Juste un Cri d'elle à eux.
Un petit déhanchement, à peine perceptible. Comme un peu d’ivresse, ou une garde au Mistral, ou un air dans la tête qu’on danse machinalement, sur un pas.
Mais ça recommençait. Et puis encore sur ce pas, là.
A regarder mieux, elle boitait.
Et puis tu sais qu’elle a une jambe de métal: bien obligée de te le dire quand tu t’assieds à même le quai pour te laisser aller à l’eau et aux lumières de la ville en face, et qu’elle reste debout, maladroite.
Pour s’asseoir elle lance sa fausse jambe en l’air, tombe sur une main. C’est rapide, presque, ça n’existe pas.
Pour se relever, tu n’as pas regardé: tu savais; tu avais honte.
Elle est simple et belle et bien plus jeune que toi.
Elle fait de la musique; elle lit beaucoup; elle dit qu’elle peut « presque » vivre comme toi. Toi tu penses au ski, au VTT, aux élans de rollers ou de patins, aux joggins de certains matins, à la plage l’été…. Aux baisers des garçons avec leurs mains en ballade.
Tu as honte, mais c’est elle qui raconte l’accident, la moto couchée sur sa jambe.
Dis, elle a l’air heureuse.
Ut le 26/09/2008