Juste un Cri d'elle à eux.
Dimanche matin. Bien sûr; il n’y a que le Dimanche matin que j’oublie de désactiver la sonnerie du réveil…
Doc dirait que c’est un lapsus….
Même que je suis obligée ouvrir les yeux pour la faire taire, cette musique, parce que le portable est à deux mètres du lit, en charge.
Alors je calcule la fente exacte qui me permettra de voir le petit bouton chromé au milieu de l’ombre, sans que cela réveille mes yeux. Et juste là, dans cette fente de regard, attend la chatte, sphinx silencieux posé sur sa queue, qui me regarde mourir mon sommeil.
Je me rallonge, les paupières bien claquées sur mes yeux, mais le bruit du portable a ouvert la marche à l’orchestre des machines en bas: d’abord le jet puissant qui arrache la crasse, avec un bruit d‘eau en colère; ensuite le premier camion-balai, à frotter l’eau, moteur hurlant, comme s‘il voulait décaper la nuit par terre; et puis enfin son frère, juste derrière, à aspirer la crasse réduite en poussières.
Ils se régalent à faire le tour de la place, à sillonner les échos des petites rues, marche avant - marche arrière.
Et voilà que la petite chatte décide de faire ses griffes sur le drap. J’allonge la main-caline, elle vient fourrer sa petite gueule dedans, ronron; puis elle griffe, griffe le drap à tue-tête. Cali a faim….
Une mouette hurle, trace le ciel, loin, puis juste au-dessus du toit, de moi.
De toute façon c’est foutu: la junkie d’en face fait prendre l’air à sa techno…..
Je me lève: au moins qu’il me pète à la gueule, ce jour, avec sa lumière encore tiède et ocre sur les toits à peine rouges; les toits de la terre d‘ici, alanguis.
Une minute de silence; juste une, pour honorer la cascade d’or qui fait son entrée, qui déteint la nuit!
Le vent, lui, n’est pas encore levé; et la cloche tout près tombe ses notes bleutées, translucides.
J’ai les paupières lourdes sur le clavier, mais je voulais te partager, te dire bon jour, comment tu vas?
Ut le 02/08/2009