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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 07:41

 

DSCN0800.JPG

 

La chatte a allongé son feutre gris à peine rayé de blanc.

Il ne faut pas la caresser : on risquerait de faire envoler tout ça, par petits paquets légers, sur une vague d'air d'été.

C'est fragile et lourd l'été ; ça respire à peine.

La chatte le sait bien qui repose sur l'instant alanguie..

 

C'est traître la vie : elle semble tarie de chaleur, suspendue ; parce qu'un filet d'eau chuchote, ou qu'un rideau protège du soleil abrupt.

L'instinct le sait bien, qui peut bondir à peine un bruit décalé ; un fil d'odeur inhabituel ; une fissure.

 

Un mauvais rêve.

 

Ut le 14/06/2010.

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 05:27

Pour une conseigne de Juliette dans la communauté de Papier Libre

 

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Petite pluie fine de l'ennui.

Assis en nonchalance
Au gris du carreau
Un chat baille en silence.

Puis il essuie, sur yeux clos
L'une et puis l'autre ses pattes aux poings fermés
Petites boules de soie en griffes serrées.

Puis la langue râpeuse
Magnifie le pelage de l'encolure à la queue
Au rythme paresseux
D'un va et vient appliqué
Dédaigneux des regards apposés
A l'abri de toute impudeur
Assuré de sa hautaine beauté.

Il s'arrête, soupire,
Sourit, s'étire,
Croupe relevée
Yeux clignés
Moustaches épanouies
Griffes acérées.

Puis il reprend la nonchalante pose,
Il tourne ses yeux verts au carreau
Et doucement repose
En monotonie de silence soyeux
A l'averse à peine douloureuse
De l'ennui.

Ut
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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 12:43
Pour la consigne de Brunö link, communauté "Croqueurs de mots", mots de tête N°8 link


Illustration Casimages.


Matin, Table blanche, Ordi noir.
Pattes velours
Passent et repassent à l'écran de l'ordi.

Matin, Doigts pianotent
Vite, écrire, écrire, écrire encore...
Cali chatte blanche passe et repasse devant la fenêtre de l'ordi.

Matin Table blanche Ordi noir Doigts pianotent pas
Cali chatte blanche pattes velours
Passe et repasse à la fenêtre ouverte de l'écrit...

Ut le 20/10/2009

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 22:04


Dedans.

Quatre heures trente un matin.


Ce n’est pas que la rassurance du chat.

Ce n’est pas que la respiration des deux corps apaisés.

C’est le vent.


Le vent pose sur le toit un bruissement de feuille

Craquelle l’ample nuit d’automne.


Le vent


Le vent frise ses bruns aériens

Ses airs transparents

Et peint si fort dehors, qu’il la réveille.


La fille d’âge.


Alors c’est le chat qui ronronne

Pour apaiser le vent dans son sommeil à elle;

Mais sa respiration change déjà:

Elle écoute le vent.


Le vent


Quatre heures trente un matin

La rassurance du chat arrondit la chambre.

Le corps réveillé prend l’encre et le papier

Et capture le vent pour l’écriture du bruit qu’il raconte.


Dehors.


Ut le 08/10/2009

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 16:44

Petite chatte blanche a perdu l’eau dans ses yeux.

Elle brinqueballe. Mal sur ses pattes. Pattes mal posées.

Sa tête penche, à gauche, à droite. Titube.

Petite chatte blanche, feutrine de  silence.

Cherche. Elle cherche à se reposer. Poser.

Elle cherche, cherche qui lui a fait quoi. Pourquoi?!


Petite chatte blanche

N’a pas encore vu son ventre.

Le doux poil tondu.
Carré rose nu.
La saignée.

Du bistouri à tuer.

La féminité.


Ut le 07/09/2009

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 06:12

Il y a le ronron automatique, celui qu’elle déclenche quand j’entre dans la pièce où elle joue, où elle dort. C’est le ronron d’accueil, de bonjour; pour répéter qu’elle et moi c’est toujours une connivence, un compagnonnage.

Et puis il y a le ronron du soir, quand elle grimpe avec moi l’échelle de ma chambre, qu’elle frotte son corps sur le lit, étire son ventre sous mes mains, yeux fermés, lascive: d’abord c’est rapide et doux, comme pour dire « Enfin seules! », et puis il enfle, il enfle, au fur et à mesure de mes caresses, jusqu’à envahir son nez, qui donne au ronron un chant un peu mouillé.

Et puis il y a le ronron du matin, quand elle passe et repasse sur mon corps perdu de nuit. Celui-là c’est pour rempiler les mauvais rêves derrière la conscience; dire qu’il faut que j’aille voir cette merveille de jour; que sans moi c’est pas possible, qu’il faut partager et jouer, en duo bonheur.

C’est sourd et lancinant, comme un amour aveugle, un don du sang, un sourire pour toujours.

Et puis il y a le ronron de l’écriture, jaloux de ma solitude vers vous, qui vient poser son derrière sur le clavier; et me regarder, tête penchée, yeux d’eau dans mes yeux noirs, une patte sur ma joue, tout doux. Et elle écrit les lettres qui parlent de chat, et que je ne peux pas te traduire, tellement c’est fou, tout cet amour.


Ut le 29/07/2009

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  •  Elle est comme la note, volatile et grave. Elle écrit comme elle peint: pour oublier de se souvenir, et donner en partage; participer à l'ouvrage. 
donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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