Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 08:46

 

On-a-pendu-le-soleil-copie-1.jpg

 

 

 

 

Sept heures trente.

Pas le besoin de réchauffer les radiateurs au lever du lit.

Café-clope sur le balcon aérien, élargi par secousses de petites nuées de vent.

Ca pilouit par là, par ci ; on ne les voit pas les moineaux, mais les matins-gris ils grignotent l'air à petits coups de notes aigües.

Pas un gabian. Pas une lumière.

La mer est fermée sous une flaque immobile de ciel gris-perle.

Tout là-bas un bateau sombre (un navire de guerre?) attend. Ombre sur le camaïeu de l'horizon, juste taché du clignotant vert de la bouée du port.

Comment te dire : être seule au monde et pourtant dans le ventre de vies qu'on n'entend pas, qu'on ne voit pas. Comme si même les étoiles chuchotaient par dessus l'univers.

Les aiguilles de la montre n'y feront rien : le temps attend d'être sucé par la pluie.

 

Ut le 28/12/2013.

Nouvelle-image2.gif

Repost 0
25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 16:29

 

 

Elle fait trop de bruit.

Elle s'enfonce dans une colère ébouriffée ; vieille folle aux cheveux d'eau, vieil acier raidi de vent.

Elle cogne et griffe sa rage, écroule la pierre, gonfle et creuse son ventre infini ; elle avale la pluie, gifle l'air, s'ébroue partout, grogne se retourne, envase, écrase, claque ; tranche le ciel.

Aujourd'hui la colère de la mer est jusque dedans, suinte des murs, perce les doubles fenêtres, inonde la lumière artificielle de sa non-clarté dehors.

Elle déteint son gris, sa glace, sa haine.

Aujourd'hui la mer a repris l'univers.

 

Ut le 25/12/2013

Nouvelle-image2.gif

Repost 0
27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 08:41

 

 

DSCN1298--Copier-.JPG

Détail expo Jean ARNAUD : "PAS VU" 07/10/2011

 

 

 

Pschittee

Fuitteit

Fuite le ciel

Stalagtites pendues si loin que la vue perdue

Tonnerre de ciel à gorge grande ouverte

Et rires vommis

Ruissellements claqués à terre à feuilles à vitres aveugles

A parapluies.

 

Transe liquide

Refrain infini

Bouillon brouillon vomi

De si haut que la vue perdue

De si loin que claquée par terre

La pluie.

 

Ut le 26/10/2012

Nouvelle-image2.gif

Repost 0
8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 13:53

 

IMG00252-20110805-1447.jpg

 

 

C'est l'heure abtrutie de l'été.

L'heure où sous le parasol de la plage il fait si chaud que la mer frissonne les peaux brûlantes.

L'heure où dans les maisons d'ombre et de filets d'airs entre deux portes ou deux fenêtres, on pourrait entendre le chien lécher sa patte d'ennui.

Les apériteux ont déserté les comptoirs, les vieux les coins d'ombre, les enfants les bas des cités ; même la prière n'oblige pas ce temps-là.

Les geôles, l'endroit le plus frais des commissariats, avachissent leurs désoeuvrés, rebelles fous ou avinés.

 

C'est l'heure où les yeux perdent la vie dans un sommeil abruti. Il est Juillet trois heures.

Pile poil le moment où un camion poubelle réveille ma sieste lourde.

 

Et la miction irrégulière et infinie de la petite fontaine sirote l'air blanc de soleil.

 

Ut le 08/07/2012

Nouvelle-image2.gif

Repost 0
14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 12:34

 

DSCN0971

Jean-Claude MEYNARD

 

 

Un p'tit brin d'air qui s'fraye un p'tit brin d'chemin au coin frisson de l'oeil

Quand trimballée brinqueballée entassée

au fil de la fenêtre du rail s'ouvre la montagne sur un p'tit arondi d'mer

… vite vite râpé rayé par les arbres tout pleins d'nuit déjà

au fil de la fenêtre du rail

 

Ut le 14/04/2012

Nouvelle-image2.gif

Repost 0
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 06:46

 

virgule.jpg

 

 

Il y a un petit air de soleil à travers la fenêtre grande ouverte.

Il y a un goût de voiles et de mer sur le léger du vent.

Il y a des gambettes libres sur des encore bottes d'hiver.

Il y a un sourire immense qui fredonne un truc d'espoir ; un baiser universel.

 

Ut le 31/03/2012

Nouvelle-image2.gif

 

Repost 0
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 09:36

 

SP_A0567.jpg

 

 

Ce sont les clics-clacs du briquet qui m'ont fait tourner la tête :

Il avait sorti un morceau de résine marron foncé et l'émiettait à la flamme "clic-clac" dans le creux de sa main dodue de gosse.

Il a senti mon regard et nous nous sommes fixés jusqu'à ce qu'il ferme sa main et range le petit bout brunâtre dans sa poche ; un bout qui ne reniflait même pas l'odeur de la défonce.

 

Dans le wagon il n'y avait plus que les deux jeunes dans la rangée à côté de la mienne, et un mec au fond derrière moi, côté fenêtre.

C'est comme ça le TER du Vendredi soir quand on a passé toutes les gares jusqu'à Bandol.

 

J'ai remis mon regard dans mon bouquin.

Mais j'ai vu le gamin sortir une feuille à rouler et se faire le joint.

 

Il était presque obèse, les fesses serrées à mi-hauteur dans un jean de large trop étroit.

Il parlait avec un mec tout maigre et tout avachi dans le siège juste à ma gauche de l'autre côté du couloir, comme seules les jeunes savent ne rien dire dans cette nouvelle langue des quartiers qui répète toujours les mêmes mots ; à croire que la langue française elle n'a plus vraiment de vocabulaire et que tout le monde s'appele Yo ou Man.

 

Le train sentait la sueur vieille, la clope rance, les haleines perdues de vieux mots fantômes, et il y traînait un sale froid de fin de semaine qu'on aurait dit du shit à boulot.

 

 

Ut le 11/03/2012.

Nouvelle-image2.gif

Repost 0
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 07:56

 

 

klein-2.jpg

Yves Klein, Anthropométrie de l'époque bleue, 1960

 

 

 

Il fait trop large et trop frais ce matin.

Elle se réveillait comme au creux d'un lieu nouveau, d'une solitude nouvelle.

 

Il manque.... une substance de vie ; un peu comme l'odeur de soi-même. Tu vois?

 

Il manque le chuintement liquide ; cet air invisible, ce goutte à goutte inlassable qui d'habitude éteint la nuit, enserre le réveil sur lui-même, l'accompagne sur ses premiers pas de jour... même si elle ne l'entendait plus au fil du tricot des quotidiens.

Le liquide de vie si particulier à cet appartement : juste une rumeur bavarde, insouciante ; un grésillement inconstant. Le p'tit brin joyeux de l'eau derrière les volets.

 

Et qui aujourd'hui fait un trou de silence.

 

Derrière les volets il y a deux hommes en gilets bariolés qui grattent le cercueil de la petite fontaine.

 

Ut le 10/03/2012

Nouvelle-image2.gif

 

Repost 0
19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:00

 

25-Derain-figure-accroupie-1907.jpg

 

Derain "Figure acroupie" 1907

 

 

 

Ceux-là claquent vraiment un peu trop fort... « plac-plac-plac » horloge boulot dans les talons!

Ils m'ont tiré de la torpeur qui suit toujours l'enfer noir et glacé ; ce moment presque délicieux d'inconscience où on croit être enfin mort sans que ce soit vraiment de sa faute...

Bref, je pousse l'étroite écharpe raide qui bande mes yeux, et je vois s'enfuir deux bottinnes marron à petits talons pointus-mal-entretenus.

Je monte le regard (toujours un peu haineux, hein, vis-à-vis de ceux qui semblent marcher dans leur tunnel de vie bien précis, clair et net, sans un coup d'oeil pour à droite ou à gauche), et je vois une petite silhouette manteau gris bien coupé, écharpe noire, bonnet avec un bracelet de fourrure...

Hé...Pas tant que ça sûre d'elle la silhouette, si j'en juge d'après mon expérience de silhouettes.

Tu me diras, de là où je suis -aujourd'hui c'est la marche de la banque d'avec la grand'rue- j'ai plus l'habitude des chaussures que des silhouettes... m'enfin il m'arrive de me renseigner un peu, de lever l'oeil et d'observer avec autre chose que la haine ou la faim. Ou le froid dans la haine et la faim.

Pis v'là qu'mon oreille encore un peu sommeil est attirée par un autre bruit de pas à droite, qui s'approchent lourdement, et comme je tourne les yeux par là, « poum » la petite silhouette grise à talons « plac-plac » s'effondre sur le trottoir!

Plus bouger.

Pas le temps de réagir ; bien sûr : on a perdu l'habitude de réagir quand on ne fait plus rien depuis si longtemps... (depuis combien de temps, déjà?)

Et pis quoi : « Cling! » mes yeux virent mécaniquement vers le kleenex trempé que j'avais étalé devant moi (quand ça déjà?) : il vient de faire ce bruit, ah ce bruit... d'une pièce qui en cogne une autre en lui tombant dessus...!

Là, je te jure, le corps tout d'un coup, il existe comme dans la vraie vie ; en suspens, en espérance, en sueur, en rêves....

Combien? Combien le pas lourd à droite m'a donné de fric? Est ce que c'est assez pour un café, un truc chaud en réveil de jour?

Mieux????

 

Déjà il fait tout gris.

 

Remettre l'écharpe sur les yeux.

Elle pue vraiment...

 

Marre de ces bruits de sirènes.

Ut le 19/02/2012

Nouvelle-image2.gif

Repost 0
12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 07:11

 

 

DSCN1340--Copier-.JPG

 

 

Petit peton pointu, fille de soleil déjà, rire à peine de lumière qui court qui court des orangers aux blancs,

balance d'un coup de pied gracieux insouciant et ô combien irrespectueux,

Madame grincheuse vieille nuit

par dessus la terre.

 

Ut

Nouvelle image

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Ut
  • Le blog de Ut
  • : Juste un Cri d'elle à eux.
  • Contact

Profil

  • Ut
  •  Elle est comme la note, volatile et grave. Elle écrit comme elle peint: pour oublier de se souvenir, et donner en partage; participer à l'ouvrage. 
donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
  • Elle est comme la note, volatile et grave. Elle écrit comme elle peint: pour oublier de se souvenir, et donner en partage; participer à l'ouvrage. donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.

Texte Libre

Recherche

Archives