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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 07:29

 

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Un mur marseillais

 

 

Les temps creux des bisous envolés oubliés séchés tout seuls bien au delà de la mémoire.

Sevrage de tous ces bisous aux heures des grands concerts de la vie, des orchestres de coeurs.

Notes rondes et chaudes éteintes, fanées au parterre du temps.

Bisous papillons des grands amours d'un jour ou d'une heure...

Tous ces anciens bisous dans un rire qui effaçait la pauvre vie.

J'ai perdu toutes les feuilles de mon arbre généalogique à bisous, déposées ici et là sans rien pour s'en souvenir. Pas même un prénom.

Et qui ne craquent plus qu'en creux sous le pas de l'âge vieux.

 

Ut le 10/06/2012

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 10:00

 

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Elle est comme une feuille de silence.

Non.

Elle est le silence.

Intense.

Fermé.

Bouclé à double tour.

Avec toute cette lumière autour ; des papillons de lumière qui tombent sur elle.

Ce n'est pas le vieil arbre effeuillé encore, qui dira le contraire. Il la connaît bien le vieil arbre depuis le temps... depuis quatre ans déjà...

Même dessous sa chevelure d'été, le berceau était silence emmailloté.

 

Marie n'a jamais parlé.

Les docteurs ont dit qu'elle était muette.

Muette!... ça ne veut pas dire silence!... Ils n'y comprennent rien....

 

Marie dans sa robe rouge.

Marie coquelicot.

Assise sur le vert pelouse, et balancée d'avant en arrière ; balancée par tout ce vent qui n'en finit pas de parler dans sa tête.

Ses mains sertissent ses deux genoux repliés contre elle : même son corps elle ferme.

Robe corolle autour.

Blanche Marie tricote ses lèvres de silence à dire ce que personne n'entendra jamais.

A balancer son corps comme une virgule qui conjuguerait tous les temps et tous les sens.

Blanche Marie, coquelicot des neiges, des éternels silences, a le regard si noir et si tendu, que France, jamais très loin, lève la tête et la regarde ; et se cogne aux deux fentes noires comme un cri. Un long cri sans bruit .

 

Et silence se balance aux branches à peine du vieil arbre ; à la robe coquelicot ; aux larmes de France maman.

 

Ut le 02/04/2010.

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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 12:44
Sur une idée de Juliettte pour la communauté Papier libre: l'innocence de l'enfance.....

Ruud van Empel


L'innocence a roulé en billes colorées par terre.
Billes de verre ou billes d'acier
elles brillent et niquent l'adulte de leurs yeux pervers.

Et gare si tu y mets le pied:
L'innocence te roulera à l'endroit à l'envers
avec toute la menterie de son regard d'enfant vert.

Enfances perverties du rêve
dénudées derrière l'écran vert
de tous les non-sens de toutes les colères
de nos hyprocrisies de nos frustitudes
pétrifiées
amères
cachées dérobées
Saletés.

Ut le 07/11/2009

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 00:25
Dernière consigne de Papier Libre link, sur une idée et image de Juliette link
Avec une pensée toute spéciale à mon petit sourire link

Oeuvre de Yves de Macrocosmic

Je revenais d’une course solitaire aux côtés de mon torrent d’enfance; une «bavante» comme on dit chez nous, quand on marche raide et long sous le soleil.

En haute Savoie ça se passe comme ça:

Tout en haut il y a le ciel, avec assez de bleu en été pour faire une culotte de gendarme.

Autour du ciel il y a la neige, lames blanches de soleil à crever les yeux, qu‘il fasse beau, ou brouillard, ou neige.

Sous la neige il y a les ardoises marines, verticales, nettes, tranchantes; dont on voit toutes les failles par trop grand beau temps.

Sous les ardoises il y a la forêt de sapins vert foncé, tous collants de sève odorante; et les mélèzes bleus immenses, larges et majestueux; et les racines et les cailloux par terre, recouverts d‘aiguilles sèches, brunes. Et le silence; sauf les godasses qui dérapent et se freinent.

En travers de la forêt il y a les clairières à champignons, à myrtilles, framboises, fraises, groseilles….

Sous la forêt il y a les prés. 
Je courais-glissais dans le pré, au milieu des herbes trop hautes et quelques fois craquantes déjà.

Je suais. Mes genoux brûlaient la descente trop raide…

Je n’ai pas rattrapé la godasse…

Je dérape, glisse… Je suis allongée face au ciel, la tête dans l’oreiller râpeux des herbes.

Et c’est un pré bruissant de vent léger, alourdi de soleil, qui sièste douze heures.

Et c’est silence.

Il n’y a plus d’autre mouvement que les bruits sus depuis la nuit des ans.

 Alors..

Naît un fil de soie translucide; puis un autre.

Ils s‘étirent, entortillent le temps.

Il n’y a plus d’autre mouvement que les bruits sus depuis la nuit des ans.

Ephémère et fée fille prennent une aile de vent, s’enhardissent; et filent, et batifolent, et caracolent, herbe à herbe; elles s’enroulent, se caressent, rient l’air; elles chantent les transparences; leurs fils arabesquent l‘été vers l‘automne; les verts les bruns, les boutons d’or, qu’elles cirent de soleil.

Leurs soies brillent et enflent; dansent, pirouettent; centrent.

Le silence des bruits sus depuis la nuit des temps joue les fées, les éphémères, sur un air de vent solitaire.

Chut…. j’y dors encore.

Ut le 11/09/2009

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 06:11


Comme elle le fait toujours au lever, au sortir du soleil, Elle l’épuise, sangs et ors, tout autour du monde.

Ensuite Elle s’avance en grand silence, un peu pâlotte de ces noces brûlantes, de toute cette impudeur…

Alors Elle tisse un voile bleu-nuit; celui qui trimbale toutes les prières, toutes les enfances, toutes les larmes, tous les cris, tous les chants, toutes les souffrances, tous les espoirs, tous les sommeils… se l'enveloppe; et, quelque peu hautaine, bijoutée de plaqué or, maquillée de lune blanche, Elle regarde en bas.

Et Elle s’appuie sur la terre. Cerclée sur Elle-même; de toutes ses forces. Pour enfin nous faire taire, nous allonger sous Elle.

… Et je ne suis plus rien qu’un petit chiffon d’éphémère.

Ut le 20/08/2009

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:36


Sommeil perlé.
Le corps qui écoule sa misère sous le clapotis susurré.

Réveil douceur; nuit de l’enfance oubliée.

Maman, ma solitude… perdue, lavée d’eau claire et vibrante;

Maman, mémoire recroquevillée dans le vieux cri muet du petit… assourdie derrière la cascade bavarde de l’eau qui fait comme un rire tout autour; pour le jour.

Le corps vacillant sur la corde tendue par-dessus ni paroles ni tendresse ni caresses; ce corps là est apaisé:
la nuit en gouttes merveilles l’a essoré des terreurs du vide.


Ut le 02/03/2009

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 21:18

C’est un jour de vacances d’automne dans le petit village des Houches. La vallée s’imbibe doucement d’une lumière translucide et froide qui fond au fil des heures l’herbe lumineuse de givre, jusqu’à la transformer en boue rase; qui peint les mélèzes droits et pointus comme des glaçons de ciel; qui touche à peine les sapins des haies, en hibernation sous cape d’étoiles blanches.
Margueritte, la grand-mère, dit à Nine: « Aujourd’hui tu vas à la ferme des Jean te faire couper les cheveux ».

Nine a onze ans; elle n’est jamais allée à la ferme; elle boude un peu avec ses grands yeux noirs de reproches en regardant les lourdes mains de Margueritte frapper le torchon dans lequel elle a entortillé les patates toutes nues de leur peau.

Nine adore Margueritte, et ses cheveux blancs qu’elle noue en rond chignon sur son cou; et le vieux tablier gris qui ceint toujours son ventre à tant d’enfants, dont le nœud, derrière, retombe sur ses larges fesses. Margueritte est un constant mouvement, de tôt matin à jusqu’après souper. Elle est toujours avec un sourire quand ses yeux tombent sur Nine. On dirait que Nine l’illumine.

A suivre ... :)
Ut le 26/02/2009

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 21:11

Deux jeunes, presque encore enfants, marchaient sous leurs lourds sacs à dos.

La nationale était vide et souriante, mais ça ils ne le voyaient pas: ils étaient ahuris du manque de sommeil de nourriture et d’eau.

Ils n’entendaient même pas le bruit que faisaient leurs pas sur la frontière caillouteuse de l’asphalte.

Et puis d’un coup une voiture anonyme s’était arrêtée juste devant eux, et un homme maigre et rarement blond leur avait demandé s’il pouvait les conduire un bout de chemin.

La fille avait regardé son compagnon de route… il était encore hagard de ce qu’elle lui avait imposé quelques heures plutôt: planter sa seringue à bonheurs dans l’écorce d’un petit arbre. et reprendre la marche, complètement seul, sans plus aucun rêve synthétique pour combler la misère.

Il avait dit Oui au chauffeur, et les jeunes s’étaient installés dans la voiture.

Rien: ils avaient roulé dans le vide, comme si l’humain qui conduisait était creux, du bout maigre de ses cheveux à l’ombre des orbites, à l’aigu des genoux qui cachaient les pédales.

Le junkie était à l’avant, la jeune-fille à l’arrière.

Le mec parlait sans rien dire.

A la nuit il avait arrêté la voiture devant un motel, et avait invité les deux jeunes à manger avec lui.

Pendant le repas il leur avait dit qu’il partagerait sa chambre.

La fille ne voulait pas: elle avait peur de ce mec qui ne trimbalait même pas un rayon d’âme avec lui.

Le jeune-homme avait trop besoin du suicide du sommeil pour refuser.

Alors ils s’étaient retrouvés tous les trois dans une minuscule chambre d’hôtel qui sentait le lino. Dans le coin droit, tout contre la porte, il y avait un lit pour une seule personne. En face du lit, une salle d’eau. Au bout du lit une fenêtre.

L’homme s’était allongé tout habillé. Il parlait au junkie assis sur le bord du lit.

La fille s’était posée sur le large et froid rebord intérieur de la fenêtre, le regard accroché au rideau fermé, tous ses sens aux aguets.

Quand le mec était allé prendre une douche, elle avait dit au junkie qu’il fallait partir. Il avait essayé de sourire, n’y était pas arrivé à cause des gerçures sur ses lèvres, et s’était pelotonné sans répondre.

La fille avait de nouveau regardé un point jaune du rideau qui sentait la poussière rance; elle attendait que le malheur tombe.

Et des bruits comme une lutte silencieuse; et la fille qui se retourne. D’abord elle n’avait vu que les yeux perdus du junkie, grands ouverts sur l’absurde: le mec vide était en train de le sodomiser.

La fille avait fermé les yeux sur l’horreur, ramassé ses jambes sous elle… elle n’avait même pas été capable de prier.

Plus tard il y avait eu le bruit indécent du vomi; de la chasse d’eau.

Avant de complètement s’arrondir sur ses jambes et enfin fermer les yeux, elle avait vaguement aperçu le couple endormi sur le lit: le mec entortillé dans les draps; le jeune en boule à ses pieds, à peine dévêtu.

Et puis ça avait été le jour, et le mec qui leur disait de ficher le camp.

Dehors il pleuvait.

Longtemps ils avait marché sans se dire.

Quand la parole était revenue, le junkie bégayait.

Ut le 10/02/2009

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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 22:41

I
ls effleurent
De baisers mouillés,
Transparence et pureté

Ils se meurent
En un linceul
A peine sur le monde tatoué

Ils crissent aux douleurs
Des matinales gelées

Ils se tassent par milliers
Sur un coup de pied

Ils noient le ciel
De pâleur argentée

Ils douchent le soleil
De velours immaculé

Coton
Flocons
Cristaux de silence.

Ut le 08/08/2008

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 22:48
De chaque côté de l'or fané des herbes fauchées, inégales et dures, plus vraiment pâtures, déjà foin, prêtes à l'hiver des bêtes, s'ouvrait l'entaille d'un chemin de terre et de graviers qui escaladait droit à l'assaut du Mont du Goûter, du Mont Blanc.
C'était le chemin de mon enfance, le chemin de la Calougeotte.
En patois des Alpes, la Calougeotte signifie le poulailler. C'était l'abri de bois qu'avait bâti mon grand père contre la guerre, peut-être bien un peu repaire de maquisards.
Après avoir séparé les champs le chemin s'incurvait, montait encore plus dru au noir d'une forêt de sapins couverts de larmes de résines, et de géants mélèzes gris-bleu.
A un instant précis, sur la droite, juste à la commissure du sourire de la courbe, j'avais piétiné ma propre sente d'herbes couchées; profond zigzag au milieu des horties.
La sente invisible menait à ma découverte, sur l'impatience inoccupée des longues journées  d'été de mes onze ans, à un vieux Trésor. Un de ces minuscules abris de rondins de sapin qu'on trouvait dans tous les jardins de mes Alpes.
Il était à l'abandon, et l'arc sans porte de sa bouche m'avait appelée à l'intérieur, ce jour de grande colère, d'errement, de haine aux adultes.
Son toit était écroulé en pente à l'intérieur, effondré au milieu des herbes repoussées.
Le premier jour j'y avais dérangé une vipère.
Le troisième jour le Trésor était garni d'un rideau en guise de porte, d'un tapis, d'un siège de bois, d'une table de pierre, ma dînette dessus, et habité par mon gros poupon rose-sale que j'avais assis là, sur un vieux plaid troué, seul sur le remord que j'en avais de le quitter à chacun de mes retours à la Calougeotte, au monde adulte.
Un soir, en catimini, j'avais pris ma carabine à air comprimé et la grosse pomme de-terre qui me servait à en fabriquer les cartouches, et j'avais marché à ma demeure avec dans l'idée de ne jamais rentrer.
De cette courte nuit je ne me souviens que du noir intense, presque phosphorescent, épais de bruits craquants, d'un coup stridents, quelques fois en haleines à peine respirées; des appels sourds des hiboux; d'une peur ahurie, solitaire, qui m'a fait tenir, assise dans le plaid, le fusil chargé à la patate entre mes jambes croisées, loin, loin sur le matin.
Je n'ai jamais su si j'avais dormi.
J'étais transie et couverte de  rosée glacée quand j'ai enfin décidé de réintégrer, accompagnée de ma carabine,  le lit froid et humide du manque de mon corps qui m'attendait, impersonnel sous son énorme édredon marron, dans la petite chambre blanche du bas de la Calougeotte.
Enfant, je ne suis plus retournée au Trésor.
Et quand bien des années après je l'ai cherché, je ne l'ai jamais  plus redécouvert.
J'y avais, cette nuit là, laissé tous mes trésors et mon gros poupon.
Ce fut quelques journées plus tard, sur un clair matin de ciel à peine bleu, menotté aux ardoises des montagnes, qu'en grimpant le chemin de terre et de gravillons pour rejoindre la Calougeotte, j'avais croisé mon premier amour.
Il n'était pas très grand, plus du tout jeune, et portait beau gilet canne et chapeau.
Il descendait le chemin, droit comme un I.
J'avais baissé la tête, éblouie.
De ma vie je ne l'ai revu.
Cet été là j'avais pour la première fois perdu quelques trésors d'enfance.

Ut le 01/08/2008

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donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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