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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:53

 

Catherine-et-Steve.jpg

 

 

Je me souviens d'elle loin.

Catherine avait son visage de terre stérile et de vent sec.

Et pourtant je voyais que ses yeux avaient pleuré juste-là ; d'ailleurs, bien qu'elle soit aride, elle roulait un mouchoir en papier épuisé sur la peau grave et parcheminée de ses maigres pomettes.

Elle m'a vue et elle a souri.

Ce sourire qu'on aurait dit sans dents à cause de l'afaissement du nez cassé et des lèvres étirées si haut vers ses petits yeux verts. Tellement verts.

Il n'y avait que Catherine pour sourire comme ça.

Il n'y avait que Catherine pour parler comme ça aussi, avec une voix si grave si douce et si implacable tout en même temps.

Une voix de cailloux, d'herbes jaune, d'Alti Plano venteux.

Catherine était ma soeur, mais elle n'était plus qu'une infime partie de moi-même : la racine du ventre de notre mère.

Et je l'aimais ainsi.

Et elle m'aimait aussi.

Comme Catherine peut aimer : comme une rafale de vent dur mais souple ; infinie caresse corps à coeur.

Elle aime son Dieu pareil.

Et elle le dit pareil.

Parce que n'existe rien d'autre :

La vie même n'a l'importance que du passage obligé.

 

Et quand je l'ai trouvée endormie au chevet de son enfant mort qui souriait, elle faisait ce vent là. Pour lui.

Elle l'aimait par dessus la mort et son coeur cassé.

 

Il nous fallait boire à la mort.

Il nous fallait rire au nez de la mort.

Parce qu'enfin son fils ne souffrait plus.

 

Ut le 29/05/2012

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 07:13

 

 

Elle est rousse comme la terre endeuillée d'été

On marche à ses côté et on l'écoute et on la regarde

Et juste là le monde est Beau, l'humanité est Femme,

l'univers est Art... Le monde se créé.

 

Ut le 17/10/2010.

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 19:21

 

87921_insomnie.jpg

 

Dans les rues, ruelles... enfin tout ce qui fait une ville au petit matin couleur gris perle, ça grimpe fort dans les jambes ; dans le brouillard à peine déchiré du mauvais sommeil, du réveil artificiel.

 

Ca commence toujours par le « Zoouummm » du portable qui l'assied d'un coup, hébétée, sur le lit de nuit.... Heureusement que la chatte veille sur elle, tranquille et bossue sur ses pattes serrées, regard bleu penché, ronron velours.

Alors elle enfile (à l'envers souvent) le Tshirt qui lui a tenu trop chaud cette nuit ; elle rassure sa vie, en murmures, les mains dans la fourrure grise de la chatte qui s'offre.

Et puis elle se concentre pour ne surtout pas glisser sur les marches de bois de l'échelle qui la descend du lit vers... la ronde des jourd'huis : douche, café noir-tartines, maquillage un peu, parfum un peu aussi, eau et croquettes pour la petite chatte, mot d'amour mais qui n'en a pas l'air (quinze ans c'est fier!) pour le réveil du fiston des heures plus tard ; chaussures, sac à dos, minuscule glacière avec le repas-midi préparé vite fait en veille la veille, sac à main sur l'épaule, portable dans la poche à fermeture-éclair, clopes (tiens, il faut que j'en rachète), et tout éteindre.

Et fermer la porte.

Et faire gaffe à toutes ces tomettes disjointes ou cassées dans l'escalier aux cinq étages.

Et la lourde porte en bas. Tirer.

Et puis marcher.

Grimper. Au petit matin gris perle, dans le brouillard à peine déchiré du mauvais sommeil, du réveil artificiel... jusqu'à la gare.

 

Ut le 12/08/2010.

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 13:07

 

Jean-Baptiste Siméon Chardin 001

 Toile de Jean Siméon CHARDIN

 


Les femmes sont des patiences : le petit tas est là, à portée de corps et de coeur.

On le coupe d'une main, on le bat des deux, ou l'ouvre et le découvre, carte à carte.

Coeur, pique, trèfle, carreau... tout est là : amante, mère et valet.

Ceux qui n'y trouvent pas leur avenir ont oublié que la patience est le sort dans lequel il faut plonger sans réfléchir : la Chance n'est pas un prix ou une bataille, mais un don... celui d'accepter la profusion, de partager les petits bouts d'ensemble, de ne pas détruire les barreaux invisibles de la règle du Je.

 

Messieurs, à vous de couper....

 

Ut le 29/05/2010

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 10:59

Agbes-Saurel.jpg

 

Agnès Sorel "La dame de beauté" 15ème siècle

 

Ses petits seins à peine

comme une invite libre

enfantine

sous le débardeur d'été.

 

Ut.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 10:44

SP_A0356.jpg

Et ce serait comme si la vague n'était plus venue la lécher de frais, d'onctueux, de velours volupté.

Comme si la vague ne lui aurait plus fait l'amour caché, tu dans son corps brûlé du manque …

De cette solitude des femmes sans homme dans le lit comme dans le coeur.

Celles dont les sommeils ne sont plus baptisés que de rêves d'heureux.

Celles dont la vie s'efface peu à peu au quotidien si solitaire, qu'il en éteint le féminin dans le corps délaissé.

Celles dont la pierre d'amour n'est plus ; ne sera plus...

Et les projets s'épuisent ; et la vie ne suinte plus de la fente du monde qui tarit ...qui, nuit après nuit les flétrissent.

Et même celui ou celle qui les aime en secret n'y peuvent rien : elles s'assèchent les petites femmes seules dans leurs lits.

 

Et ce serait comme si la vague n'atteindrait plus son corps pour l'envahir et désaltérer les ridules de l'âge que la peau assoiffée transformera en rus arides et vieux.

C'est ça la vieillesse : c'est le manque de Toi ; de l'inondation de Toi.

L'nfertilité des amours mortes au ventre et à l'âme.

 

Ut le 20/01/2010.

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 06:00

Tu sais, c'est une grande femme.
Son manteau léger et noir lui fait une cape derrière ses jambes.
Elle marche vite, baskettes noires sans lacets et sans bruit ; juste devant.

Mais elle s'arrête souvent ; une main sur un poteau blanc, une barrière.
Petite tête blanche penchée.

Appliquée à remettre l'air dans ses tout petits poumons usés.

le 13/01/2010.
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 06:29



Chanson à boire au fin fond du creux de son lit, le verre de solitude remplit de noir,

A la santé des zizis :  article_red_wine.jpg

 

Il ne leur avait pas dit

Il ne leur avait jamais promit

Il mettait juste son zizi.

 

Flirt continu

Flirt assidu

Avec toutes les filles

Eprises de ses yeux gris.

 

Il a pas dit

Il a jamais promit

Il mettait juste son zizi.

 

Elles voulaient pas croire

Qu'son coeur était du gris de ses yeux

Elles pouvaient pas savoir

Qu'il partait avec celles qui offraient leur peu.

 

Il t'a pas dit

Il t'a jamais promit

Il a juste mit son zizi.

 

Il va pas y croire

Quand tu vas lui dire adieu

Et

Garde les toutes ces filles et leur peu

Et range le moi ce zizi

De tous les pas dits

Jamais promis!

 

Ut le 19/12/2009.


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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 08:24



Alors voilà Simone,

C'est Ut.

 

Votre bonbonnière de verre sertie de roses blanches ourlées, j'en ai fait deux objets :

La bonbonnière, dans laquelle j'ai mit un tout petit arbuste de piments rouges ; et le couvercle transparent avec son rond si rond pour l'ouvrir, que j'ai posé sur un autre plan de l'étagère noire.

J'ai donc reçu de vous deux cadeaux de verre.

Plus les chocolats.

Ca devrait être interdit de faire du chocolat comme ça ; dont on ne peut plus se passer une fois qu'on y a goûté....

 

Je ne voulais pas mettre les chocolats dans la bonbonnière : pour ne pas abîmer leurs formes poissons et coquillages ; pour ne pas tacher le verre.

Et puis maladroite comme je suis, j'aurais pu casser la bonbonnière en voulant la laver pour y déposer les chocolats.

 

Maintenant vous êtes translucide et fine, chez moi, avec quelques piments rouges et pointus : ça vous va bien je trouve.

Ca va à votre sourire.

Ca va à vos mains.

Ca va à votre aisance nette et droite ; si frêle.

 

J'ai mit rouge piment dans l'espace blanc de toute cette transparence... Ne m'en voulez pas.... Vous deviez être piquante comme ça.

 

Vous êtes vive et vivante.

 

Et comme j'ai adoré que vous aimiez ici!

Comme vous êtes simple et gentille avec moi!

Quel grand bonheur que Michel et moi nous soyons vus ; qu'il m'ait menée à vous... inimitable, imprévue, insoupçonnable, inoubliable; quand on vous a rencontrée une seule fois.

Merci mille fois de votre intérêt pour moi.

 

Merci au doux Michel aussi.

Merci à Denis d'être aussi beau.

Madame, c'est autour de vous que s'ancrent ces hommes.

 

Comme la bonbonnière ancre les piments rouges.

 

Ut le 04/12/2009.


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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 16:53

Illustration Belsoley


Noire, grande, fine.

Poitrine ; petit cul rond.

Noir , long, le pull ; sur rayures pantalon ; de gris.

 

Sourire. Grand,

des yeux, des dents, blanches ; des lèvres

Qui parlent ; qui déclament ; qui moquent ; qui rigolent...

Irma - et Folle de Chaillot.

 

Texte bégaye encore.

Corps bouge ; bouge.

Souple.

 

Sop!

Gestes suspendus, accrochés à l'air du monologue.

Recommence! Tu te mets là ; et puis tu fais ça ; et comme ça. Tu vois?

 

Pas grave : sourire.

Recommence à bouger ; à dire.

 

 

Et Lui ; Lui à Elle ; là.

Djembé enserré.

La suit ; du regard, des mains ; des sonorités, frappées, glissées, roucoulées ;

lisses où tendues.

 

S'approche. Recule. Le touche, le happe ; fond des yeux noirs.

 

La jeune fille déclame

Sans dire ; l'amour.

Djembé l'accompagne.

 

Ut le 19/11/2009


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donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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