un chien gueule sur la musique trop forte et trop uniformément rythmée du petit café de l'ancienne poissonnerie en bas.

Pendant que fiston roupille encore, embobiné dans son drap chasseur de fantômes.

Pendant que Tweet' et Face se déroulent, déroulent, déroulent... et que Cali la chatte blanche devenue grise empêche les doigts sur l'ordi', genre je m'étire au câlin.

 

Elle a le temps pour rien ; Elle a le temps pour elle. Sans horaires de trains, sans uniforme enfilé et déshabillé vite vite ; Elle a le temps pyjama et pieds nus sur le carrelage...

Parce que c'est jour férié, et la cloche appelle, appelle les fidèles à leur fête qui pour Elle est juste une parenthèse d'heures à rien... enfin!

 

Et Merde le petit mal qui traîne du brouillard pollué juste là, derrière le front.

 

Ut le 02/06/2011

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Par Ut - Publié dans : Nine - Communauté : Page à page
Dis moi.... - Tout dit
Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 15:57

Pour Papier Libre sur une consigne de Juliette

 

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Pingouin Pingouine tintinnabulent et craquellent la glace instable sur leur passage amoureux, énamouré, lourdeau, branlant d'un pas sur l'autre comme des ivrognes.

Des ivrognes à baisers d'épaule contre épaule ; duo balancé sur l'étincelant blanc ; duo d'une saoûlerie infiniment bue à leur union.

Union Pingouin Pingouine tintinnabule et craquelle la glace qui chante les étincelles du passage lourdeau, branlant, épaule-oui épaule-non, en pas duo et ivrogne d'aimer!

Ut le 14/05/2011

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Par Ut - Publié dans : Les Amants - Communauté : papierlibre
Dis moi.... - Tout dit
Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 08:33

 

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Et d'abord la cloche clignote ses sons inachevés et plats.

Elle ouvre les volets de bois qui claquent trop fort sur le mur vieux ; et il y a le ciel. Un peu moins mouillé qu'hier ; c'est un ciel de lait qui ne transporte qu'à peine les à plats gris de la cloche.

Et quand la cloche se tait et qu'elle se met à l'ordi, elle l'entend crier :

C'est sans doute parce qu'ils n'ont pas encore mis en route les trois bouches de la fontaine en bas qui d'habitude grignotent une rengaine infinie, qu'elle entend les hirondelles... elle avait complètement oublié que les saisons existent encore, et qu'au printemps les hirondelles découpent le ciel, allument tout son vide comme une marmaille qui n'en a rien à faire de tout ce qu'il se passe en bas.

La chatte beige vient embêter ses doigts sur les touches qui écrivent : c'est matin câlin ; matin sans hâte ; matin vacances. Un jour vide de montres.

Alors la petite fontaine grassouille son eau, le livreur de draps propres cahote son chariot de fer jusqu'à la maison médicale à côté, une voix d'homme parle sans rien dire qu'elle puisse comprendre ; et un à peine soleil tout pâle encore vient s'étendre sur le carrelage, construit des ombres à trous d'or, et s'étire comme un grand sourire.

 

A quai il y a une grosse masse de fer de guerre. Pour là-bas...

 

Ut le 25/04/2011

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Par Ut - Publié dans : Actualité - Communauté : LECONS DE VIE
Dis moi.... - Tout dit
Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 12:10

 

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Le passeur de fleurs poussait la montagne bariolée à grand renforts de grognements... ce qui dérangeait les marcheurs endormis.

Faut dire que tous les matins avant l'aube, le passeur de fleurs heurtait ainsi les rêves des marcheurs endormis...

Pourtant il essayait bien d'évacuer le moins de bruits possible ; surtout qu'il n'avait pas acquitté les deux derniers mois de droit de passage... à chaque fois il avait peur de réveiller un marcheur endormi, et que celui-ci envoie une récrimination au Lieu.

En fait le passeur de fleurs poussait sa montagne (elle s'était un peu affaissée ces derniers temps, et ressemblait plus à une grosse colline qu'à une montagne.... enfin ça, c'est mon avis personnel) deux fois par jour : avant et après le coucher du soleil, une fois dans un sens, une autre fois dans l'autre.

Au retour ça craignait moins pour le passeur, parce que non seulement les marcheurs n'étaient pas encore endormis, ou endormis mais pas encore marcheurs, mais en plus la montagne était plus légère, toute déshabillée de ses fleurs.... Enfin, quand tout allait bien...

Parce que justement depuis quelques temps les affaires c'était plus ça : le Tourneur était plus ou moins grippé, ronchon, et rechignait à faire son boulot... et la terre tournait trop lentement ; ou ne tournait pas du tout. Résultat le jour se levait beaucoup trop tard et la nuit pouvait durer plus de vingt quatre heures... ça décalait tout et les marcheurs endormis ne se réveillaient plus pour acheter les fleurs de jour.

Le passeur de fleurs n'était pas loin de penser, tout en suant et grognant d'efforts, qu'on n'était pas loin de marcher sur la tête!

… et ça l'embêtait bien, parce qu'il n'avait jamais eu accès au stage d'apprentissage de passeur de montagne la tête en bas.... et puis il se demandait aussi à qui donc on payait le droit de passage quand on poussait la montagne la tête en bas : à la terre comme maintenant, ou bien au ciel? Parce que forcément, s'il poussait la montagne la tête en bas, ça égratignerait le ciel ; surtout quand la montagne était toute garnie de fleurs d'arbres bien droits et bien pointus comme il les aimait ; ou bien à l'approche des fêtes de Noël... Et puis il n'avait pas de rapport particulier avec le ciel et n'y connaissait personne....

Il pensait à tout ça le passeur de fleurs en faisant son boulot ; et puis aussi que sa terre à fleurs devenait de plus en plus sèche et poussiéreuse : les fleurs y avaient bien du mal à rester fraîches et colorées jusqu'à l'ouverture du porte-monnaie des marcheurs endormis réveillés.

Eh oui... la vie devenait trop dure ; et la tâche du passeur de fleurs de fermer et d'ouvrir le jour commençait à lui peser.

Il rêvait d'une relève, maintenant qu'il était un peu usé, mais son fils passait son temps à moudre des fleurs artificielles... il ne serait jamais un sérieux passeur de fleurs!

Ca aussi ça accentuait ses grognements, quand ses forces n'en pouvaient plus ou qu'il entendait ses os craquer, le passeur de fleurs ; quand l'humide lui givrait le corps en sueur.... il lui semblait qu'il était condamné pour l'éternité... en tout cas jusqu'à ce qu'on l'autorise à devenir marcheur endormi... mais ça...

 

Et ce matin, la vielle l'a bien vu, du bord de sa fenêtre comme une bouche sombre dans le mur de l'immeuble du N°3 : elle y était accoudée depuis bien des heures... depuis qu'elle n'avait plus eu l'autorisation d'être marcheuse de nuit, et elle avait entendu au loin arriver le bruit de vie du passeur de fleurs avec sa montagne vieille et clairsemée de trous sombres au milieu des couleurs des fleurs de jour.

Alors elle avait compté la vieille : ça faisait trois ans que le ciel n'avait pas jugé bon d'envoyer une seule goutte d'eau sur la terre (en fait ils devaient être fâchés, le ciel et la terre... c'était la seule explication). Du coup la vielle se demandait comment le passeur de fleurs pouvait encore récolter, sans eau? Est ce qu'il ne trafiquerait pas un peu les ADN? Est ce qu'il ne se serait pas mis en cheville avec un fournisseur de fleurs artificielles? C'était bien possible, après tout...

Mais elle ne le jugeait pas, la vieille ; elle qui n'avait ni le droit de marcher endormie, ni celui de réveiller les escaliers des immeubles à grands coups de seaux d'eau et de serpillère... puisqu'il n'y avait plus d'eau...

Non ; elle se disait au contraire qu'heureusement que le passeur de fleurs pouvait encore faire son job tant bien que mal malgré la mauvaise santé du Tourneur, car sinon s'en serait fini, soit du jour soit de la nuit... tout ça allait sans doute dépendre du moment exact où le passeur de fleurs et -où- le Tourneur s'écrouleraient de fatigue...

Alors elle attendait, la veille, à sa fenêtre comme un trou noir dans le mur du N°3.

Elle attendait sans savoir ni vraiment quoi ni vraiment comment.

Elle enviait juste un peu les marcheurs endormis qui eux avaient la compagnie de leurs rêves... artificiels ou non... ils restaient ignorants tout au long de la nuit, ces privilégiés!

Quoique... il en tombait de plus en plus ; raides morts dans leur sommeil...

 

La vieille a soupiré alors très fort..; à faire remuer la nuit déjà un peu poussée par le jour... et elle se disait qu'il serait peut-être temps que le Monde se réveille...?

 

Ut le 20/04/2011

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Par Ut - Publié dans : Actualité - Communauté : Carnets de vie
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