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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 19:28

La nonchalance chaude d’été étant décédée d’un coup de température, le SDF Mistral ayant repris sous sa langue la vallée du Rhône et ses alentours pour en siroter jusqu’aux moindres éclats d’eau tapis sous le plus vieil arbre de la plus profonde des combes, les habitants de Toulon se sont calfeutré leurs corps des restes de soldes du dernier hiver, pour se rendre au doux foyer du boulot….

Et en ce Lundi six Octobre 2008, j’en retrouve une certaine quantité de ces « actifs« , ramassés sur les quais de la gare, transpirant de foule, le regard accroché au panneau d’affichage des trains au départ; tableau noir qui convertit d’un clin claqué toutes ses lignes scintillantes de « 30 minutes de retard« à « retards indéterminés ».

On a l’habitude… toi aussi qui me lis: je ne te les raconte pas toutes, mes « difficultés d’acheminement du personnel » ou du «matériel » de la SNCF, mais suffisamment pour que tu ais déjà envie de quitter ce bégaiement pour aller visiter un peu de neuf, de vivifiant et de moins banalement civilisé….

Avant de partir il faut quand même que tu saches: dans le TER qui, à grands renforts de micros hululant, s’est enfin décidé à dérouler lentement les voies désertes sous ses pieds d‘acier ( je n’aurai qu’une demi-heure de retard, cela s’appelle un abandon de poste dans mon métier; et la confrontation que j’avais convoquée risquait de se transformer en pugilat d’impatience en valeur ajoutée au stress et à la vision de l’être détesté assis là, en face, et qui rumine de même, en attendant de débiter toujours les mêmes mensonges au gardien de la paix qui tarde!) je disais donc: dans mon wagon papotent trois contrôleurs!
Pour gommer l’envie des mots qui fâchent, je file mes yeux aux fenêtres : nous traversons, au pencher d’une courbe ferrée, un ilot de douces collines noires, toutes décoiffées de troncs brisés ou calcinés: théâtre du dernier feu de joie offert à M. Mistral, vite, vite avant l’hiver qui éteindra la chaleur avant même que la flamme ait cabriolé sur le premier pin vert de peur.

Je laisse une larme sur cette misère, et le regard de retour à mon présent, naïvement j’espère qu’à Marseille, terminus du TER, les conducteurs aux trous noirs et hurlants du métro ne seront pas en grève….

Ut le 06/10/2008

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Published by Ut - dans Grèves
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donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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