Juste un Cri d'elle à eux.
Y a les p'tites mains qui s'agitent, et celles qui serrent le poing, et celles qui frottent leur sueur malade.
Il y a les jambes qui croisent et décroisent l'impatience ou l'inconfort.
Des feuilles de magazines se froissent vite et nerveux, sans donner le temps à l'oeil de voir : les visages plafards n'ont pas d'autre regard que celui qui zieute dedans à l'affut des signes du corps, et, juste là, tendu aux fils de bruits, à l'hameçon qui amorcera leur tour de corps. Et à intervalles involontaires les revues claquent, sur un soupir, une toux, un chuchoti avec l'accompagnant.
Ils sont tous assis et sages. Ils attendent, impuissants, la nasse future du diagnostic.
Un grincement ; des pas, des voix.
Quelqu'un se lève, jette la fausse lecture sur la table basse, happe l'homme en blanc qui a à peine le temps d'encadrer son corps dans la béance de la porte jamais fermée.
… Et l'attente reprend : des mains s'agitent, triturent à nouveau les papiers glacés ternis ; des jambes croisent et décroisent leurs genoux frileux ; des voix basses et uniformes murmurent... le temps blanc des salles d'attente.
Et l'odeur lourde des corps punaisés aux chaises asphyxie la petite pièce... insidieusement.
Ut le 09/09/2010.
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