Dimanche 31 mai 2009


Je l’entends bien bégayer derrière moi

Rouler pelle sur pelle aux galets.

Et puis s’enfuir

Insouciante d’avoir tout bouleversé.

Et puis revenir

Charmeuse sans foi ni loi.

Et puis recommencer.


Métronome des temps à rien

Elle moque et rigole le vent

Insinue, lèche, salive la terre.

Vole le soleil

S’en sert comme d’un fer à friser

Transforme l’or en argent glacé.


Je l’entends bien barboter

S’étaler

S’enrouler

Se dérober

Et puis laisser sur la rive l’orgasme trébuchant.


Une mouette lacère le ciel

Bec béant

Vomis indécent

Suraigus plongés.


Pas moyen de dormir:

L’eau pousse le temps

L’eau pousse le vent

L’eau décape le soleil.


La torpeur des cigales

N’est pas encore là pour adoucir l’instant.


Ut le 28/05/2009

Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Le jardin des Muses
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Samedi 23 mai 2009

Elle va mieux la fille d’en face: ce matin il y a des rideaux de dentelle blanche à sa fenêtre.


J’ai longtemps cru qu’elle était garçon avec ses épaules carrées et sa maigreur; c’est d’ailleurs pour cela que j’avais appelé les flics un soir, il y a quelques mois: ce matin là, à cinq heures sa musique hurlait du rock par la fenêtre grande ouverte; quand je suis rentrée du boulot et que j’ai voulu me coucher, déjà tard sur la nuit, sa musique hurlait encore….

Ca m’avait étonnée, parce qu’ils ne se déplacent guère dans la basse ville -en tout cas pas quand je les appelle pour une bagarre sanglante au bar à gauche- mais ils étaient venus, à quatre flics. Ils étaient restés longtemps chez la fille; et je me disais qu‘ils devaient se marcher les uns sur les autres, parce que je sais que les appart. de cet immeuble n’ont qu’une pièce. Au début elle hurlait, alors ils avaient fermé sa musique et sa fenêtre sans rideaux; je n’avais plus vu qu’un grand flic de dos.

Quand ils étaient redescendus, l’un d’eux rangeait son carnet de timbres-amendes dans la longue poche sur la cuisse droite de l‘uniforme.


Mon fils et moi nous pensons qu’elle prend des stups. genre speed.

Bien sûr les flics n’avaient pas eu le droit de fouiller.

Et puis elle est peut-être tout simplement folle.

D’ailleurs elle s’était mise à la fenêtre et avait hurlé Quel est le connard qui a porté plainte?

N’empêche qu’elle avait fermé sa fenêtre et que j’avais pu dormir…

Jusqu’à la fois suivante…. Mais je n’avais plus appelé les flics.


Le souci c’est que j’ai peur des fous. Depuis toujours… enfin, depuis que petite j’avais vu le vieux garde champêtre des Houches grimper le chemin de la Calougeotte en poussant le squelette de sa mobylette: la pente était trop raide pour qu’elle l’emmène là haut chez lui. Il parlait seul et fort. Quelques fois il chantait d’une voix gargouilleuse des trucs dont je comprenais juste qu‘ils faisaient mal à ma pudeur d'enfant.

Il divaguait complet, et moi je tremblais. J’avais peur d’attraper la folie.

Un jour je ne l’ai plus vu ni entendu: il devait être mort.

…Mais peut-être avais-je été contaminée?


Quand des clodos traînent leurs bières et leurs odeurs de crasse sur la place, la fille d’en face va les voir; elle discute et rit des heures avec eux.

Elle n’a pas peur de la folie…..

Depuis sa fenêtre, accoudée au balcon duquel pend le même drap depuis des mois, elle peut même hurler des insultes toute une journée sur chaque passant à portée de délire.

Et puis je la vois parler à grands pas dans sa petite pièce.

Et puis elle revient à sa fenêtre et hurle net, droit sur la ville.

Et puis elle change de fringues… et recommence.

A vide; jusqu’à ce que ça lui passe.


Ce matin elle a posé ses courts cheveux noirs sur ses bras repliés appuyés au balcon de la fenêtre, dont chaque carreau, habillé de rideaux de dentelle blanche, protège l’intime de sa pièce

En sourdine à ce très tôt matin d’été où la chaleur fouine déjà partout, où les dalles de la petite place n’ont pas mit dix minutes à sécher les jets de karcher des machines à laver les souillures de la nuit, elle écoute en boucle un compositeur célèbre dont bien sûr je ne connais pas le nom.

Une douce musique de chambre apaise mon lever abrupt et trop tôt sur fond de mal de ventre et de rêves à torturer la nuit.


Mais déjà le temps tourne, et de la grisaille s’appuie sur les toits en face et entre par ma fenêtre ouverte.

La fille a fermé les carreaux de dentelle blanche, et d’un coup il n’y a plus à entendre que les coups de canif des hirondelles qui déchirent le ciel.


Ut le 23/05/2009

Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Les fous du désarroi
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Dimanche 17 mai 2009

Débuter la journée en s’y promenant tranquillement; comme dans un livre ouvert à la bonne page; une page agréable mais neutre: pas de grandes extases, mais pas de griffures d’âme non plus; dans le silence des non-bruits des Dimanches.

Bien sûr elle savait bien qu’il y aurait l’incontournable ménage qu’il faudrait mettre en route à un moment ou à un autre de ce jour de « repos ». Mais après tout ça ne l’affolait pas plus que ça d’en éprouver comme une insouciance.

Suffit de vivre le temps comme une goulée d’air.

C’est plus facile le Dimanche, de trouver la force de ne pas avoir à vivre.


Bon Dimanche à vous, dans l’intemporelle brassée de tout ce qui se tait.

Ut le 17/05/2009.

Par Ut - Publié dans : La boîte ombilicale - Communauté : L'art et la manière
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Samedi 16 mai 2009

Légèrement sa langue fraîche réveille la peau, lisse les recroquevillements ridés d'obscur.
Elle a encore envie de dormir, mais les doigts impatients pianotent l'aube offerte.
Elle ne peut y tenir: il faut qu'elle aille dire bonjour au retour du jour.
Lumières douceurs; Ors et cuivres balbutiants, fragiles encore, découpent des griffures aux ténèbres agonisants.
Soleils en clairières qui débordent les effrois brûlants des épines de la nuit, des douleurs, des pleurs, des solitudes errantes.
Le matin éclabousse la renaissance des âmes, déplace les odeurs, harmonise les couleurs, entr'ouvre les espoirs des sens brisés par le noir.
Les terreurs s'étirent jusqu'à s'évanouir sous la claque de lumière.
Les yeux respirent; l'haleine boit à la source de vie; la peau frissonne, mousse de parfums clairs les indécences nauséabondes des mauvais rêves.
Les angoisses ne se rassembleront qu'à l'aube de la prochaine nuit.

Et les mots enrobés et gloutons dégringolent sur ta vie.

Ut le 01/07/2008

Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Chroniques du temps présent
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Lundi 11 mai 2009

Il ressemble à un ange blond. Il porte un prénom d’archange.

Comme tous les ados il tombe ses cheveux sur ses yeux, et ses jeans sont tous les jours plus courts sur ses chevilles.


L’est un peu silencieux, mais quand il rit de l’or goutte partout.


Un matin ses visages sur les photos du mur de sa chambre étaient effacés sous du marqueur noir.

Maman s’est fait du souci; a questionné l’enfant à la belle voix d’homme. L’a même emmené voir un psy.

Le psy a dit à maman que son fils était juste un peu trop sensible. Ce qu’ici bas on nomme artiste.

Lui il disait que ce n’était qu’une farce de somnambule; parce que la nuit fait des farces au jour.

Trois mois plus tard, encore plus enfoui sous ses cheveux; encore plus étiré dans son jean, il a dit à maman qu’il était furieux contre lui parce qu’il ne savait pas dire les blagues des garçons; ni montrer ses fesses ou son zizi; ni se vanter devant une fille.


L’est un peu silencieux, mais quand il rit de l’or goutte partout.


…. Et même si au collège l’or est effacé par le bruit des moqueries et des blagues à deux sous, maman lui a dit que ce n’était pas important, parce que ça ne dérangeait pas l’ange qu’il avait sur l’épaule.


Faut pas oublier l’ange. Faut pas gribouiller du marqueur de la société l’ange qu’on porte sur l’épaule.

Ut le 11/05/2009.

Par Ut - Publié dans : Mes gosses - Communauté : l'amour des femmes
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Samedi 9 mai 2009

Etre au bord du matin, d’un jour dont on ne sait rien encore.

Du doré bien calé dans l’ai bleu perce la pièce à écriture, pose sa géométrie nette et précise, calculée depuis que le soleil existe.

C’est un matin de fin de semaine: il n’y a pas encore de projet.

Si, un: combler l’attente de ma première cigarette. Cette lourde dépense volatile qui comble les poumons et ronge les bouches. Ce poison à calmer le manque.

Le manque de rire.

Le manque de dire vrai et de donner sans honte.

Le manque du sein qui n’a jamais allaité.

Le manque de moi qui ne me suis jamais rencontrée.


Presque nerveuse au bord d’un matin.

La cloche d’une église coule sa note par les ruelles, annonce joyeusement le présent de huit heures à mes doigts qui cherchent le mot suivant.

C’est tout bête. Il suffit de croire au temps.

Le temps qui sonne dans les cloches et dans les montres.

Le temps qui creuse les joues et plisse les cous et rapetisse les silhouettes.

Le temps qui grandit les enfants et isole les mères.

Justement ce temps là qui n’existe pas dans l’encre.

Que la première cigarette trotte en fumée.


Le temps n’est qu’une éternité calculée. Il n’y a que les fous qui connaissent la route pour l’enjamber.

La folie du bord des âmes.

Celle qu’on combat avec les médicaments.


Tu sais pourquoi il ne faut pas dire « Plus jamais? »

Parce que la mer enroule l’infini, bercée par l’air qui donne le tempo à l’écume perpétuellement balancée, maîtresse de toutes les naissances; érosion de toutes vies.


Il faut dire « Toujours », jusqu’à ce que le premier mégot soit écrasé vif dans le cendrier.
Jusqu’à ce que le fiston se lève, le petit chien sur ses talons, pour reprendre le rire insouciant de l’adolescence qui ne coure pas encore.

Je vais lever les yeux de l’encre, sourire à cette jeune vie, et faire le lit de ma nuit.

Ut le 09/05/2009

Par Ut - Publié dans : La boîte ombilicale - Communauté : L'âme du poète
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Jeudi 7 mai 2009

A Marseille on n’a pas encore le goût généreux des ocres de Provence; le subtil des parfums de toutes ses herbes.
La vie y est paresseuse de chaleur, mais roide, trop chahutée, trop décolorée de Mistral.
Sur l’arnaque hâtive du vent, les mots ricochent et s’entre-cognent; leurs chansons y raisonnent comme un bégaiement hachuré d‘air. Ils ont la couleur du rire salé de l’eau, la musique jamais sérieuse du soleil, l’aridité creuse du calcaire.
Des voix impérieuses à en paraître criardes.
Sur l’esplanade de la gare, aux milliers de pas pour visiter, pour courir un horaire, pour passer le raccourci qu’elle fait avec la ville en bas, on entends ces écailles de bruits là:
Ils accompagnent une pute qui passe, rire accrochée au cou d’un client, cheveux en brouillon de vent.
Un taxi qui déballe et déballe des quantités de sacs, pressé sur l’argent des embouteillages; crâne rasé rutilant d‘air.
Une femme noire et fine, plus jeune mais qui fait semblant de l’être, qui se vrille les chevilles en plantant des pas trop grands sur les talons trop hauts de ses chaussures trop larges; on dirait qu’elle a perdu le sens de sa direction, qu’elle s’est attrapé un courant d’air.
Deux hommes à casquettes qui dorment l’air béat sur des sacs avachis par terre, gênant les passages, enfouis en plein vent.
Un groupe bariolé à bijoux en or; le genre à pétanques aérées de Mistral, qui causent si fort que leur musique écarte l‘air qui vient se ficher à mes basques.
Le vent se traîne jusqu’aux quais, jusqu’à ce que je l’enferme dehors au marchepied du train; jusqu’à ce que je divorce de Marseille, en coup de vent.

Ut le 19/09/2008

Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : le texte voyageur
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Dimanche 3 mai 2009

Oyez! Oyez!                                           
La reine s’est levée!

Et les larmes ont coulé…

Quoi?! Plus aucun valet à ses côtés

Pour déchirer sa nuit

Pour draper un jour d’or

Sur le temps de sa Majesté…

Pour souffler doucement,

Révérencieusement,

Tendrement

Toutes les larmes de l’éternelle Peur

De n’être qu’un roulement d’âme

Dérivant à l’infini de toutes les terreurs.

Ut le 03/05/2009

Par Ut - Publié dans : La petite porte du dedans - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Jeudi 30 avril 2009

Je comprends tellement les « gangs »; bandes en français… (justement…la langue!)

et toute leurs haines contre nos bien-pensantes sociétés dont-ils ne comprennent même pas le sens des mots….

Toi on t’a parlé au berceau la langue dans laquelle tu vis.

Nos jeunes des bandes, notre demain, ceux qui ne savent même pas pourquoi ils sont nés, ils n’ont que leurs voisins de frères pour participer à un sens.

Frères d’isoloirs au monde.


L‘incompréhension mariée à l’exclusion n‘est-t-elle pas la condition première à la naissance de la haine?

La leur… et la notre!


Nos jeunes des bandes ont dû s’inventer un langage pour créer une communauté; pour appartenir à autre chose qu‘à rien.

Et comme les mots ça suffit pas, qu’il faut aussi les gestes ensemble - comme nous nos jobs, nos gosses, nos arts, nos foyers -… alors il leur est venu la violence de toutes les initiations à l’existence physique; puisqu’ils n’ont aucun autre espace pour affirmer leur réalité. Physique.

Et nous on regarde de loin (à la télé); et puis aussi à coups de menottes de gaz lacri ou de tonfas… en évitant les yeux de galères, les bandes qui se massacrent entre elles.

Avec leurs langages.

Avec leurs gestes nés de tous les manques.

Avec leurs délinquances nées de l‘absence de travail et d‘argent.

Avec le rap à hurler A l’aide!… Parce que la haine, vraiment, c’est pas vivable!

Avec les armes, leur seul bien dans la poussière des terrains vagues ou du béton à cités; la seule marque visible d’un statut… Et tant pis si ça fait mal. Au moins quand ça saigne, ça prouve que le corps existe…


Pour nos jeunes des bandes nous sommes une multitude de points d'interrogations parqués derrière les barreaux de ce qu’on leur dit être Le bonheur: le fric, la famille… et ce mot étrange, clé de toutes les vie: l’amour….

Pour nous ils sont un inconnu bestial que nous parquons derrières les barreaux d’une morale, d’une langue, d’une gestuelle, des codes d’une société dont-ils n’ont pas les clés.


Je les ai vus grandir nos gosses, pieds nus sur le carrelage crasseux de l’appart aux vitres cassées, été comme hiver.

Et puis l’école… C’est quoi cet endroit où on dit ce qu’il faut faire; et surtout, ce qu‘il ne faut pas faire? Jamais papa ou maman n’ont donné d’ordre comme ça; à la rigueur ils tapent, mais les mots, ces mots en barrage à leurs racines…. Bien sûr qu’il faut se révolter! Bien sûr qu’il faut faire manger leurs mots à ces profs biens nourris, « bien élevés »: on ne peut pas les laisser nous mourir!

Et gros cheveux sur adolescences brunes ou noires, quand toutes les pubs sur leurs murs exhibent des gosses blonds ronds lisses et rieurs.


Alors, c’est pas grave de mourir, puisqu’on vaut si peu: juste quelques ombres bronzées à surtout pas laisser entrer dans tout ce blanc là, devant la cité.

Alors c’est pas grave de tirer avec les armes….


Ut peut toujours causer… je préfèrerais défiler demain avec mes demi-frères les bandes, et hurler en verlan l’injustice d’une naissance.
Juste pour qu’ils se sentent, une heure, un peu moins seuls.

Ut le 30/04/2009

Par Ut - Publié dans : Mes gosses - Communauté : trop dure la vie....
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Mardi 28 avril 2009

- Trouver un regard à filer droit devant, avec un sourire dans l’iris et des paupières à longs cils de khol, pour me mettre à l’abri des yeux des autres et reposer ma misérable fatigue.

- Trouver un sourire avec un peu de rouge à baisers.

- Trouver une robe à découvrir les jambes, même aux regards-zizis des hommes au printemps.

- Trouver un bijou de couleur à batifoler sur la robe.

- Trouver un maillot de bain pour l’été qui arrive, et en dénuder le corps à bronzette.


- Echanger le coin du cerveau qui dit toujours « Oui. Merci » contre un qui pense et écoute pour entendre; un qui dirait: "Nous verrons; je vous répondrai à mon heure et à ma guise".

- Echanger ma sur-vie contre un rire à persécuter les jugements, les emmerdes.

- Echanger les mauvais rêves en dissonances, en gris et noir, contre un sommeil à repos; peut-être même trouver une petite sieste à canapé, pour les temps chargés.


- Une fois rentrée, trier les détritus d’hier, les jeter sans chagrin et sans honte, et mettre l’âme sous la douche à projets…
Et exister… Enfin!


Ut le 28/04/2009

Par Ut - Publié dans : Aux ans - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Profil

  • : Ut
  • utdo
  • : Femme
  • : 31/01/1952
  • : Soleil Eau salée
  • : Femme Amoureuse Solitaire Intime Mère
  • : Elle est comme la note, volatile et grave. Elle écrit comme elle peint: pour oublier de se souvenir, et donner en partage; participer à l'ouvrage. onner l'encre de sa symphonie à une note.

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