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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 16:27

Mon maître… Oui, parce qu’il semble que nous ayons plusieurs noms: lui c’est mon maître et Eric; moi c’est Chien ou «Le Gros»… Le gros… tu parles! Dans la rue j’arrive même pas au cul des vrais gros, de chiens!
Bon, mais là je ne suis pas venu te parler de moi, mais de lui: mon maître.
L’enfant blanc comme moi je l’appelle.
Blanc et si long maintenant dans le lit! Je ne sais pas ce qu’il a à changer sa taille tout le temps…
Mais il reste mon enfant blanc malgré ça, et sa peau, et ses cheveux comme une feuille d’automne ocre et noire.

C’est la nuit que j’aime le plus avec lui.
Parce que la journée… ben il s’en va avec son sac; et quand il rentre c’est câlin vite fait sur mes pirouettes à bonheur de lui… et zou.. l’ordi!
Je déteste l’ordi!
Pas la télé... Ah la télé! moi bien coincé au douillet de mon maître et de celle qui n’a  qu’un seul nom: Maman; Maman qu’il l’appelle.
… Sur le presque vieux canapé vert, ils me papouillent tous les deux.… même que des fois ça tourne à bagarre… Folie! Folie de rires et de grognements!

Mais le soir, après l’ordi (ou la télé), il me prend dans ses bras mon maître, comme je l’ai vu faire avec le bébé qui vient quelques fois ici.
Et il m’emmène au lit.
Toujours il me pose contre sa tête, sur l’oreiller. Parce que souvent il a à me parler; à dire les mots de ses maux d’enfant; d’enfant blanc trop petit blessé; trop vite grandi dedans.
Et il me litanie doucement le collège et son père: ses deux sujets bleus quand la chambre de nuit nous protège.
Le collège à petits cons aux blagues impubères et vulgaires.
Le père et son désamour, son manque des câlins et des rires à grandir.
L’enfant blanc pleure un peu, quelques fois; et moi je lèche son visage translucide à goût de sel.

Mon maître… mon amour! Si tu savais comme je te garde… comme c’est moi ton maître à pas peurs; pas pleurs…

Et quand enfin il s’endort, son visage entre mes pattes, je reste les yeux ouverts à guetter le collège, le père… et la nuit.
Comme cette nuit où au milieu de tout le noir il s‘était levé.
Et sans rien y voir il barbouillait de gros feutre noir tous ses visages épinglés en photos, aux murs de la chambre…

Quand il somnambule, l’enfant blanc, moi j’attend; avec tous mes yeux sur lui; et mes oreilles; et mon bout de queue; prêts à l’heureux rendormi… J’attends qu’il se recouche comme  un pantin malheureux.
Enfant blanc.

Et tant pis si le jour il ne me sort pas assez souvent, pas assez longtemps, pour que j’évacue mon corps.
Et tant pis si quand Maman n’est pas là il oublie mon repas sur le petit frigo.

...Et tout le jour je l’attends. Je l’attends en dormant sur le canapé vert, pour rattraper toutes les nuits à veiller son fragile d’enfant blanc.

Moi, Chien, Le Gros, je sais bien que je suis son âme d’air à des fois donner couleur à son transparent.

Ut le 22/10/2009




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Published by Ut - dans Nine
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commentaires

ag86 28/10/2009 10:18


Un monologue plein d'amour, de douceur et de tendresse. Le monde vu par ses yeux nous donne à réfléchir ...
Merci à toi et belle journée
Amitiés. Alain


Ut 28/10/2009 17:21


Si tu vas trop loin dans ce blog, Alain, tu risques de pleurer... je sais la violence aussi!
Et pourtant il m'est si doux de te savoir dans mes mots, à chercher, à partager.
Merci de ce que tu es. Ne change rien!
Toute mon amitié Alain.


Dominique 25/10/2009 09:45


Ton texte m'a non seulement plu Ut, mais il m'a ému aux larmes.Je ne sais pourquoi ( ou lsais-je trop bien : L'âge !)mais lorsque quelque chose m'émeut, je me mets à pleurer.Pas à sanglots nons,
mais en de grosses larmes et tu peux me croire,en lisant ton texte, de grosses larmes sont en tarin de couler.

Je t'embrasse ma belle pour ce que tu es et pour ce merveilleux texte.

Dominique


Ut 25/10/2009 18:21


Ma Dominique... j'ai bien vu, avec ton poème sur la fillette et l'innocence...
Mais tu dis toi même que chaque âge a ses beautés; et moi j'y crois! Il y a de la lumière partout et pour tout le monde tout le temps! Et si on ne la voit pas (à cause des grosses larmes, par
exemple) et bien les amis nous éclairent, nous font soleil!
Je crois de plus en plus à l'amitié. Même si on ne se voit pas: l'amitié est un lien de soleil.
Comme Chien avec l'enfant.....
Laisse moi essuyer tes grosses larmes ma Dumé; laisse moi t'embrasser.


matheo 24/10/2009 14:31


Tu viens d'écrire la poésie de la posie, je suis troublé par ce texte si beau, si leger, si grave que je voudrais le voir imprilé dans les manuel de classes pour que les enfants découvre ce que
c'est de bien écrire.
bisdoux, bisemotion, bisadmiration, bisous


Ut 24/10/2009 19:14


Mathéo...
Ton chien me dit que tu deviens fée...
Et puis là... ben je  ne sais plus comment t'embrasser, moi...
(Merci!!)


Lmvie 23/10/2009 22:31


Tu as ce qu'on appelle du "chien" !


Bisous


Ut 24/10/2009 18:51


Crois tu?
Rire!!!
Je t'embrasse fort (oui, oui, même avec le rhume:))


Decrypto 23/10/2009 16:38


Il y a tant de complicité que je me demande qui des deux est le maître ?
Agréable week end


Ut 23/10/2009 19:52


C'est exactement le thème de ce texte... :)
Merci Décrypto, du partage. Et bon week end à toi!


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