Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 10:26

Une histoire de bleu

 

"(...)

Horizon d'ardoise  et de crassier

L'immensité tout à coup se rétracte

Rictus de la mer, bourrée de vieux meubles

De crânes, de corps en vrac et de linges défraîchis

Ce qu'il reste de la Genèse et des complots ratés des dieux.

 

Le ciel dans son scaphandre noir dort d'un sommeil de brute

Le large a lâché la meute de ses chiens

La mort court à ses rendez-vous, vivre est une illusion d'optique."

 

 

A lire absolument!!!!

Je vous embrasse.


Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Art Libre
Dis moi.... - Tout dit
Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 13:12

 

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Et ce matin il y a enfin les bruits quotidiens qui picotent dehors.

Il picotent l'ancien, la mémoire des jours d'été que déverse la petite fenêtre ouverte, ouverte sur l'air et pis sur rien que ces petits bruits quotidiens qui picotent l'ancien.

 

Et mettre ses pieds nus par terre... carrelage encore glacé d'hiver.

 

Au chevalet une toile vierge attend, attend la traduction d'un peu d'heureux ; en couleurs.

 

La chatte picore le temps, les deux pattes de devant ourlées sur l'appui de la petite fenêtre ; la cloche goutte ses onze heures... et tout ce temps là va bien.

 

 

L'ado' dit des mots importants et gais

de son air si grave.

 

Ut le 13/05/2010.

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Par Ut - Publié dans : La boîte ombilicale - Communauté : Mots à maux
Dis moi.... - Tout dit
Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 08:44

 

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Son corps très droit.

Les bras au corps.

Les avant-bras devant, à angle droit.

Au bout les mains, molles, pendantes.

A petits pas il avançait.

 

En face une fenêtre ; la lumière....

Et la fille ronde et vive qui le Regardait mâcher le fil muet du tunnel.

 

Et le futur aussi n'avait plus rien à dire ....

 

Ut le 11/05/2010.

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Par Ut - Publié dans : Juste un cri d'elle à lui - Communauté : trop dure la vie....
Dis moi.... - Tout dit
Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 09:48

 

IL est ce pays de feu, sombre et rutilant comme une braise l'hiver.

IL est le parfum d'ombre et de poivre comme l'arche de l'âme dedans.

IL est un homme de nuit qui met des yeux de rires dans la cécité de mon coeur.

 

IL est aveugle.

 

Ut le 07/05/2010

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Par Ut - Publié dans : Juste un cri d'elle à lui - Communauté : Parlons d'amour
Dis moi.... - Tout dit
Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 12:59

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Agnès Sorel "La dame de beauté" 15ème siècle

 

Ses petits seins à peine

comme une invite libre

enfantine

sous le débardeur d'été.

 

Ut.

Par Ut - Publié dans : Femmes - Communauté : Les Troqueurs d'Art
Dis moi.... - Tout dit
Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 07:22

 

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La bergère, blonde dans une robe à fleurs bleues et baskets dorées, aux premières gouttes goulues du ciel sur la terre, prit son plus gros mouton, et l'étendit par-dessus sa tête.

Très vite, entre le ciel et la bergère, la laine bouclée du mouton lamentablement pendit ; trempée ; tout comme sa bête tête brune et pointue.

A l'abri du mouton, la bergère enfouit sa blondeur sous une perruque marron imperméable ; claqua sa robe à fleurs bleues sous une toile cirée noire ; lança ses baskets dorées loin dans l'herbe dont chaque brin s'entassait mollement sur le précédent pour dévaler la petite pente vert pomme de l'alpage comme une piste de luge, et chaussa de grandes bottes de plastique vert kaki.

La bergère parée n'avait plus qu'à attendre que son amoureux vienne la prendre en amazone sous l'abri du vieil auvent rouillé du tracteur de grand papa.

Elle posa vaillamment son cul enciré sur une pierre plate et vitrifiée d'eau.

Alors, le vent planqué derrière la montagne d'ardoises bleues-nuit siffla, de la pointe du sommet jusqu'au fin fond de la vallée cachée sous le linge gris de pluie. Il hurla en couchant la bergère à son passage ; happa le gros mouton dégoulinant qui débaroula vers le bas au rythme tournoyant d'un long bêlement horrible puis tu.

De l'instinct le plus primaire de survie, la bergère – ou plutôt l'informe luisante - s'agrippa des deux mains au buisson de genêts griffus planté à ses côtés comme un gardien sempiternellement ronchon... et des perles rubis éclatèrent sur ses délicats doigts roses et vernis rouge au bout, de bergère et femme avant tout. Heureusement la pluie aimait le sang, et le liquéfiait avant que l'ex-belle eut conscience de cette irréparable perte de substance.

Le souvenir de ses beaux yeux verts déteints en grisâtre peureux, aperçut enfin le panache blanc du vieux tracteur de grand papa ahaner sur la pente herbeuse recouverte d'humide bruyant et rigolard dans sa dégringolade .

 

La suite dès le retour de Maître Soleil, parce qu'avec toute cette eau, ce peu de ciel, et ce grand vent, j'ai peur que l'histoire finisse très mal.......

 

Ut le 04/05/2010.

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Par Ut - Publié dans : Abstraits - Communauté : Art Libre
Dis moi.... - Tout dit
Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 07:42

 

On ne ressort pas indemne d'une représentation théâtrale.

Et sans doute de toute représentation devant un public.

Dans le demi-sommeil de l'éveil ce matin, Irma errait seule sur la scène en demi-soleil du café-théâtre de la porte d'Italie à Toulon. Vide et sombre la scène... Et elle criait :

«Quoi dire? A qui?...

C'est le trou noir! »

Et le rideau tombait.

Et tout était fini.

 

Notre troupe d'amateurs de tous âges et de toutes conditions s'entraînait depuis des mois pour deux représentations d'une adaptation de la Folle de Chaillot de Jean Giraudoux (Iram en est la serveuse dans un café de Chaillot).

Les répétitions m'étaient des havres d'heureux jubilatoire : quoi de plus extraordinaire que de pouvoir vivre et dire et faire sans aucune conséquence pour soi : l'imaginaire d'un écrivain en prenant la charge pour l'éternité?!

 

Je n'avais jamais joué... limite je pensais la scène comme un jouet pour adultes-enfants... dont j'adore être public.

 

Et après tout, peut-être... Mais ce qu'on ne sait pas quand on est public, c'est qu'on frôle tout le temps les acteurs ; qu'on les caresse ou qu'on les blesse ; à vif, comme ça ; d'un à peine si tranchant, si appuyé et si fugace... que le corps même a du mal à oublier.

 

Les représentations sont terminées ; la scène est vide, et la salle comble aussi. Plus un souffle, plus un rire, plus aucun éphémère d'humain à charger sur son corps d'acteur ; à trimbaler le long d'une réplique... jusqu'au prochain éphémère si différent, qui s'enroule tout au long d'une autre réplique ; d'un autre appui du corps........

 

La scène n'est pas une question de pouvoir, comme j'avais tendance à le penser (sans doute à cause de la marche qu'elle fait avec la salle... bête que je suis!)

Jouer sur scène est un don si puissant et tellement chargé des vibrations de ceux qui écoutent et regardent, que j'en ai eu des courbatures pendant deux jours......

 

Aujourd'hui c'est dedans moi qu'il fait courbatu... et Irma erre seule et désoeuvrée sur une scène vide et sombre, et elle crie :

« Quoi dire? A qui? …

C'est le trou noir! »

 

DSCN0789.JPG  Marie Luce Roques : La folle de Chaillot et notre metteur en scène.

 

DSCN0791.JPG François, l'un des deux présidents (financier détestable qui mourra à la fin de la pièce).

 

 

DSCN0793.JPGGino, le prospecteur coulissier (mort aussi!)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DSCN0794.JPG Hélène : le baron tué aussi par la folle de Chaillot.

 

DSCN0796.JPGSylvie, le sergent de ville allumé qui aidera la folle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DSCN0797.JPG Jean-Michel, le chiffonnier qui se fera l'avocat véreux des financiers.

 

documents-048-copie-1.jpgLa-Folle-035.jpg

La scène des folles en répétition (je suis debout au milieu ; je m'appelle Joséphine).

 

documents-016.jpg Anouk, une de nos deux Irma en répétition.

 

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La folle et Pierre-Fabriece-Valentin, le jeune noyé un peu naïf que va sauver la folle des financiers qui le font chanter. (je suis aussi Pierre).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ut le 03/05/2010

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Par Ut - Publié dans : Théâtre - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
Dis moi.... - Tout dit
Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 11:40

 

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Jean Olivier HUCLEUX "Déprogrammation"

 

Torture de n'être qu'humain!

Torture l'oeil au pinceau, l'âme au stylo, le corps au dire...

La bouche ne peut même pas crier l'erreur d'être!

Le sang ne sait même pas gicler enfin la fin... pour Etre!

Je mourrai vieille et laide, encore toute flétrie et racornie et sèche

de cet humain qui ne me quitte pas, qui refuse de laisser place au créateur.

 

Ut le 01/05/2010.

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Par Ut - Publié dans : La petite porte du dedans - Communauté : Les écorchés vifs
Dis moi.... - Tout dit
Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 10:18

 

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Ca n'a pas loupé... depuis quelques jours que les hirondelles crissaient l'air à qui mieux mieux, l'été est tombé :

Vlan! Sans même une once de printemps...

Chaleur bleue la nuit par la première fente laissé à dehors sur dedans, aux moustiques affairés, bruyants.

Guêpe abasourdie qui s'affale sur le carrelage....

Cali la blanche qui tourne et piaule à la recherche d'un bref amour ;

chien qui gratte, gratte, son pelage d'hiver en petits amas par terre...

 

Et mon chiffon matin que j'agite et dépoussière à chaque fenêtre!

 

Et puis Soleil... qui ne sait plus où se mettre : on l'appelle partout!

... Et il a oublié ; il aimerait se voiler ; un peu, encore un tout petit peu, d'à peine nuages, comme une crème à bronzette, pour se protéger de tout ce naufrage, là-bas, en bas.... Dégouliner comme ça, à ciel ouvert... c'est presque indécent!

 

Ut le 25/04/2010.

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Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Les chroniques de la meute
Dis moi.... - Tout dit
Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 12:09

Furieuse envie de vous faire partager ce poème que j'ai trouvé à ma petite poste, pour le Printemps des poètes.

Au dos du poème il est indiqué que Vénus Khoury-Ghata est née au Liban en 1937 ; qu'elle vit à présent à Paris et qu'elle a publié une vingtaine de romans et autant de recueils poétiques.

Alors je vous offre celui-là pour ceux qui comme moi ne la connaissaient pas :

 

Dans le village des mères

Les journées tiennent dans un seau d'eau

Les puits réservés aux morts qui éclaboussent les murs de leur silence de suie

 

Fatiguées d'essorer un temps humide

Les femmes s'adossent à l'air

S'adossent aux arbres entravés où les abeilles font leur miel entre résine et sueur

 

Les femmes du village des mères partagent leur fatigue

avec les vents charpentiers

Elles redressent les maisons renversées par les enfants maladroits

Quatre hivers en un répètent-elles en direction des quatre points cardinaux

 

Un temps à ne pas mettre une maison dehors

Seuls les chemins sont libres d'aller là où ils veulent.

 

Vénus Khoury-Ghata.

Par Ut - Publié dans : Aimés - Communauté : le texte voyageur
Dis moi.... - Tout dit

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