Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 14:34

 

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Jean-Claude MEYNARD

 

 

Un p'tit brin d'air qui s'fraye un p'tit brin d'chemin au coin frisson de l'oeil

Quand trimballée brinqueballée entassée

au fil de la fenêtre du rail s'ouvre la montagne sur un p'tit arondi d'mer

… vite vite râpé rayé par les arbres tout pleins d'nuit déjà

au fil de la fenêtre du rail

 

Ut le 14/04/2012

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Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Chroniques du temps présent
Dis moi.... - Tout dit
Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 18:45

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L'air ne sait pas le mot qu'il forme

bien qu'il sache vous le souffler

 

ainsi reste-t-il disponible

toujours effaçant ce qu'il dit

 

autrement qui pourrait encore

respirer ce tas de mots dits

 

Magali LATIL

 

 

 

 

 

Dessin (détail bien pauvre de mon foutu téléphone qui ne sait pas ce que doit être une photo!!) et texte de Magali LATIL :

Une merveille à se mettre au creux du coeur, là où personne ne pourrait froisser les minuscules mailles vertébrales du lange au linceul.

Je suis remontée de cette expo en sous-sol de la Villa Tamaris à la Seyne sur mer, avec l'impression de sortir d'un corset de silence...

Ut le 08/04/2012

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Par Ut - Publié dans : Peinture - Communauté : Art Libre
Dis moi.... - Tout dit
Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 08:46

 

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Il y a un petit air de soleil à travers la fenêtre grande ouverte.

Il y a un goût de voiles et de mer sur le léger du vent.

Il y a des gambettes libres sur des encore bottes d'hiver.

Il y a un sourire immense qui fredonne un truc d'espoir ; un baiser universel.

 

Ut le 31/03/2012

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Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Arquencielle
Dis moi.... - Tout dit
Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 08:49

 

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Jusqu'alors le gros orteil du petit était comme tous les gros orteils : il allait partout où vont les pieds, nus ou pas. Il allait.

 

Mais il a grossi.

Puis il a rougi.

Et fait mal au marcheur.

La marche se fit avec un seul gros orteil : celui qui restait normal.

Une marche à cloche-orteil, on peut dire.

 

Donc un soir de mal en trop, on a appelé doc ; et doc a pris une petite lame pour cisailler dans le rouge du gros orteil qui a saigné jaune, un peu.

Doc a aussi donné des pansements à faire, des médocs à prendre.

 

Après cela marcher se fit encore sur un seul gros oreil, parce que le soigné était trop épais de bandages pour se caler dans une chaussure : à la ville il faut mettre ses orteils dans des chaussures... ou ne pas sortir.

 

Marche à cloche-orteil s'affina, s'équilibra, devint plus souple et hardie ; presque invisible du mal.

 

Et aujourd'hui que gros orteil malade est presque guéri, le petit n'a plus qu'à apprendre à aller partout sur ses deux pieds. Nus ou pas.

 

Ut le 24/03/2012

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Par Ut - Publié dans : Actualité - Communauté : Chroniques du temps présent
Dis moi.... - Tout dit
Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 13:14

 

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Trop...

Fort!

 

Si doux le lait d'humide...

 

Trop fort le vent.

Trop froid.

Va chasser de la ville l'humecté froissé.

Va effacer matin ouaté d'eau perlé.

 

Le vent.

Met mes cheveux partout à sécher l'humide de mer ; l'humide de large ; la vague d'eau qui transforme la ville en marée haute.

 

Et plus je grimpe la ville, et plus le vent.

Et moins le mouillé à peine ; le frisson charrié depuis la nuit, en vie souterraine avec l'écume qui baigne.

 

Les dents au peigne violent de cette brute échevelle le flou blanc,

l'imbibé de mes pas.

 

Vent.

Evapore ce qui encore dort.

 

 

Ut le 19/03/2012

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Par Ut - Publié dans : La boîte ombilicale - Communauté : Chroniques du temps présent
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 10:36

 

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Ce sont les clics-clacs du briquet qui m'ont fait tourner la tête :

Il avait sorti un morceau de résine marron foncé et l'émiettait à la flamme "clic-clac" dans le creux de sa main dodue de gosse.

Il a senti mon regard et nous nous sommes fixés jusqu'à ce qu'il ferme sa main et range le petit bout brunâtre dans sa poche ; un bout qui ne reniflait même pas l'odeur de la défonce.

 

Dans le wagon il n'y avait plus que les deux jeunes dans la rangée à côté de la mienne, et un mec au fond derrière moi, côté fenêtre.

C'est comme ça le TER du Vendredi soir quand on a passé toutes les gares jusqu'à Bandol.

 

J'ai remis mon regard dans mon bouquin.

Mais j'ai vu le gamin sortir une feuille à rouler et se faire le joint.

 

Il était presque obèse, les fesses serrées à mi-hauteur dans un jean de large trop étroit.

Il parlait avec un mec tout maigre et tout avachi dans le siège juste à ma gauche de l'autre côté du couloir, comme seules les jeunes savent ne rien dire dans cette nouvelle langue des quartiers qui répète toujours les mêmes mots ; à croire que la langue française elle n'a plus vraiment de vocabulaire et que tout le monde s'appele Yo ou Man.

 

Le train sentait la sueur vieille, la clope rance, les haleines perdues de vieux mots fantômes, et il y traînait un sale froid de fin de semaine qu'on aurait dit du shit à boulot.

 

 

Ut le 11/03/2012.

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Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : le texte voyageur
Dis moi.... - Tout dit
Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 08:56

 

 

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Yves Klein, Anthropométrie de l'époque bleue, 1960

 

 

 

Il fait trop large et trop frais ce matin.

Elle se réveillait comme au creux d'un lieu nouveau, d'une solitude nouvelle.

 

Il manque.... une substance de vie ; un peu comme l'odeur de soi-même. Tu vois?

 

Il manque le chuintement liquide ; cet air invisible, ce goutte à goutte inlassable qui d'habitude éteint la nuit, enserre le réveil sur lui-même, l'accompagne sur ses premiers pas de jour... même si elle ne l'entendait plus au fil du tricot des quotidiens.

Le liquide de vie si particulier à cet appartement : juste une rumeur bavarde, insouciante ; un grésillement inconstant. Le p'tit brin joyeux de l'eau derrière les volets.

 

Et qui aujourd'hui fait un trou de silence.

 

Derrière les volets il y a deux hommes en gilets bariolés qui grattent le cercueil de la petite fontaine.

 

Ut le 10/03/2012

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Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Chroniques du temps présent
Dis moi.... - Tout dit
Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 11:10

 

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zao-wou-ki

 

 

Il est un minuscule elfe gris, tout gris du bout de ses orteils minuscules jusqu'à la pointe de ses ailes à peine à peine transparentes, assis en tailleur sur une moraine grise, dans un ciel froid et gris, dans un tourbillon de vent grésillard.

Devant derrière lui, sur les côtés : l'opaque d'une nuée grise que vient sceller le gris de cailloux ternes et ronds ; et par-dessus-dedans, le vent chutgrésillant. C'est tout.

Même pas de temps : un présent éternellement identique, y compris le bruit du vent.

 

Comme une rosée, comme à chaque fois la même, une larme glisse de son oeil droit jusqu'au pointu de son menton, puis disparait.

 

Devant les pieds croisés de l'elfe, posées sur la moraine, entrelacées comme un vieux baiser, il y a trois roses grises.

 

Et ça dure comme ça un temps que l'humain peut pas compter.

 

Jusqu'à ce que les paupières de l'elfe se soulèvent doucement et lui ouvrent les yeux.

Il a des yeux bleus comme en dedans des glaciers.

 

Il regarde les nuages et ses yeux déchirent le ciel.

Il regarde les cailloux et ses yeux déchirent la moraine.

Il se lève, s'étire, regarde partout autour de lui et ses yeux déchirent le vent.

 

La larme en forme de rosée a cessé de couler parce que le petit elfe sourit.

 

Les pétales des roses grises se détachent lentement un par un, s'étirent de bleu, et effleurent ses mains offertes.

 

Il est un minuscule elfe de glace bleue qui danse sur une langue de névé bleu, dans la lumière d'un ciel tout bleu, avec tout autour de lui des pétales bleus qui chantent un air de vent bleu.

 

Et ça dure comme ça un temps que l'humain peut pas compter.

 

Jusqu'à ce que les ailes du minuscule elfe devienne feu-follet ; et puis flamme....

Et qu'un infime soleil grossisse, grossise dans une mare de sang ; éveille en bas.

 

Les bruits en bas, la vie d'humains en bas...

... Qui se raconteront une histoire d'elfe gris, comme un rêve qu'ils auraient fait tous ensemble.

 

Ut le 06/03/2012.

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Par Ut - Publié dans : La boîte ombilicale - Communauté : Arquencielle
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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 11:00

 

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On avait fêté ses 23 ans une bonne semaine avant la vraie date, parce que les médecins nous avaient dit qu'il fallait se dépêcher.

Sa grand mère française lui avait acheté des glaces et des petits gâteaux multicolores chez un grand pâtissier parisien... lui qui ne connaissait guère que les soupes des légumes arides qui osent pousser près de l'Altiplano, à 4 ooo mètres...

Plus habitué à la feuille de coca qui coupe la faim, et aux alcools frelatés qui coupent l'ennui, qu'à tout ce qui fait douceur au palais et au ventre, et à l'âme.

 

D'ailleurs il ne pouvait plus vraiment manger : son foie faisait un petit mont dedans son ventre.

 

Surtout il était heureux parce qu'on s'était cotisés pour lui acheter la console de jeux dont il rêvait... Alors il sautait, comme toujours quand il en avait la force : presque sur place, avec une intensité animale. Et il parlait fort et vite, et ses mots en forme de moraine tombaient comme des intrus dans le silence moribond de la maison médicale.

 

Il était un petit animal maigre, fougueux, avec des yeux d'ombres, un visage acéré, des cheveux noirs raides, forts comme une touffe d'herbes des hautes plaines désertiques.

Quand il souriait on aurait dit mon dernier fils.

 

Pour pas qu'il pense à sa mort, sa maman réapprivoisait les mots français si vieux de sa jeunesse, et, à toute heure du jour ou de la nuit, leurs deux visages côte à côte tendus, lui traduisait en espagnol les dialogues au fur et à mesure du défilement des films sur le petit écran là-haut de la télévisoion : ils avaient épuisé le stock de films espagnols du petit loueur de la rue commerçante tout près où ils se rendaient tous les jours, lui en fauteuil roulant, elle comme une ombre scellée, fière, droite, grande et maigre, avec son visage taillé de vent et de montagne.

 

Paris préparait les fêtes de fin d'année.

 

Un après-midi il est mort. Le jour de ses 23 ans venait à peine de passer ; le jour de l'an aussi.

J'ai retrouvé sa maman dans la chambre vidée de tous leurs objets familiers, assise tout près du petit corps brun qui avait un sourire et les yeux entr'ouverts.

 

Ut le 04/03/2012

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Par Ut - Publié dans : Juste un cri d'elle à lui - Communauté : Les fous du désarroi
Dis moi.... - Tout dit
Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 08:49

 

 

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Il est là le jour petit blafard faiblard, sous la paupière fatiguée.

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C'est quelque fois comme ça au réveil.

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Un temps incolore.

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Et puis finitude soleil se lève enfin dans la tête ; et ça sonne plus clair.

Le corps se souvient ; les gestent savent ce qu'ils ont à faire... l'heure suivante est déjà toute remplie...

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Et plof, sans conscience vraiment, le corps est allongé dans le lit ; les paupières serrent des yeux noircis par besogne de jour.

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Des yeux qu'ont déjà plus souvenir de soleil dans la tête.

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Ut le 26/02/2012

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Par Ut - Publié dans : La petite porte du dedans - Communauté : Chroniques du temps présent
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  • Elle est comme la note, volatile et grave. Elle écrit comme elle peint: pour oublier de se souvenir, et donner en partage; participer à l'ouvrage. donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.

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