Juste un Cri d'elle à eux.
Parvenir à prendre sa colère; toute cette colère de jours trop larges et de nuits trop étroites; la rouler comme un ballot… et la jeter enfin!..
Qu’elle se délite dans la poubelle des indifférences….
S’affranchir de cette chaîne qui lie la fatigue à l’envers de soi; aux yeux qui ne se regardent pas dans le métro; aux corps qui se heurtent sans même se retourner; aux mots qui fusent à un feu rouge trop appuyé; à une gifle qui cogne l’enfant bruyant; à un joint qui transforme pour l’heure la chaîne rouillée de fatigue en diamants hilares….
Donner aux jours l’aspect satin de toutes les minutes gagnées sur la maladie ou la mort, cette grappe noire qui nous balancera tous au bout du vide.
La colère frappe, et ça devient quotidien; comme la dose de fatigue en plus pour nier sa propre impuissance; en voiler la conscience.
Le temps ne fait plus l’écart suffisant à penser et mettre l‘âme au bord… Alors les yeux creusent leurs insomnies, ou les réveils brutaux de l’alarme qu’ordonne le boulot. Alors le corps ne sent plus que le chaud ou le froid, pour le vêtir… Les odeurs, les doux penchés de l’air au timide du printemps, le ciel qui saigne matin et soir.. On n’en a même pas le souvenir: le corps est aveugle.
Et tous les rires oubliés ont fini de morceler les couleurs au monde qui n’est plus qu’un amas gris.
Et tous les sourires perdus ont éteint la lumière des yeux.
Et toutes les larmes de l’humanité n’émeuvent même plus un seul dieu: dieu lui-même sert à tuer…
A venger la colère…..
…Parvenir à prendre sa colère; toute cette colère de jours trop larges et de nuits trop étroites; la rouler comme un ballot… et la jeter enfin……..!
Ut le 25/02/2009