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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 15:59

 

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Raphaël Demarteau

 

 

Ce matin, en réponse à un commentaire sur le blog d'une amie très chère, je n'ai entendu que ces deux mots : «très égoïstement»....

 

Pour se cacher de ce qu'elle était en train de réaliser, très égoïstement elle s'était effondrée par terre avec dans la bouches les quatre syllabes improvisées pour un duo improvisé.

 

Le cadre était magique d'arbres calmes, protecteurs, d'eau verte, de bougainvilliers outrageusement exhibitionnistes.

Le cercle des autres invités était silencieux ; un peu tendu de ce qu'on attendrait de chacun d'eux... ou de ce que chacun attendait de lui-même...

 

Sa jupe noir en corolle sur ses jambes, les mains sur son visage, elle pleurait les quatre syllabes qui ne voulaient encore rien dire ni pour elle ni pour sa partenaire ni pour les autres autour.

Alors l'inconnue, l'autre actrice improvisée, a tourné autour de la fille qui pleurait par terre ; l'a questionnée, relevée... et une histoire unique et éphémère s'est déroulée mot après mot, geste après geste, et s'est renroulée sur sa propre chute inattendue, à l'insu de ses deux interprètes, au milieu du cercle attentif et poreux.

 

Ut le 13/07/2011

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 04:39

 

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C'est ce soir à 20H, allée des Tamaris, domaine d'Amicis à la Seyne-sur-Mer, au-dessus de l'eau, en plein dans le domaine des cigales.........

Réservations : Tél. : 04 94 30 55 00.

3.nfb.ca

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 08:44

 

Il semble doux soleil (chaud?) dehors, par la petite fenêtre.

Mon corps est froid : il a un rhume depuis quelques jours... adieu mer, froufrou des vagues et gribouillis du vent dans mes cheveux : j'ai une veste de laine noire sur le dos.......

Au théâtre nous étudions une pièce de Meeterling : "Barbe bleue"... jouée deux fois seulement, je crois. En fait c'est un opéra. Nous le mettons en scène comme une tragédie.

Peut-être la fièvre? Ou le lever trop matinal pour cause de nez bouché?

Ce matin j'en ai fait une anti-thèse ; ou un Barbe bleue de nos jours.

Je vous le  donne (attention, c'est une tragédie:))

 

ANTI-THESE DE BARBE BLEUE

 

Lieu : Un salon dans une cité HLM

Personnages : Aïeule (Manga) – Mère – Fille à marier (Yasmine) – Sa copine (Aurélie). Barbe bleue.

 

Scène I. Yasmine – Aurélie – voix de Manga.

Le salon est vide. Un canapé borde la pièce en demi-cercle. Il y a une table basse et une télé dernier cri, et un immense frigo. Au fond de la pièce, trois portes.

 

Bruit de scooter. Entrent deux ados casquées.

 

Yasmine : T'as vu, trop cool l cours de français! Ce Barbe Bleue est un vrai salaud!

Aurélie : T'as raison! Tuer ses femmes parce qu'elles désobéissent!

...Il a déjà frappé ta mère, ton père?

Yasmine : Une fois, je crois. .. Une nuit. J'étais chez toi. Quand je suis rentrée maman était plus là, et Manga m'a dit qu'ils s'étaient disputés. Quand maman est revenue, après le travail, elle avait une tache bleue sur la joue. Elle a duré quinze jours la tache....

Et ton père?

Aurélie : Tu connais mes parents... mon père irait au feu pour ma mère... Pas pour moi : on ne peut pas avoir deux amours de vie.

Yasmine : Parce que tu y crois toi, à l'amour?

Aurélie : Bof... on s'en fout un peu, non?

Yasmine : Et l'amour avec un garçon?

Aurélie : J'aimais bien Aldo.

Yasmine : T'as pas voulu me dire pourquoi vous aviez cassé....

Aurélie : (hausse les épaules, tourne le dos à sa copine) : Bof... Pour rien ; on passe.... Y en aura un autre. Et puis un autre....

Elle se retourne : Elle est où ta grand mère? D'habitude elle est assise dans le coin gauche du canapé, à regarder la télé...

Yasmine : C'est vrai. Je vais voir dans sa chambre ; des fois elle est fatiguée ; de plus en plus souvent.

Yasmine sort par une porte du fond qu'elle laisse ouverte.

Yasmine : Manga? Coucou? C'est moi Yasmine, je suis rentrée avec Aurélie. Tu es malade?

Manga : qui répond depuis la chambre, avec un accent prononcé : C'est rien ma belle. Il fait chaud, j'ai préféré m'allonger.

Ta mère m'a dit qu'elle rentrerait tôt, et qu'il y avait un cake dans le frigidaire.

Bruit de baisers, puis Yasmine revient dans le salon, ouvre le frigo, coupe deux belles tranches de cake, et les deux filles s'installent sur le canapé, à manger devant la télé où passe une émission de télé-réalité;

Aurélie : Trop class le Jordan!

Yasmine : Il va se faire bouffer par toutes ces filles qui lui tournent autour....

 

Noir.

 

 

Scène II : BB – la mère – Manga.

Le salon, Barbe bleue furieux debout au milieu - sa femme en pleurs - Manga assise dans le coin gauche du canapé.

 

Barbe bleue : (Hurlant) Ma fille est une pute! Ma fille est une putain!

(A sa femme) Et c'est pour ça que je t'ai ramenée du pays, hein? Pour que ta fille devienne une putain? Comme toi, peut-être? Avec ces soit disant ménages, la nuit, le jour....

Manga : Tais-toi mon fils, tu sais bien que ton épouse travaille dur!

Barbe bleue : Et toi la vieille, je ne veux pas t'entendre! Trois femmes à la maison, et pas une qui obéit! Vous vous liguez contre moi et chacune fait comme elle veut! !... et voilà le résultat : ma fille Yasmine est une pute!

Manga : C'est moi qui t'ai élevé mon fils, depuis la mort de ton père. Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi : c'est toi qui dois m'écouter. Ne traite pas Yasmine de putain. Elle a fait une bêtise. Une grosse bêtise. Nous allons réparer ça.

BB : Ah oui? Et comment? C'est toi qui vas lui faire dire qui est le père de ce qui pousse dans son ventre? Et si ce n'est pas un des notre, tu vas faire quoi??? C'est toi qui vas les nourrir?

Manga : Comme tu dis, nous sommes trois femmes : nous allons régler ça : c'est entre femmes qu'on règle ce genre de bêtise.

Assieds toi. Tu vas attraper mal à t'agiter comme ça.

(a la mère) Et toi ma fille tu vas commencer par cesser de travailler et cuisiner ta fille. Il faut que nous sachions qui est le père... pour éventuellement... tu vois ce que je veux dire....

La mère : (toujours pleunichant) Oh mère! Vous savez bien pourquoi je trime! (elle désigne son mari) Môsieur a acheté une télé, une voiture (dont je ne vois la couleur que quand il m'emmène aux courses le Samedi)... il dépense l'argent.... trop d'argent... Il dépense mon temps, tout mon temps... je n'ai plus de forces pour m'occuper de Yasmine.

Manga : Ces excuses t'arrangent bien! Tu travailles ; alors tu peux aussi aller papoter et promener avec les copines ; traîner à faire les magasins ; tout ça sans que ton mari le sache. Qu'est ce que tu crois? Je les vois bien les sachets que tu ramènes à la maison, … et ces chaussures que tu avais aux pieds hier? Hein?

Arrête de pleurnicher! Fais comme je te dis! Tout va rentrer dans l'ordre.

BB : (fou furieux, à sa femme) Quoi??? Tu dépenses l'argent que tu gagnes? L'argent pour la famille?

Il s'approche de sa femme et la gifle.

La mère ne bouge pas. La femme hurle.

 

Noir.

 

Scène III : BB au téléphone.

Salon vide sauf BB qui téléphone avec son portable.

 

BB : Il faut que tu m'arranges ça Nordine. J'emmène les femmes au pays dans quinze jours. Il faut que Yasmine soit mariée là-bas. Prépare tout! Le mari, le mariage : dans trois semaines je la veux mariée... et je préfèrerais qu'elle reste là-bas! La vieille y resterait avec eux aussi : elle prend de la gaine ici, ce n'est pas un bon exemple pour ma femme.....

...

Ah!?

Qui c'est ce Tayeb? Quel âge? Il travaille?

...

Le fils de qui?

.

Hum. Oui, je connais la famille. Le père est presque analphabète et paresseux.....

...

Hum... n'a pas de travail..

Hum.

...

Quoi????

Faut que je réfléchisse!

Y a pas de place ici pour Tayeb et ma fille, et leur mioche... Y a pas de boulot non plus! Faut qu'il travaille!

...

C'est la condition au mariage?

Pas de dot alors!

Hum... Hum...

T'as personne d'autre? Un homme plus vieux et riche? Avec déjà une femme pour tenir ma fille...?

...

Oui, je sais, c'est difficile de nos jours.....

Je te rappelle.

 

Noir.

 

 

Scène IV : BB – sa femme - Manga – Yasmine.

Le salon. BB debout au milieu. Les trois femmes assises sur le canapé. Ambiance à couper au couteau.

 

BB : Ma fille je t'ai trouvé un mari au pays. Un jeune qui accepte de venir ici, et qui reconnaîtra ton enfant.

Yasmine : (violente) Je n'ai pas besoin d'un mari : il y a le mère du bébé!

BB : (criant) : Je m'en fous du père! Il n'est pas de chez nous. Tu feras comme je te dis sale pute!

(A sa femme) : Tu te mets aux habits du mariage. Dans deux semaines on part au pays.

(A sa mère) Et toi, je ne veux pas t'entendre! Il n'est pas question d'autre chose! C'est moi qui décide ici!

Yasmine : Je me tuerai plutôt!

La mère (déjà en larmes) : Ma fille, écoute ton père. Il ne veut que ton bien. Tu auras un ménage, tu pourras élever l'enfant.

Yasmine : Je n'irai pas au pays. Mon enfant sera libre!

BB ( à sa femme) Je le savais bien que je n'aurais pas dû quitter notre pays!... avec toi, surtout!!!

(à sa mère) : Et toi, tu n'as pas su les tenir toutes les deux pendant que je travaillais! C'était ton rôle, pourtant!

J'ai tout donné pour vous trois... et voilà ma récompense!

Sa femme (essuyant ses larmes, mais encore timide) : Qu'est ce que tu nous a donné? Un tyran à la maison qu'il faut servir quand il rentre? Dont il faut se cacher pour vivre?

BB (hurlant) : Ta gueule! C'est de ta faute tout ça!

Yasmine (à sa mère) : Oui, c'est de ta faute! Regarde ce qu'il veut faire de moi! Et tu ne dis jamais rien! Tu plies quand il hurle, tu ne me protèges jamais!

Pourquoi crois tu que j'ai fait l'amour avec François?

La mère (se rapproche de sa fille, l'entoure de ses bras et lui murmure) :Maintenant je vais te protéger. Il ne te mariera pas. Il ne fera pas de ta vie et de celle de ton enfant la misère qu'il a faite de la mienne.

Yasmine pleure. Plus la mère prend d'assurance, plus Yasmine pleure ; plus BB tourne en rond.

Manga reste silencieuse : elle écoute et regarde.

Le portable de BB sonne. Il le sort de sa poche et répond :

BB : Oui! Allo?!

Ah, c'est toi Nordine!

Hum....

C'est d'accord. Tu peux dire à la famille de Tayeb que nous serons là le.... qu'ils nous attendent au bateau.

Oui, je paierai tout! Mais attention : ils doivent nous recevoir et organiser ce foutu mariage!

Oui, ils rentreront avec nous.

J'aurais bien aimé rencontrer ce Tayeb avant... les hommes doivent se serrer les coudes, ici!

A bientôt.

Il raccroche.

Sa femme le regarde intensément. Sa fille aussi. Sa mère penche la tête pour le regarder par en-dessous.

Manga : Tu fais quoi là mon fils?

BB : Je me démerde pour rattraper vos conneries!... et ça va me coûter cher!

Il ouvre une des portes et disparaît.

La mère : Mère, nous ne pouvons pas laisser faire ça! (elle serre Yasmine) La petite a fait une bêtise, mais il n'a pas le droit de décider pour sa vie et celle de l'enfant.

Manga : Je sais ma fille... je sais... Laisse moi réfléchir.

Yasmine (elle s'arrache des bras de sa mère, qui se remet à pleurnicher ; se lève, et crie) : Je ne le laisserai jamais faire! Je ne vous laisserai jamais faire non plus! Je garderai le bébé ; je l'élèverai! Je suis libre!

Manga (tout bas) : Rien ne peut briser la volonté d'une femme.......

 

Noir.

 

 

Scène V : Yasmine – Aurélie.

Les deux filles sont avachies sur le canapé et sucent des glaces.

 

Aurélie : Alors ton père?

Yasmine : Il croit qu'on part demain! Cette nuit je file.

Aurélie : Mais où? Comment tu vas faire? Tu n'as pas d'argent....

Yasmine : Je m'en fous! Je pars.

Aurélie : François est au courant?

Yasmine : Tu parles! Ca fait une semaine que je l'ai pas vu. Il ne répond pas au téléphone. Je suis allée rôder vers chez lui : rien. Même ses potes ne me disent rien.

Tout le monde me laisse dans la merde!

Aurélie : Oui, mais quand même....Pourquoi enceinte? Comment vas-tu faire vivre le bébé?

Yasmine : Il vivra. C'est tout. C'est mon alibi. C'est ma seule porte de sortie.... C'est mon Amour!

Aurélie : Ton amour? Tu rigoles! Un amour sans maison, sans père, sans famille?

Yasmine : Tu ne comprends rien toi aussi....

Aurélie : Parce que je sais que la vie c'est pas l'amour! La vie c'est l'argent : il faut manger et dormir à l'abri. D'abord. L'amour c'est accessoire... c'est un luxe... Comme ce que tu appelles Liberté!

Yasmine : Tu parles. Mais tu ne dis rien.

Tout le monde parle mais ne dit rien. N'entend rien.

La vie c'est Moi! Moi dans moi, avec moi... et avec l'amour de moi que j'ai dans le ventre.

Aurélie : Ah bon? Et Toi, c'est arrêter le lycée et faire des ménages, comme ta mère? Et torcher le gosse avec les couches de l'assistante sociale? Et bouffer aux Restos du coeur?

Yasmine : Oui. Si c'est le prix que je dois payer ma liberté et la sienne, oui.

Et finalement ça m'arrange que François soit aux abonnés absents : même pas lui ne pourra me dire ce que je dois faire!

Aurélie : Tu es complètement folle Yasmine!

Yasmine (avec un paisible petit sourire) : Si tu veux.

Elle se lève et marche dans la pièce, très calme, très sûre d'elle)

Je n'achèterai pas l'amour.

Je ne mettrai pas en vente mon enfant.

Il aura le creux de mon ventre pour dormir ; le lait de mes seins pour manger. Je lui expliquerai la Liberté!

Et quand j'aurai du boulot, nous nous construirons petit à petit un endroit d'amour. Il sera libre de jouer ou non avec des cartons ; de se salir, de rire et de pleurer. De se rebeller!

Et je lui apprendrai à ne pas faire confiance aux copains d'école ; aux adultes qui savent tout.

Je lui apprendrai à se construire Lui et personne d'autre!

Il aura même le droit de me renier pour Sa vie! Pour continuer Sa chaîne d'amour.

Aurélie : Ma pauvre... c'est les hormones, c'est pas possible!

Tu ne diras plus des choses comme ça quand le bébé sera là.

Elle jette le bâtonnet de sa glace en le montrant à Yasmine : Et pour commencer, tu n'auras plus ce délice glacé qui coûte si cher et qui aide à passer l'été... Tu n'auras pas le lit douillet qui aide à passer la nuit. Tu n'auras pas le job qui conviendrait à Toi et à couvrir ton môme l'hiver.

C'est bien beau l'Amour... mais s'il n'y a rien pour le tenir... ton môme, il aura la peau gercée et les lèvres serrées de misère et de faim.

T'es pire que ta mère : elle au moins, elle t'a donné son sacrifice pour que tu grandisses à l'abri.

Yasmine (elle crache par terre) : Ma mère a fait semblant toute sa vie! Ma mère s'est couchée sous mon père pour cet appart' pourri et un job de merde!

Je partirai parce que je ne veux rien lui devoir!... Leur devoir!

Aurélie : Tu étais ma copine, et je ne te reconnais plus.... Qui es tu Yasmine? Qu'est ce que tu es devenue?

Ce serait tellement simple de faire passer ce bébé, de vite oublier tout ça, et de reprendre nos cours, nos copains, notre amitié....

Yasmine : Sauf que maintenant c'est foutu : le père ne me laissera jamais plus Etre. J'ai désobi. J'ai enfreint la règle que tient le père pour sa fille ; la mère pour son enfant. La règle instaurée par des millénaires de paternités et de maternités ; des millénaires de vies de famille, de vies de sociétés....

Je suis sur le bas côté ; et j'y resterai. A moi d'y construire Ma vie et la sienne (elle met la main sur son ventre).

Aurélie soupire, se lève, prend son casque, le met sur sa tête... et sort.

Bruit de scooter.

 

Noir.

 

 

Scène VI : Yasmine – des passants.

Une rue. Yasmine, maigre, mal vêtue, avec un bébé en bandoulière sur le ventre.

 

Yasmine (doucement) : Fais dodo, cola mon p'tit frère, fais dodo, t'auras du lolo.

(A un passant) : M'sieur? Un Euro?

Le passant ne la regarde même pas et passe.

Yasmine continue de déambuler, mais ne chante plus.

Yasmine (à une passante) : M'dame? Un Euro s'il vous plaît?

La femme regarde Yasmine, le bébé, fouille dans son sac, donne un Euro. Passe.

Yasmine serre son bébé plus fort, reprend la chanson et sa déambulation : Fais dodo, cola mon p'tit frère, fais dodo... M'sieur? Un Euro? S'il vous plaît!

L'homme la regarde, s'arrête, fouille dans sa poche... mais le bébé se met à hurler. L'homme prend peur et file.

Yasmine (plus fort ): Fais dodo cola mon p'tit frère, fais dodo...........

Le bébé arrête de pleurer. Yasmine s'assied par terre, épuisée.

Un moment. Les passants passent sans les regarder, ou en leur jetant un regard furtif de pitié.

Yasmine détache le hamac du bébé de son cou, pose le tout par terre ; recouvre le bébé.

 

Elle sort.

 

Noir.

 

FIN.

 

Ut le 22/05/2010;

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 05:42

 

On ne ressort pas indemne d'une représentation théâtrale.

Et sans doute de toute représentation devant un public.

Dans le demi-sommeil de l'éveil ce matin, Irma errait seule sur la scène en demi-soleil du café-théâtre de la porte d'Italie à Toulon. Vide et sombre la scène... Et elle criait :

«Quoi dire? A qui?...

C'est le trou noir! »

Et le rideau tombait.

Et tout était fini.

 

Notre troupe d'amateurs de tous âges et de toutes conditions s'entraînait depuis des mois pour deux représentations d'une adaptation de la Folle de Chaillot de Jean Giraudoux (Iram en est la serveuse dans un café de Chaillot).

Les répétitions m'étaient des havres d'heureux jubilatoire : quoi de plus extraordinaire que de pouvoir vivre et dire et faire sans aucune conséquence pour soi : l'imaginaire d'un écrivain en prenant la charge pour l'éternité?!

 

Je n'avais jamais joué... limite je pensais la scène comme un jouet pour adultes-enfants... dont j'adore être public.

 

Et après tout, peut-être... Mais ce qu'on ne sait pas quand on est public, c'est qu'on frôle tout le temps les acteurs ; qu'on les caresse ou qu'on les blesse ; à vif, comme ça ; d'un à peine si tranchant, si appuyé et si fugace... que le corps même a du mal à oublier.

 

Les représentations sont terminées ; la scène est vide, et la salle comble aussi. Plus un souffle, plus un rire, plus aucun éphémère d'humain à charger sur son corps d'acteur ; à trimbaler le long d'une réplique... jusqu'au prochain éphémère si différent, qui s'enroule tout au long d'une autre réplique ; d'un autre appui du corps........

 

La scène n'est pas une question de pouvoir, comme j'avais tendance à le penser (sans doute à cause de la marche qu'elle fait avec la salle... bête que je suis!)

Jouer sur scène est un don si puissant et tellement chargé des vibrations de ceux qui écoutent et regardent, que j'en ai eu des courbatures pendant deux jours......

 

Aujourd'hui c'est dedans moi qu'il fait courbatu... et Irma erre seule et désoeuvrée sur une scène vide et sombre, et elle crie :

« Quoi dire? A qui? …

C'est le trou noir! »

 

DSCN0789.JPG  Marie Luce Roques : La folle de Chaillot et notre metteur en scène.

 

DSCN0791.JPG François, l'un des deux présidents (financier détestable qui mourra à la fin de la pièce).

 

 

DSCN0793.JPGGino, le prospecteur coulissier (mort aussi!)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DSCN0794.JPG Hélène : le baron tué aussi par la folle de Chaillot.

 

DSCN0796.JPGSylvie, le sergent de ville allumé qui aidera la folle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DSCN0797.JPG Jean-Michel, le chiffonnier qui se fera l'avocat véreux des financiers.

 

documents-048-copie-1.jpgLa-Folle-035.jpg

La scène des folles en répétition (je suis debout au milieu ; je m'appelle Joséphine).

 

documents-016.jpg Anouk, une de nos deux Irma en répétition.

 

La-Folle-022.jpg

La folle et Pierre-Fabriece-Valentin, le jeune noyé un peu naïf que va sauver la folle des financiers qui le font chanter. (je suis aussi Pierre).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DSCN0787.JPG

 

Ut le 03/05/2010

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