Juste un Cri d'elle à eux.
Le ciel et la mer défilent comme une seule image
quelques fois percée d'arbres vert foncé.
Leurs bleus se ressemblent mais ne se mélangent pas:
ils ne sont pas faits au même pinceau.
L'un couvre l'autre et lui reflète ses humeurs et son air.
Si la chanson est triste, la mer se fonce et respire moins vite.
Si le ciel s'étouffe de courants d'air, alors la mer se secoue infiniment, se tord et gronde; elle se fronce de dentelles qui giclent sur le vent dans une tentative de noces qui n'aboutiront jamais.
Si le ciel promène quelques bedons de nuages coton,
la mer lui répond en mettant des ombres aux plus bleus de ses sourires en creux ou en rebonds.
Et quand le ciel n'est qu'un bandeau clair qui enserre le monde, la mer ouvre ses fonds, dévoile ses âmes, ruisselle de sueurs transparentes.
Amante avide d'engloutir tout cet air qui lui donne vie.
Cet air qui se presse sur elle, lui donne à goûter, et fait semblant de se mélanger, puis qui d'un coup de hanche se balance et s'envole, dans un large rire; tout au délire de n'être que du vent.
Dans le train poussif aux carreaux d'un jour sur l'autre,
le ciel et la mer défilent comme une seule image quelques fois percée d'arbres vert foncé.
Ut le 18/08/2008