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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 15:34

Eux

Canettes et chiffons ensommeillés au coin rond d’un trottoir.

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Large allée dallée.
Halos blonds et ronds de réverbères.
Lourds immeubles cossus assis autour.
J’attrape au regard un mouchoir blanc qui s’agite comme un au revoir.
Une petite main tient le mouchoir; une petite femme de noir.
Elle frotte, elle frotte avec le chiffon blanc la riche plaque de cuivre
au noms gravés des habitants qui dorment encore.

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Fuitt, il glisse de dessous deux manteaux tachés, déchirés.
Il se lève du lit de sa nuit, de la marche que fait la banque d’avec le trottoir.
Il marche vite, ses jambes aux poils blonds dépassent d’un vieux pantalon et tombent ses pieds nus dans ce qui aurait pu être une paire de baskets. Il appuie sa main droite sur une béquille de fer.
Je suis derrière, mon sac à boulot sur le dos,
dans le filon gris et nauséeux de son parfum de corps en galère.
Nous allons tous les deux au labeur du jour: lui à mendier,
moi à gagner de quoi ne pas avoir assez pour donner.

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Larges pieds nus bien à plat dans des sandales de cuir.
Pantalon droit et veston gris de tergal.
Le vieil Arabe itinérant des sables et des oueds
traverse Toulon au pas lent et sûr des nomades.

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Cité blanc crade engoncée dans un trou de la ville.
Pas une lumière; mais quelques mèches d’or qui dansent encore sur le parking de terre, à l’endroit exact où ils ont claqué la voiture volée hier.

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Canettes et chiffons ensommeillés au coin rond d’un trottoir.

Ut le 15/10/2008

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commentaires

Quichottine :0010: 30/10/2008 21:47

Tu mets ton blog en pause... alors, je souhaite que tu te ressources et que tu nous reviennes.

Je suis venue écrire ici, sous ce billet qui me disait ta sensibilité...

Et sous lequel je n'avais pas su quoi dire.

Bonne route, Ut.

Mésange 27/10/2008 17:22

La vie que traverse tous les jours, de manière répétitive, des hommes, femmes et enfants qui n'ont pas choisi. Tu sais si bien peindre la réalité.. Pour ton sac à boulot, laisse-moi t'aider à le porter un peu pour toi belle Ut...

Bisous belle amie
Nad

thanina 25/10/2008 09:19

je trouve que votre "témoignage " est saisissant ,mais comme beaucoup d'autres ,je m'interroge sur le devenir de notre monde,ou allons-nous comme ça ?en novembre de l'année derniere j'avais remarqué un homme et essayé de lui parler il avait choisi l'entrée de l'institut Pasteur pour voler quelques heures de repos...Pasteur...sans autre commentaire.Merci a vous

B.Secret 25/10/2008 07:09

Eux ne sont pas moi....
Moi je pense a toi.....
Esperant simplement que tu ailles bien....

chris spé 18/10/2008 22:56

nous croisons la même humanité... si semblable et pourtant il s'agit de vies, de gens avec des histoires... étrange sensation... porte-toi bien. chris.

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donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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