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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 16:38

A l'usage que tu en fais, il faut que tu en parles encore; de ton coeur.

 

Au ronron qu'elle m'en donne, il faut que je la caresse encore; la chatte

Féline, yeux fentes, et corps qui pèse rien.

 

Cinq heures.

 

Prendre sa toute petite tête entre mes mains

Laisser provoquer et retenir mes doigts; câlins.

 

Grignote le stylo.

S'étire sur la feuille; sur mes mots.

 

Cinq heures.

 

Toute petite lumière satin, d'à peine écrire; la nuit.

Se dire à l'encre et dans la tête matin...

Qu'il ne fera pas froid à l'âme; aujourd'hui.

 

Dessiner dans l'air des volutes de chants muets

Programmeur d'opéra du jour, devant, s'ouvrant.

 

Cinq heures.

 

Ne pas rater du tout:

Lumière, concert, paupière de verre

Ouvrir, jouir, sourire, remplir; le coeur à vivre.

 

Bavarder tout l'temps; le mot.

 

Cinq heures.

 

Féline patouille, rapide, rieuse; le capuchon.

Ma main gratouille; sourire, la fille, et l'encre clairon.

 

Jeter, lancer; l'âme à toute vitesse

Sans faims

De riens

 

Remplir, construire; donner sans fin.

 

Cinq heures.

 

Pas s'en sortir d'écrire...

 

Ut le 16/11/2009


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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 12:30


                                                                      Couleurs de Bretagne.


      C'était imprévu, comme un murmure ce matin dans mon courrier:


«Ton cœur, chaque seconde

Me comble et me torture
Il fait ma sépulture
Puis me remet au monde»

Dans "Le silence des amours" de Mino Ratovondranto



«Le silence

c’est simple comme une herbe
c’est caché derrière les bruits
tapis dans le creux de l’oreille»

Dans "La Dérobée" de Nathalie Simon



«Marche rouge

A l’ombre du vide
Le verre bascule transparent, contre la sueur
           De l’océan.»

Dans "Fleur sauvage" de Gaëlle Jezegou



«Etre nu
Recroquevillé
     Vieillard
        Dans son lit
              D’indigent
                 Comme une boule
                 D’enfantillage
                 Qui cherche la tendresse d’une mère»

Dans "Fulgurance de l’ombre" de Laurent Bayart




«Ce morceau de ciel que j’avais au temps,
Seul souvenir.»

Dans "Si sensible" de Erwann Gauthier de Kervouyec




«Soudain le chant
d’un oiseau mort
s’élève
parmi les clématites
égratignant l’été »

Dans "Le chant des vignes" de Jean-François Roger




"Une voix dont l’ambre
S’enfle et s’étrécit
Rauque et doux dans ma chambre,
Telle à ma merci."

Dans "Ponderale" de Yan Balinec


Comment le savais-tu Danièle, que j’ouvrirais en premier « Le silence des amours » où tu avais glissé la petite carte avec tes mots?
Tes mots commentaires; tes mots dont le lien manque dans "Mes amours".


Ut le 26/10/2009


Tous ces receuils sont édités par AN AMZER.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 22:04

Paravent Christian Lacroix

On dirait que son sang coule à peine, tellement elle est blanche.

Et même la poudre sur les rides ne dessine pas son visage sous le chignon fou à bandeaux de brun-or.

Elle est une apparition belle comme le temps ancien; comme si le monde était trop pressé sur lui-même pour lui faire place à elle, si grande, si droite, si fière; et si vieille.

Elle marche sur des bottines noires à talons aiguille, et dans une robe fuseau brun-vert lacée de grands nœuds aux chevilles, pour faire comme des pétales sur ses jambes fines.

Le monde, les micros, la télé, elle s’en fout; le vernissage, elle s’en fout:

Elle cherche le bon angle, le beau noir, le blanc qui respire; la photo vraie qui parlerait.

Elle est tendue sur l’expo’, regarde.
Elle est regardée.

Elle est le chef d’œuvre de la soirée, et son parfum la signe.


Ut le 12/10/2009

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 15:55

C'est fou ça, comme il mange les peurs.


Comme un ogre.    

 

Il les mange aux sueurs de ta peinture: il trempe tes doigts de couleurs, et tapote le sombre; exhume les caresses du coeur chu; transpose les gris en noirs; ouvre l'espoir des blancs; danse les verts, les jaunes, les bleus, les ocres aux roses; qui s'affrontent et se fondent; et s'alliancent.
 
Il déchiquette la mort en petits mouvements de plume, en effilés légers;
pour soulever l'ombre, s'apaiser lui-même; gagner l'équilibre.

Grand oiseau.


Il cherche, il cherche; et transforme; et déforme; et construit, bâtit... Tombe... recommence...













C'est fou ça, comme tu manges nos peurs, éclate nos douleurs; exaltes l'escalier de soi; la couleur de soi.
 Comme tu effleures l'horreur; presque l'efface.

Et puis tiens le fil; et tends l'écheveau; et tisses et tisses ton Art de toi à moi;
 à nous.











Toiles de Monsieur Fernando Bronchal-
Tilk 



Ut le
01/09/2009

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 06:53

Ils ont beau arroser les dalles en bas, jets bruyants guidés de cris brefs et gourds dont les échos réveillent les sommeils en sueur, la fraîcheur sèche au sol, n’a même pas le temps de dessiner quelques marques sombres par terre.

La mer transpire, lourde et plate.

Et pourtant le ciel est blanc comme avant la neige.

L’eau salée est partout: dans les draps, sur les corps, à la place du chien qui vient de se traîner deux mètres plus loin sur le carrelage.

L’eau englue.

Même la transparence mouillée de la piscine hier était plus chaude que dehors, parce que l’humide vent du Sud giclait des brassées d’air. Il faisait tellement de bruit dans les palmiers qu’on n’entendait plus les nageurs, englués dans leurs longueurs: un bonnet à fleur d’eau, un bras dehors, et puis l’autre, et puis à peine quelques gouttes blanches au bout des battements inlassables des pieds.

Le soleil brûle, invisible.

Des hommes et des femmes vont mourir aujourd’hui; hier nuit; demain; le cœur trop serré dans les corps desséchés.

Tu bois l’eau, et elle a goût de pierre.

Tu douches le corps au jet froid, et le corps transpire encore.

Fiston a tenté de dormir par terre: rien à faire, le sommeil n’est pas venu le reposer, peau nue et trempée.

Pas une cigale n’ose prendre l’été dans ses ailes.

On attend. On attend. On se traîne à Carouf, même sans argent pour les soldes; juste pour sécher la sueur dans la clim glacée.

Je regarde les volets clos, le linge qui languit par-dessus.

C’est mon pays, si fort et si lourd qu’il freine, anéantit l‘humain; géant fier, ni domesticable ni domptable. Despote.

Ce pays qui m'a prise pour la vie; mariée à lui, pour le meilleur et pour le pire.


Ut le 07/07/2009;

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 11:37


Vitre sur dehors en reflets sur dedans, la solitude s’accoude.
Elle respire le gris de la pluie, elle murmure un brin d’ennui;
Elle s’enroule au nuage gris.
Dedans clignote ses loupiotes jaunes dehors et pousse la nuit,
Chuchote de petits éclats de vies,
Des conversations d’instants.
Le froid raidit un peu l’appui des yeux qui ricochent et retombent dedans.

Alors le regard du dedans soulève la vitre,
Egare ses perles de pluie;
Le regard du dedans n’a plus d’ennui:
Il reflète à la fenêtre son propre présent,
La ronde inerte du temps.

Vitre sur dehors en reflets sur dedans……

Ut le 23/09/2008

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 17:46


Au bord du ciel vide,
Là bas, tout au fond de l’Hiver,
Une étoile s’est décrochée.
L’a filé, l’a glissé, ivre et libre;
L’est tombée à mes pieds,
En plein dans une minuscule flaque d’été.

Etoile a décédé d‘Automne.

Cet Automne qui traîne le vent,
Charrie les océans,
Déchire tous les temps.

A l’entre quatre temps,
Passe d'Hiver à Printemps,
Des éclairs ont dévissé du ciel,
Tissé des syllabes en hurlant,
Pétrifié le soleil.

J’ai continué à marcher,
A enjamber tous mes temps
Du cri de l’aube au soir vieillissant;
Je suis morte doucement
A une encoignure d’été.

Ut le 16/09/2008

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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 13:57
Une pièce en peinture fraîche, bourrée d'enfants et de femmes et de filles en tenues de Dimanches.
On t'offre un café; tu te poses et tu regardes; tu écoutes ces femmes parler de peines, de parloirs et de numéros d'écrous.

Elle est belle, elle est blonde, et tu vois ses yeux qui tremblent.

Elle vient annoncer à son aimé qu'hier la mère est morte; qu'elle a voulu se lever; s'est cognée; est retombée.

Elle est belle, elle est blonde, elle est seule au monde.

Dans le petit parloir à l'oeilleton habité, elle a vu son aimé défoncer ses poings sur les murs qui l'ont enfermé.
Il a vingts ans... il crie encore... MAMAN!.......

Elle est belle, elle est blonde; et maintenant avec son bébé, elles sont seules au monde.

Ut le 29/08/2008
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 20:06
Apaisée
Son ventre en repos sur elle.
Elle plus jamais seule.

Ut le 22/08/2008
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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 16:59
Vous voulez qu'on vous dise la colère... Mais laquelle?
Celle de l'enfant qui piaule un caprice, un regardez-moi!, sur la note aiguë d'un cri répétitif?
Celle du père ou de la mère, lourde et fatiguée, qu'accompagne souvent la gifle qu'ils n'ont plus la force de retenir?
Ou la colère adolescente, qui descend dans les rues, qui défonce les vitrines, balance les pavés, brave, pure et belle et insouciante, les hommes en bleu qui ne savent pas comment faire pour ne pas trop abîmer ces jeunes de leur âge, malgré l'ordre préfectoral qui les somme d'arrêter tout ça?
Ou bien la colère du mari, impuissant à se vivre, qui met les poings sur la femme déjà meurtrie depuis des ans, pendant que les enfants pleurent: pas compris; c'est ça la vie?
Ou la colère de cette femme, justement, qui va crier pointu, à réveiller tout l'immeuble; qui va déverser les placards sur les sols, béer les valises et les sacs; tout fourrer dedans en hurlant que c'est fini; qu'elle s'en va avec les enfants?
Ou bien ma colère à moi?
Celle accumulée du temps, de tous les temps pourris qui ont fait mal à mon coeur. Ma colère qui m'ouvre les tripes et la tête, qui fait ménage, aère ces saloperies. Ma colère en mots vulgaires jetés sur le vent du vide, car il n'y a personne pour entendre. Ma colère frappée aux portes aux fenêtres, en éclats, en défonce. Ma colère balancée à Dieu qui finalement n'y comprend rien à toute cette humanité qui dérape et qui s'étripe.
Ou bien alors toutes ces colères ensemble, qui ponctuent chaque désespoir; lavent les vivants, honorent les morts, déroulent des flots d'encres... et puis retombent dans les silences infinis du grand mépris du monde, de sa superbe indifférence... celle-là même qui rallumera toutes les colères... perpétuelle ronde en farandoles aveugles et bien vaines dans leur démonstration d'immonde.

Ut le 21/08/2008
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  •  Elle est comme la note, volatile et grave. Elle écrit comme elle peint: pour oublier de se souvenir, et donner en partage; participer à l'ouvrage. 
donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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