Juste un Cri d'elle à eux.

C’est pourtant ce jour là. Ce même jour, après midi:
Marie attendait à une terrasse, sur le port.
Comme convenu par mail.
Et Marie savait qu’elle l’attendrait plus tard que l’heure; qu’Elle aurait du retard.
D’ailleurs, un message sur le portable : «je suis en retard!»
Alors Marie avait choisi une double table, à l’ombre, tout contre les fins jets de brume d’eau; ces vapeurs à écraser la chaleur.
Il faisait si chaud!
Marie la petite noiraude s’était faite blanche.
Blanche comme antireflets; tu sais, la neige qui renvoie, dure à pas craquer sous les regards…
Et quand Elle était arrivée, Marie s’était pris un coup de soleil!
Elle était grande, et claire, et ronde.
Elle ondulait de couleurs feux; comme ses cheveux, son sac.
Pas jolie. Non, non: belle. Infiniment belle et femme.
Marie la noiraude avait alors ouvert grand tous ses sens; oublié tout ce qui n’était pas se remplir.
Cela dura des heures.
Des heures à sourire et à rire…. avec le vent, l’air, le soleil, l’eau.
Des heures pour se réconcilier avec l’humanité toute entière, même anonyme; dans un regard, une intonation, des doigts à la bouche, un collier qui glisse; une œillade au serveur…
Marie la blanche noiraude avait fondu comme neige au soleil.
Ut le 05/09/2009
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