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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 16:08

Il était un jour un vieux petit homme bien droit dans son costume à chemise blanche.
Il avait de fines lunettes, des yeux gris, les mains qui tremblent.
Il était propriétaire.
Assis à côté de lui était un grand marin roux, le visage émaillé de taches brunes, les lèvres écaillées d’embruns, robuste et planté d’aise dans un pull de jour ordinaire.
Il était locataire.
Le vieux petit homme gris était venu me dire que ce marin son voisin avait détruit une porte à lui.
Le grand marin roux me souriait que le vieux petit homme gris lui faisait des histoires de pluie: il avait bouché de parpaings la porte extérieure commune aux deux logis, pour plus que l’eau du ciel ruisselle dans son jardin. Le grand marin roux avait juste repoussé la porte commune… tombé les parpaings sous sa large main….
Le vieux petit homme gris n’aimait ni l’eau ni les hommes. Il était né dans un quartier de champs, le quartier de la Belle de Mai à Marseille; il n’avais pas compris qu’il ait dû changer.
J’ai dit au vieux petit homme gris que je ne pouvais rien faire pour lui.
Le grand marin roux s’en était allé d’un pas pressé à sa vie.
Le vieux petit homme gris s’était arrêté à la machine à distribuer les boissons, avait tenté de mettre un Euro dans la fente morte: la machine était bien garnie, mais débranchée depuis des lustres pour cause de rats qui rongent.
Les rats, gris, aiment grignoter les fils à boissons.
J’ai dit au vieux petit homme gris que je ne pouvais encore rien faire pour lui. 
Il
était alors parti dans un vague sourire: aujourd’hui il avait tout tenté….

Pendant ce temps, un petit homme faisait un show au palais du Pharo, quartier Sud de Marseille donnant sur l’eau.
L’était pas venu voir les hommes en bleu, en gris, en rousseurs, pour leur prodiguer les mots qui donnent moins peur.


Il était le lendemain de ce jour, vieux petit homme gris en pantalons à poches, débardeur et blouson de toile beige 
avait peur: il venait de se prendre la tête avec un jeune assis sur son perron qui disait qu’il n’appréciait pas son ton.
Vieux petit homme gris avait prit une gifle; reconnu personne sur les photographies d’archives.
Ne pouvant plus rien pour lui, je l’avais fait raccompagner à la maison.


Il sera un jour demain, vieux petit homme gris appellera au commissariat, dira que son quartier est infâme, qu’il n’ose plus sortir de chez lui.
Les hommes en bleu lui diront qu’ils ne peuvent rien faire pour lui, l’autre petit homme de show n’ayant pas voté assez de crédit d’hommes ou de véhicules, pour multiplier les préventions.

Ut le 01/10/2008

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Published by Ut - dans Flics
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commentaires

mariev 05/10/2008 18:23

j'ai mal au coeur et à l'âme, Ut, mais j'espère que tu n'es pas près de cesser tes récits, c'est vital, indispensable, ils nous empêchent de fermer les yeux, à nous, pris aussi dans nos propres peurs
bise
:)

Ut 05/10/2008 22:21


Tu es la seule qui le dise Mariev, ces peurs que nous trimballons, bien cachées dans le dos, là où on essaie de ne pas se retourner....
Baisers à toi, tout doux.


Mouffles 03/10/2008 23:35

Je suis venue te lire ce soir, comme presque tout les soirs, je viens sur ton blog comme j'ouvre un livre avec le plaisir des retrouvailles.
Je n'arrive pas toujours à commenter et je préfère dans ces cas là passer en silence que de dire trop de banalités.
Mais ce soir avant de fermer l'ordi, j'avais envie de te dire que j'aime ça...Venir te lire !
Je t'embrasse
Mouffles

Ut 04/10/2008 00:06


Donc tu fais partie de ma vie!
Merci ma p'tite Mouffles pour ce com si gentil; c'est merveilleux, tu sais... que tu l'ais dit, comme ça... que tu viennes, comme ça!
Je t'embrasse.


Marine 03/10/2008 21:11

Drôle d'histoire. J'ai eu un peu de mal à suivre, mais c'était assez surprenant.

Nettoue 03/10/2008 13:09

Beaucoup moins rude et décapent que parfois. tu sais mettre bien des choses en mots U T ,
Je t'embrasse Nettoue

Ut 04/10/2008 21:37


Je suis à la période de ma vie où il faut enfin mettre de l'ordre, et ça se fait avec les mots :)
Bises Nettoue, ma journaliste préférée.


Julie 03/10/2008 11:40

une triste réalité racontée comme une comptine à fredonner... tout simplement parfaite!

Ut 04/10/2008 21:33


Trop gentille Julie; moi je lui trouve plein de défauts! :)
Amitié: je file chez toi.


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