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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 10:00

 

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On avait fêté ses 23 ans une bonne semaine avant la vraie date, parce que les médecins nous avaient dit qu'il fallait se dépêcher.

Sa grand mère française lui avait acheté des glaces et des petits gâteaux multicolores chez un grand pâtissier parisien... lui qui ne connaissait guère que les soupes des légumes arides qui osent pousser près de l'Altiplano, à 4 ooo mètres...

Plus habitué à la feuille de coca qui coupe la faim, et aux alcools frelatés qui coupent l'ennui, qu'à tout ce qui fait douceur au palais et au ventre, et à l'âme.

 

D'ailleurs il ne pouvait plus vraiment manger : son foie faisait un petit mont dedans son ventre.

 

Surtout il était heureux parce qu'on s'était cotisés pour lui acheter la console de jeux dont il rêvait... Alors il sautait, comme toujours quand il en avait la force : presque sur place, avec une intensité animale. Et il parlait fort et vite, et ses mots en forme de moraine tombaient comme des intrus dans le silence moribond de la maison médicale.

 

Il était un petit animal maigre, fougueux, avec des yeux d'ombres, un visage acéré, des cheveux noirs raides, forts comme une touffe d'herbes des hautes plaines désertiques.

Quand il souriait on aurait dit mon dernier fils.

 

Pour pas qu'il pense à sa mort, sa maman réapprivoisait les mots français si vieux de sa jeunesse, et, à toute heure du jour ou de la nuit, leurs deux visages côte à côte tendus, lui traduisait en espagnol les dialogues au fur et à mesure du défilement des films sur le petit écran là-haut de la télévisoion : ils avaient épuisé le stock de films espagnols du petit loueur de la rue commerçante tout près où ils se rendaient tous les jours, lui en fauteuil roulant, elle comme une ombre scellée, fière, droite, grande et maigre, avec son visage taillé de vent et de montagne.

 

Paris préparait les fêtes de fin d'année.

 

Un après-midi il est mort. Le jour de ses 23 ans venait à peine de passer ; le jour de l'an aussi.

J'ai retrouvé sa maman dans la chambre vidée de tous leurs objets familiers, assise tout près du petit corps brun qui avait un sourire et les yeux entr'ouverts.

 

Ut le 04/03/2012

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 09:38

 

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Quand Immobile écrase le rêve

 

Quand Désir s'empale sur quotidien avare

 

Quand Prudence s'accoquine avec "Silence!"

 

Alors.......

alors Mort a la vie sauve....

 

Ut le 23/09/2010.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 06:44

 

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Son corps très droit.

Les bras au corps.

Les avant-bras devant, à angle droit.

Au bout les mains, molles, pendantes.

A petits pas il avançait.

 

En face une fenêtre ; la lumière....

Et la fille ronde et vive qui le Regardait mâcher le fil muet du tunnel.

 

Et le futur aussi n'avait plus rien à dire ....

 

Ut le 11/05/2010.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 07:48

 

IL est ce pays de feu, sombre et rutilant comme une braise l'hiver.

IL est le parfum d'ombre et de poivre comme l'arche de l'âme dedans.

IL est un homme de nuit qui met des yeux de rires dans la cécité de mon coeur.

 

IL est aveugle.

 

Ut le 07/05/2010

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 08:02

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Tu sais, il m'a dit « Je t'aime. »

Enfin!

Mais il avait ces yeux verts et froids qui regardaient trop loin.

Tu sais.

J'ai ri.

J'ai ri jaune....

Tu sais bien comme ils font les garçons : ils jouent l'instrument du corps : ils te bisent, te disent, te lissent... et hop! Tout d'un coup tu te crois belle, et attirante, et tu ne veux plus qu'une chose : leur plaisir et les baiser.

Parce que c'est ça : c'est la fille qui fait l'amour au mec ; pour que son truc-sexe se lève, concrétise ta beauté.

Toujours.

Et lui, il fait confiance à son truc-sexe... et ses yeux verts s'oublient sur un des murs de la pièce.

S'oublient à ne même plus te sentir Toi ; juste corps à jouer et se faire plaisir.

Musique. Tu sais.

Et si nous étions deux femmes dans le lit, ses yeux verts se fermeraient peut-être pour mieux se concentrer sur le plaisir, mais rouvriraient vite leur regard vide.

Le regard de dedans le corps ; pas sur.

 

Et il dit « Je t'aime. » Pour recommencer. Pour la prochaine fois. Le prochain corps à son corps.

 

Mais après tout.....

Pourquoi mettre de l'âme dans les effleurements de corps? Du « je t'aime » dans les sucs des corps?

Qui le demande?

 

Dieu créé ; procréé... d'amour pur???

 

Créer et procréer. Dualité âme et animal.

Tout est là, tu sais.

Tu sais.... Ah! Ce besoin d'enfant de lui!

Enfant objet trépignant et toujours, toujours visible, dès le ventre engrossé déjà, de ce truc dur et érigé pour moi. Pour moi seule, ce coup là.

Et les yeux verts de l'enfant né ne diront rien à personne ; rien de la bête assoiffée d'yeux que je suis.

Serai.

Mourrai.

Tu sais.

Tu sais bien.

 

Enfin... il m'a dit « je t'aime »....!

 

Ut le 26/03/2010.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 09:51

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Photo Paperblog


Je pense qu'elle était tombée amoureuse de lui presque la première fois, la petite femme d'âge.

Enfin, d'âge ...c'était difficile à dire, son âge, parce que sa rondeur n'avait pas laissé se creuser les balafres des rides.

Mais presque la première fois, oui, parce que juste l'écart de temps de la surprise ; certainement... elle qui vivait comme un boulet de canon, et puis seule depuis si longtemps...

Enfin bref, comme il était quand même plus jeune qu'elle, elle s'était dit qu'elle pourrait s'en faire un ami... ça ne risque rien un ami, et puis ça remplit de présence ; au présent ; de pré...


Alors elle l'avait emmené partout où elle connaissait ; fait visiter, présenté. Et il l'avait même invitée chez lui pour le café.

 

Mais aujourd'hui elle a la bouche qui flanche : je la vois bien qui tombe de chaque côté des lèvres serrées ; quand elle ne fait pas gaffe...

Et qu'elle le regarde ; garde...

 

Ut le 11/03/2010.

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 06:53

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« Tu ne tueras point! »

 

J'enfoncerai mes poings dans son âme

Je viderai son ventre de mes mains

J'écorcherai la peau de sa cervelle

J'y piocherai l'Un

Je le détruirai.

 

Ut le 06/01/2010.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 12:37

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Illustration de chez Lobita.canalblog


Une, pendue à sa clé... en
Tricotis vieux d'anonyme craquant
D'encre et de sang mêlés

Ô ami, donne moi un peu d'air à murmurer!

Ut.
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 07:25

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Tu,

Tu l'as brisée,

cette force qui nous planquait l'un et l'autre à l'ombre des jours d'hier, des mémoires à tiroirs débordés, des barbelés suintés de gris pointu.

 

Toi,

Du premier mot tu l'as écartée, l'attente aiguë...

et enfin,

déroulé les clos, bobine fermée, fil caché...

Aveu au grand jour.

 

Tu,

Tu es les mots entre nous crochetés,

chaque instant plus serrés et plus sus ; d'avance reconnus.

Des tiens aux miens ; au nous.

A l'un.

 

Tu,

Tu m'as donné le vent, l'or et le bleu ;

et le salé léger, ténu têtu, de l'écume collée aux lèvres ;

et le ventre de l'eau pour ton doux blottit ;

et même le feutre léger d'une pluie d'été, pour nos rires d'air...

les rires silences sans plus un mot.

L'heureux....

 

Tu,

Tu es ma respiration au soupir à présent à peine, de l'éveil doucement, qui comme un rideau défroissé

naît de jour les espoirs de nuit rêvés....

 

Et,

Et on s'en fout bien, du mot amour

car dans tes yeux il y a bien plus que les mots à si mal dire...

 

Toi présent, infini au temps


Tu m'es vie, présent toujours

Aimé!

 

Ut le 26/12/2009.

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 07:10
Mes amours du blog, ça va peut-êtree vous raser, mais il était impératif que je le cie encore celui-là... crier c'est mieux que Rien!

Oeuvre de Guang Zeju



Toujours pensé qu’il y avait deux sortes de femmes:  celles qui ont un mec et qui ne le lâchent pas; et puis celles qu’on aime et qu’on met à la poubelle dès que ça complique l’amour.

Attention: c’est pas l’amour qui est compliqué… l’amour c’est donner.
Le compliqué, c’est comment aimer; et pourquoi. (Comme si comment et pourquoi étaient des questions à poser à l’amour!…)
Peut-être parce que la vie dehors, tout ça, ça compte tellement! Enfin; il semblerait.
Il semblerait depuis si longtemps!

Donc; les femmes qui gardent leur mecs envers et contre toutes, sont celles qui mènent tambour battant la vie dehors. Qu’elles font rentrer dedans. A la maison, je veux dire. J’sais pas comment…. Et l’mec se laisse aller… jusqu'à toujours. Même si au bout de toujours, des fois (je dis des fois, hein?) y a plus rien.
Tant pis pour l’amour.

A bas l’amour! Faut l’entretenir tout l’temps, et c’est pas pratique à vivre!

Alors....
Rester à côté, au bord, malgré la fusion et tout ce qu’il y a dedans, ça c’est la dot des autres femmes; celles des poubelles de vies.
Que de déchets!

Donc; il y a une femme qui vit de vie; et l’autre qui meurt de vie. Tout l’temps. Et tout l’temps les mêmes.
Et tout l’temps c’est beaucoup en heures de vies!
Et mourir, c’est douleur! C’est plus que mourir pour de vrai, puisque c‘est pour la vie...

La femme de la poubelle, elle compte plus la mort: elle fait son lit avec. Toute seule.

Et pis on dit d’elle qu’elle est forte! Oh ma chèrrrre, quelle courage! Comment faites vous? Et tous ces enfants avec vous? Toute seule!

Presque, les femmes de vie l’envieraient…

Ut le 11/11/2009


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donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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