Un gamin comme un titi parisien, mais à la mode des cités du Sud. Un fin gamin brun, de mélanges. Les yeux d'amandes noires. Les "gros cheveux", sur lesquels il tire, il bétonne le gel. Une souplesse féline, rapide, toujours en mouvements. Un gamin durci à la faim, à la solitude, qui peint comme un roi et pleure la nuit. Un gosse sorti des geôles, pour trois fois rien. Un orphelin; une épine aux bien pensantes existences. Il vit accroché à son téléphone, aux "Frères", à la musique, à un brin de shit, à son Pit. Des phrases, des grimaces, pour oublier qu'on lui a tailladé ses racines; qu'il faut qu'il invente le futur, qu'il apprenne à compter, à économiser, à bosser tous les jours, à plus jamais chaparder. Un pas grand chose aux yeux des adultes ou des flics.
Une perle fissurée.
Un gamin qui sait ne pas manger, pour offrir un cadeau; ou ne pas dormir, pour réparer un cyclo, une vieille voiture, pour un copain. Un gosse de soixante kilos qui grimpe cinq étages, un lave-linge sur le dos, juste pour aider, comme ça, pour rien. Un accro aux jeux video, qu'il prête ou qu'il casse, ou qu'il vend, pour un bout de pain. Un bout de pain pour sa Femme. La Belle qu'il a cru pouvoir nourrir de son être, de sa folle beauté, de sa vie somnambule. Sa Déesse qui lui a mit un bébé en travers de sa vie, comme un présent; comme pour remplacer Maman décédée, recréer La famille. Il ne sait pas se dire papa. Un gamin sans école, qui connaît tous les mots, mais n'ose pas les écrire, à cause de ces fichues fautes d'orthographe. Un enfant qui envahit, qui se colle à ton coeur, qui te regarde droit dans les yeux, même pour y mentir. Un gosse élevé de soleil d'eau et de sel. Qui pique et caresse, dans le même geste. Une vague folle que rien ne mélange. Un soleil qui déteint et puis qui tombe en nuit, sur une photographie. Mon gosse à moi. Jamais apprivoisé, toujours sur sa faim d'un baiser, d'un peu d'amour... et puis qui s'enfuit, pour pas qu'on touche à sa détresse. Il ne sait pas vieillir. Mon gamin à moi, qu'à glissé dans nos vies sans faire gaffe que la vie, elle a ses raisons.
Un gosse des amours en cavales d'une France qui se débine au creux des cités.
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Sourire.... Il est parti....<br />
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M
mathéo
01/09/2009 07:20
Superbe texte
U
Ut
01/09/2009 11:02
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Merci à toi. C'est cadeau :)<br />
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M
Mouffles
12/08/2008 18:38
Il est super touchant ce texte,tout comme ce p'tit gars.<br />
Bisous gros<br />
Mouffles
U
Ut
12/08/2008 21:24
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Ils sont bien nos d'jeuns, quoi qu'on ait pu ne pas leur mettre dans la tête!<br />
Baisers Mouffles.<br />
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H
Hamilcar01
12/08/2008 05:26
Une poignante histoire d'amour,<br />
Une tragédie qui se déroule tous les jours<br />
Sous les yeux d'une société moribonde <br />
Qui n'arrête pas de courir, <br />
Comme pour fuir la honte <br />
De voir ses enfants mourir.<br />
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Prends soin de toi<br />
Bisous<br />
Vae
U
Ut
12/08/2008 06:08
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"De voir ses enfants mourir"... oui Vae.<br />
Prends soin de toi et de toutes tes petites femmes ici. Baisers.<br />
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K
katherine
12/08/2008 01:32
Comment ça tu n'es pas une vraie écrivaine?<br />
Nan mais oh! Que si!<br />
Je voulas juste te dire que tu es encore plus performante dans tes chroniques du Vécu,mais cela n'enlève rien à tes poésies que j'aime aussi, et ça tu le sais!!!!<br />
Je t'embrasse ma clé
U
Ut
12/08/2008 06:01
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J'avais compris ce que tu voulais me dire Katherine... je me comprends aussi... ça m'arrive quelques fois ;)<br />
Je t'embrasse ma Belle.<br />
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