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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 16:45

 

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J'avais pensé fort à la petite black mouche perdue dedans, cognée aux murs.

J'avais pensé : gaffe à Cali.

Cali la blanche, silence de fourrure et de pattes.

Accroupie les yeux fous : aussi vite que la mouche les yeux. Et la p'tite gueule qui tremblotte un miaulement acide d'envie, de désir, de guerre.

Et le lancer sans autre bruit que le mou des pattes par terre après. Juste une fois.

Et black mouche qui roule sur les tomettes dans un grincement de frelon ; qui cisaille ses ailes au rouge brique. Qui se soulève, retombe.

Assise sage, Cali me regarde . A peine si elle fait gaffe à la black qui se tortille et qu'elle envoie bouler centimètre par ci par là d'un coup d'un autre de patte recourbée velours ; pis qui me regarde encore, comme étonnée, fière et lointaine... la garce.

Et la black qu'arrive pas à mourir...

Quand Cali relève le cul, tourne le dos à la black mouche inerte enfin, laisse rouler sa queue panache tout là haut au rythme de son tango perso, je pince une petite aile translucide entre deux ongles, et je trimbale la black, pas plus grosse qu'un point après une phrase maintenant, jusque dans la bouche avide de la poubelle .

Clac .

On n'en parlera plus.

 

Ut le 15/12/2023

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:38

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Alors voilà :


- Me mettre un regard à filer droit devant, avec un sourire dans l’iris et des paupières à longs cils de khol, pour être à l’abri des yeux des autres et reposer ma misérable fatigue.
- Me mettre un sourire avec un peu de rouge à baisers.
- Me mettre une robe à découvrir les jambes, même aux regards-zizis des hommes au printemps.
- Poser un bijou de couleur, à batifoler sur la robe.
- Trouver un maillot de bain pour l’été à venir, et ne pas oublier d'en dénuder le corps à bronzette.
- Echanger le coin du cerveau qui dit toujours « Oui. Merci » contre un qui pense et écoute pour entendre.

- Echanger ma survie contre un rire à persécuter les jugements, les emmerdes.
- Echanger les mauvais rêves en dissonances, en gris et noir, contre un sommeil à repos; peut-être même tenter une petite sieste à canapé, pour les temps chargés.

- Une fois le  contrat à intentions accepté, trier les détritus d’hier, les jeter sans chagrin et sans honte, et mettre l’âme sous la douche à projets… et exister…

Enfin!

Ut
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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 05:00

C'est un moustique qui m'a piqué le poignet gauche.
Et ça gratte.
Alors je tourne dans le lit, et Cali entend le rythme changé de ma respiration... et juste dans mon dos un ronron chante.

Il fait chaud! trop chaud.

... Mais au coucher ce soir, enfin Noël sera passé, dépassé, oublié.... pour un an!

Alors je me suis leveé juste pour ne pas te dire :

A toi malade dans ton lit.
A toi sans une bouteille, crevettes, saumon, foie gras.... parce que sans Euros.
A toi qui aurait tout ça en solitude chez toi, pour partager... enfin, faire comme si.... t'étais pas sans famille.

Ne pas te dire cette phrase si triste : "Joyeux Noël!"

Je vous aime.

Dominique.
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 18:25

Confidences pour confidences, je vais te la dire, l'histoire... parce que ce n'est pas nouveau, les pauvres qui dorment et meurent de froid les nuits d'hiver.

Et dans ces pauvres, il y a les jeunes.

Ceux dont on parle moins parce que normalement ils sont bien au chaud chez papa-maman...

 

C'était à Grenoble ; un groupe dépenaillé, chelou.

Deux garçons, deux filles.... au début...

A l'époque la majorité était à 21 ans... élections obligent, elle a descendu d'un cran, ce qui met les jeunes encore plus tôt dehors...


L'une des filles avait quinze ans, se shootait à l'éther. Elle était petite, grosse, et montrait aux autres les bijoux qu'elle venait de voler aux Nouvelles Galeries à côté.

L'autre fille avait vingt ans, ne se droguait pas... avait juste plus confiance en papa-maman...

Le plus grand des gars avait dix sept ans, prenait surtout des amphets' et avait des boursoufflures rouges autour des deux poignets.

L'autre garçon avait seize ans, tout petit, blond décoloré … tu sais, celui qui se fait violer dans un de mes articles.... Il se shootait à l'héroïne.

Déjà il bégayait.

Ils avaient un squat délabré avec trois matelas, dont un continuellement occupé par des amoureux qui s'aimaient sans se déshabiller ; deux chaises et une table... enfin, des morceaux de deux chaises et d'une table, dans un vieil immeuble zonard de la banlieue pas trop loin.

Bien sûr ils ne pouvaient pas se laver : il n'y avait même pas d'eau, et les poux grouillaient d'une tête à l'autre. Les puces aussi ; c'est fou ce que ça gratte les puces! Et puis il y a d'autres petits animaux qu'on attrape quand on fait l'amour... ceux là, je ne les ai pas connus...

Un jour de pas parents à la maison, j'avais emmenés les trois chez moi pour le bain.... mais d'autres se sont greffés à eux et.... bien sûr, outre mon pantalon de cuir de bourgeoise, ils avaient prit l'argent planqué par mes parents... et tous mes vinyls!! (Semeuse, ils m'ont pris mes vinyls!!!)

 

Alors les deux mecs et moi on a pris la route, pour échapper aux parents-police (qui sait), et surtout aux compagnons-voleurs avec lesquels on ne voulait pas d'histoire.

On a passé la première nuit à un péage d'autoroute entre Grenoble et Valence.

J'ai réussi à dormir dans une cabine de péage, recroquevillée sur le sol.

Pas mangé ce jour là.

Pas fumé non plus.

Et pour que l'histoire soit tout à fait exacte, il me faut te dire que j'ai appris des années plus tard, que les flics de l'autoroute (CRS, donc) m'avaient vue, et m'avaient laissée dormir sans se montrer... même pas embêté les garçons...

 

Au matin on marche. Comme dit Monsieur Triste, les pauvres marchent pour ne pas avoir froid.

Mais ils ont mal aux pieds... et c'est pas joli-joli quand on retire les chaussettes!

Nous sommes arrivés à Valence je ne sais plus comment (tu ne penses pas quand tu as faim et froid : tu marches!). Il faisait un froid! Ben té, comme aujourd'hui!

Pire...! Je n'ai jamais eu aussi froid que cette nuit là, et pourtant, je suis chamoniarde!

Des zonards comme nous... parce qu'on rencontre beaucoup de monde, quand on marche, nous ont invités dans leur squat... Il y avait un vrai poêle à bois!!... mais nous n'avions que quelques journaux... pas de bois.

Nous étions tous assis contre le feu, en rond par terre dans la pièce vide, parce que pendant quelques minutes les journaux ont brûlé... sentir le feu, le chaud.... On riait!

Et puis il s'est éteint, le feu... et là, je te jure que je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit tellement je grelottais.

Tu as l'impression, à chaque instant qui passe, que ton coeur va s'arrêter ; ou bien que tes membres vont tomber... Et ça dure....!

 

Jusqu'au matin enfin! Au matin de la grande faim, (c'est terrible le froid, quand tu ne manges pas)! Nous avons pioché par terre dans la rue tous les mégots qui traînaient (c'est pour ça que je n'aime pas écraser mes clopes... mais dans le midi, j'ai bien été obligée d'apprendre, à cause des feux!)

Les feux ou les pauvres? Choisir...

Pareil pour la voiture : si t'as une vieille voiture, ne la ferme pas, la nuit : ça sert!

Bien sûr, ça ne sent pas trop bon le matin quand tu t'assieds dedans, mais c'est jute la misère, que ça sent...

On a défait les clopes, et on s'est roulé le vieux tabac déjà fumé dans les feuilles d'un des marcheur... une chacun!... Je te jure que c'est un super-p'titdej'... ça réchauffe la gorge et les doigts, les clopes!

 

Bref... on a refait du stop.. Tu penses!... pas un péquin pour s'arrêter, seulement rejoints par d'autres marcheurs.

...Et cette nuit là je n'ai pas eu froid!

Un des marcheurs avait un peu de shit, et l'a partagé... J'ai passé la nuit à marcher, et je me voyais marcher... Géant!

Tu comprends, pourquoi ils boivent, ils fument, ils se droguent, les pauvres?!

 

Si je compte bien, ça faisait trois jours le bain, l'un peu de pain chez moi, et du froid, du froid, du froid....

Très tôt matin une fourgonnette bariolée s'est arrêtée : nous y sommes tous montés, y compris le chien inconnu qui nous avait rejoint dans la nuit.

Il y avait plein de banquettes dans le fourgon ; le moteur faisait chaleur... je me suis endormie jusqu'à ce que le chien vomisse sur mes pauvres habits....

J'ai ramassé comme j'ai pu avec mon seul chiffon : mon soutien-gorge... que j'ai jeté par la fenêtre dès qu'il a été plein de vomi...

 

Le soir même, je ne sais plus dans quelle ville nous étions... j'ai couru (clopiné... on ne marche pas vite, quand on a mal aux pieds!) à l'église ouverte... ce devait être un dimanche... Un prêtre m'a reçue, m'a emmenée dans une salle où il y avait 4!!! cabines de douches pour les pauvres!!!

Il m'a donné une serviette, du savon, et... une culotte!... Et je ne l'ai plus jamais revu de ma vie! Même pas s'il savait mon prénom....

 

Et j'ai pris la plus belle douche du monde!!!!

 

Et ainsi de suite, et ainsi de suite... jusqu'à Lyon.

Moi j'avais mes parents, je n'étais à la rue que parce que je l'avais choisi.... mais les autres...

Je doute qu'ils soient tous vivants!

 


Dominique.

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 14:33
Brigitte lascombe


Brigitte sonne à toutes les portes, remue tous les intervenants, alors... 10 Euros pour un sac de couchage!... vous n'irez pas au ciné la prochaine fois, voilà tout!
S'il vous plaît!

Information à transmettre partout!!
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 14:50

Toile de Juliette  Beaudroit Copyright ©

                                                         Une toile

Un peu de matières
Un peu de blanc
Un peu de noir
Un peu de rose
     Un peu de bleu….

                                                … Pas si simple…

Devant la toile
Une femme
Une peintre
Une Dame aux doigts de bijoux
Avec deux yeux de ciel sous une longue frange
Une bouche volupté
La voix ténue, souple, rapide.

Autour d’elle
Quelques chats aux yeux verts, jaunes.

                                                  … Pas si facile…


Elle et son Ange petit Prince
Elle Orchidée mauve; Léone érotique
Elle et l’écrit en papier libre…

                                                       Pas si libre….


Mille et mille ans
Elle peint et repeint le même visage d’ange
Mille et mille ans
Le visage et l’oiseau pie

                                                       … Qui pique
Dit Juliette.

Ut le 23/10/09

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 19:14
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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 09:33


Son petit cadeau, ce jour là, était en forme de miche, dorée comme une lourde flaque de soleil.

Même pas un morceau de croûte à coller les dents; rien qu’un pavé de mie ferme et pleine.

J’ai donné l’ocre alvéolée à l’enfant; et il a plongé les mains dedans, émietté  l’or brun.

Et sa bouche s’est barbouillée d’étoiles, comme ses mains, comme son sourire qui disait: «C’est bon le bon pain!»


Le pain offert comme la vie; le pain qu'on rompt pour  le partage...

Tu es la mie de mon âme, et jamais je ne pourrai perdre ton goût; cette gourmandise de Toi.

Ut le 23/09/2009

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 05:49

Les gitans squatteurs de nuits descellent le silence, brûlent le soir de leurs yeux noirs, écaillent l’été sourd et lourd de cris d’enfants, de crasses éraillées, de guitares aux plaintes indéfiniment désaccordées.

Les chevelures des femmes font des feux-follets sombres.

Les doigts des hommes grattent et claquent des rythmes stridents et graves comme du cuivre.

Et la couleur de tous ces bruits balance d’un coup de rein des volutes effrontées, des robes sensuelles.

C’est comme si le soir déshabillait ses couches de misères, et mettait des rires saccadés aux galères, des chants sur toutes les faims; rutilait de survivre.

Au bleu de la lune, les gitans squatteurs de nuit ne comptent plus, dans les creux des paumes sales, le tintement des pièces quémandées; dépensées.

Les squatteurs de nuit remplissent l’été rauque et ivre.

Les gitans traversent le temps… 


Ut le 16/08/2009

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 08:02

Les enfants ne comprennent pas le temps. D’ailleurs ils n’ont pas de temps: pour eux il est toujours temps, qu’ils jouent, qu’ils dorment, qu’ils mangent: c’est pas décompté; c’est en continu. La vie ne file pas: elle est présente; tout le temps.

Dali a peint les montres molles, qu’ont perdu le temps, tic-tac éteint par les couleurs du pinceau.

Il existe des bonbons en forme de montres. Ils sont mous, et avec mes enfants on les déguste très souvent; histoire de pas se prendre au temps. Les enfants adorent manger les montres.


Comme les adultes sont pris par le temps, il leur a été donné un faux temps; un temps distordu et devenu incompréhensible; le temps offert pour récupérer: le temps de la nuit et des rêves.

Mais ils l’occupent sans vraiment s’en soucier; ils disent qu’ils ont besoin de se reposer, de dormir………..

Et pourtant ce temps là (si on peut parler de temps), c’est leur seul moment d’univers. C’est là que se partagent le passé le présent et le futur; c’est là que se mélangent les existences connues ou inconnues; c’est là que la pesanteur des vies n’existe plus.

Et si on faisait bien attention, on pourrait mélanger le jour avec les failles du temps: il suffit d’un souvenir, d’une odeur, d’un frisson…..
Je crois que pour bien l'apprendre, il faudrait dormir tout éveillé!

Ou oublier de compter; oublier l’algèbre, ce truc arbitraire qu’on s’est senti obligé de poser en paravent entre l’espace et nous.


Peut-être; peut-être qu’en allant tout au bout du temps perdu, on découvrirait la mort………. Et que c’est pas si triste, parce qu’ils seraient tous là, nos perdus, nos manqués, nos amours et nos peines: dans le temps oublié de l’infini. Là d’où l’on vient; là où on va…..

Quoique toutes les montres du monde en disent!


Ut le 05/08/2009

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donner l'encre ou les couleurs de sa symphonie à une note.
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