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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 06:01

 

Il sent le bois et l’ambre.

Il parfume le lit froid de solitude.


Chien peut te raconter que quand Mistral courait, fouissait, suait par tous les pores de l’air l’hiver, aux noirs temps de la nuit, ces temps où les malades vont plus mal, où les égarés de la terre meurent, ces temps glacés de peurs où même le rêve ne soulève plus l‘âme; ces temps, souvent, réveillaient l’Anonyme.

La sous-pente sentait juste le froid tellement grand que le noir en était comme étiré, éclairé. Même Chien grelottait sous son poil raz enroulé tout contre les pieds vieux et usés de tant de pas de vie de l’Anonyme.

Alors elle marmonnait, bougeait, craquait, désenroulait ses monceaux de couvertures, et tirait à elle, et enfilait, vite, furtif, un vieux chiffon banc réparé, rapiécé, usé, déformé, qui avait dû être un vêtement de coton, encore tout taché de peinture, qu’elle gardait toujours à portée de ses pauvres nuits sur le matelas de son lit.

Et Chien ne pouvait pas le nier: l’odeur de la pièce alors muait, chantait un air de musique basse de bois et d’ambre colorés de vert, appuyés de noir, qui parfumait le froid de leurs deux solitudes.

Et la vieille ne marmonnait plus, ne bougeait plus, recroquevillée jusqu’à son maigre nez tout contre le tissu. Et quand elle se rendormait, Chien voyait bien qu’elle ressemblait alors aux enfants fous de tous les amours du monde…
Elle enfin au centre; et la lumière partout autour.


Ut le 17/10/2009

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commentaires

katherine 21/10/2009 00:27


Beau, si beau! Du vrai Ut comme j'aime!
Kiss de moi


Ut 21/10/2009 12:43


Ut et l'Anonyme... une histoire pour toujours....
Sweet kisses my Katherien.


Renard 18/10/2009 18:53


Au sortir de ce texte, je repense aux enfants (de l'époque d'avant, celle où il fallait supprimer la moindre odeur corporelle) qui parfois, seuls et apeurés allaient se cacher dans l'armoire de
leur mère, et blottis contre ses vêtements, respiraient son odeur, afin de se rassurer en attendant son retour...
C'est ce retour à la louve, à la meute qui fait que Chien se sent mieux lui aussi je pense
Merci pour eux, merci d'être là Ut


Ut 19/10/2009 14:45


Tu as raison mon Renard, pour Chien!
L'Anonyme aurai-t-elle perdu tout jusqu'à n'avoir plus que cette peur à rassurer dans le noir?
Il faut que je réfléchisse à ça....
Baisers doux ... Merci!


Jean-Claude 18/10/2009 12:29


Très belle plume, profonde et sensible, j'aime beaucoup!
Cordialement, Jean-Claude


Ut 19/10/2009 13:54


Un grand plaisir pour moi Jean-Claude: je viens moi aussi de découvrir un blog à plonger.
Amitié.


nettoue 18/10/2009 12:25


L'anonyme m'est devenue su familière que je parviens à lui mettre un visage , à travers tes mots ! Quand au Chien, lui je le connais. On se reconnait, lui et moi. Je l'aime.
Moins que toi mon amie chère Nettoue


Ut 18/10/2009 15:46


Tu as tort Nettoue: tu devrais aimer Monsieur Chien bien plus que moi!... je ne suis qu'humaine.... :)
Je t'embrasse.


sido 18/10/2009 10:08


Tu me donnes le frisson, Ut, et c'est sans jeu de mot eu égard au sujet, je n'ai spontanément rien de mieux à écrire en te lisant !
Tu as une façon réellement formidable, talentueuse, de restituer avec trois thèmes simples, froid, solitude, vieillesse, une atmosphère glaciale (sens large)que tjrs une pointe d'optimisme casse.
Très beau.
Oui il fait froid dans nos rues, chère Ut...

(p.s je peux t'envoyer si tu veux, mon image... zut encore un double sens, richesse de notre langue ... celle sur laquelle tu reviens.)
Bon dimanche. Bises


Ut 18/10/2009 15:30


Oh oui Sido, je me la mettrais en plein écran... de veille!
Je l'adore!
Et enlève tes frissons: aujourd'hui le soleil rigole :)
Je r'embrasse.
Merci Sidonie ton com" me touche (tous les sens du terme:))


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donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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