Juste un Cri d'elle à eux.
Réveil au souffle cloné, grave et vibrant des aspirateurs; ces ravaleurs de logis; avaleurs des poussières, des débris de vies accumulés tout au long de la semaine.
Volets ouverts sur tapis ou draps languisamment penchés aux fenêtres, à exhaler sans bruit les sueurs et les cauchemars des nuits trop courtes du Lundi au Samedi.
Suivront les saveurs odorantes de bouffe...
Ah, non: c'est Ramadan...
...La bouffe des Dimanches repose, mute en flonflons folkloriques d'une langue que je ne comprends pas, mais qui se déclame de fenêtre en fenêtre sur mon ilot de place au creux de la ville basse.
Jour à prières, à oublier soif et faim; jour de femmes pour préparer la fête de nuit qui éclaboussera tous les habitants alentour.
Hier nuit les libations ont libéré des éclats pas vraiment recueillis: chants, cris et insultes... pas bien dormi malgré la vieille et sombre voisine asiatique du quatrième gauche, qui déversait en continu des seaux d'eau froide sur les acteurs en bas...
Depuis une semaine les brigades de mes bleus nous ramènent des jarretés de couscous, des dizaines de gâteaux de miel; les femmes qui entrent dans mon bureau sont toutes voilées et accompagnées du mari, quand il est Rmiste, comme il dit.
Alors? Un mois presque sans voisines qui se chamaillent et viennent nous raconter moitié français, moitié arabe, les insultes partagées et les coups qui ont suivi?
Vite! Lundi sortir les anciennes bagarres, confronter, réconcilier....
C'est maintenant heure à siestes, et ma fenêtre n'éclaire qu'une place vide où les oliviers d'argent se sèchent au fin Mistral d'annonce d'hiver.
Je cogne doucement le clavier qui toque les mots à vous dire.
La vie est sereine; elle a pour un temps oublié le bruit et tous ces autres, tout autour.
Ut le 14/09/2008![]()