L'Evêché ruiné de chaleur repose lourdement, en veille à la vieille cathédrale de Marseille aux arrondis puissants rayés de neutre et de gris, repue. Une sirène à un ton de nuit. A peine quelques ondes de cliquetis sur le poids de l'enfer d'or de l'été: c'est un duo de flics tirés à quatre épingles par dessus la sueur et le gilet pare-balles, qui ramène un ivrogne blessé. L'homme est tout taché du sang qui a giclé de sa lèvre. La lèvre qui a trop bu, qui s'est enivrée à la bière et à la chaleur. Les corps gourds des hommes de permanence ont besoin de gestes pour ne pas s'assoupir; alors chacun va dire bonjour, à sa façon, au seul rescapé du soleil de 15 heures, à cet alcoolique placide qui ne comprend pas trop ce qui lui arrive. Au rebondi gourd de la torpeur, la cascade monotone des doigts sur le clavier clôture la sentence: 0,84 grammes d'alcool par litre de sang. Notre ivrogne est bon pour un somme à l'ombre crade des geôles où même l'air est prisonnier. Les hommes d'astreinte se sont rassis, ont repris une minuscule conversation, vaguement étourdis entre deux courants d'air, seule vie qui circule à cette heure d'Août dans la grande maison de police.
A l'éveil de la respiration du soir, les délits vont reprendre; les mecs vont frapper les femmes offertes et terrorisées; les gamins vont, d'un élan de scooter, tirer les sacs des voitures, des familles venues aux vacances, à la bouche béante du bateau pour l'Algérie; les deals vont se réouvrir aux mains encore un peu moites, et noires de l'argent passé, trituré, rendu, roulé et planqué; les voisines des cités, ces meilleurs copines du monde, vont à nouveau rouler les gros mots, les insultes, en ritournelles de haine de l'une à l'autre, les serviettes humides de mer encore sur le cou de leurs mômes à demi nus, qui n'y comprendront rien, alors dans l'ébloui d'eau et de sel et de joies bruyantes.
Mais 6 heures vont, avant tous ces fatras, dégringoler claires et nettes au clocher de la cathédrale, et j'irai dévaler les marches de ce massif carré gris qu'est l'Evêché, et courir au métro à l'haleine fiévreuse et nauséeuse pour, vite, vite, m'asseoir dans la flèche du train qui, de soubresauts d'arrêts en traits bruyants, va me rendre à Toulon, pour enfin savourer Dimanche!
Mais alors....Serais-tu de Marseille ?<br />
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Concernant le 1000ème Com.<br />
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Que c'est gentil Ut,<br />
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Mais même si tu trouves mon blog intéressant, ce dont je te remercie infiniment, il est très facile par chacun de visiter un blog, mais pas aussi évident que d'y voir déposé des commentaires; Or,tous les votres m'ont permis d'avancer et pour cela , merci, merci encore !<br />
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Gros bisous<br />
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Dominique
U
Ut
05/08/2008 20:55
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Nous sommes voisines Dominique: je travaille à Marseille et j'habite Toulon... quand à la Corse (du nord) j'en garde un souvenir ébloui, aride, humide... et bleu à perpétuité.<br />
Merci à toi qui malgré tes soucis prends la peine de lire et de m'écrire!<br />
Enormes baisers (avé l'accent:))<br />
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M
Marc de Metz
05/08/2008 08:10
Je garde de Marseille été 2007 de très belles images que je crois devoir bientôt glisser dans un prochain billet tout en nostalgie... J'ai vécu enfant à Saint-Louis, j'ai vécu mille heures dans Toulon "siège social" de ma famille maternelle depuis que j'ai été délocalisé à Metz de Nice par mes parents et te lire dans tes mots qui me racontent ce SUD me fait autant plaisir que démultiplie ma frustration de vivre loin de lui. Heureusement que mon EST est beau et chaleureux aussi. Je t'embrasse Ut, merci, Marc de Metz.
U
Ut
05/08/2008 20:52
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Tu vas donc venir?<br />
Marseille et Toulon, mes deux vies, mes deux amours, l'un terrible, l'autre tout doux...<br />
Merci de ta venue Marc, reçois un baiser ensoleillé et salé, tout beurré de nostalgie.<br />
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Z
Zaellig
04/08/2008 12:00
...Merci de nous faire partager cette ambiance ensoleillée...et de me faire découvrir ton blog ! @ bientôt !
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Ut
04/08/2008 19:03
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Le plaisir est pour moi: très égoïste, je suis!<br />
A bientôt Zaelling, à très vite même.<br />
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L
loic-emmanuel
03/08/2008 11:09
Nous n'avons pas besoin de la connaître, cette ville, tant les mots ouvrent leur fenêtre sur la vie... si vivante, si odorante. J'apprécie le ton. Une vrai plume de peintre !! Je reviendrai. loic-emmanuel
U
Ut
03/08/2008 14:01
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Les peintres se reconnaissent entre eux: je suis peintre avant tout Loic-Emmanuel!<br />
Un baiser de bleu, un de ces bleus de Goya.........<br />
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M
Mouffles
03/08/2008 10:53
Hello, j'ai aimé cette lecture, une nouvelle courte et fluide, une ambiance ressentie.<br />
J'ai aimé !<br />
Bisous<br />
Mouffles
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Ut
03/08/2008 10:57
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Ma Mouffles respire, hume les mots.<br />
Beau dimanche à vous deux coeurs.<br />
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