Juste un Cri d'elle à eux.
C'était l'heure de la « bascule » pour la brigade qui revenait après avoir fini tard la veille ; l'heure de la relève pour les « nuiteux ».
Les ombres silencieuses arrivaient les unes après les autres depuis la nuit noire, s'engouffraient ahuries dans la lumière cinglante du petit poste jaune sale, et saluaient sans bruit leurs collègues embrouillés de fatigue...
C'était l'heure gourde.
Puis un étroit couloir bordé à gauche par les vitres et les verrous des geôles, et certains s'arrêtaient à la « cuisine », glissaient trente cents dans la machine qui vibrait alors de bruits brutaux, et dégueulait du café dans des gobelets de plastique blanc ; les autres montaient aux vestiaires, se changer.
Et quand, vite pour le repos des collègues, le chef de poste s'attelait à la relève et aux consignes des « nuiteux », la brigade en uniforme s'écroulait sur les chaises de la cuisine.
La pièce était carrelée vieux, en contre-bas du sol là haut. Elle sentait la sueur et le café.
Des Bonjours s'échangeaient comme du blanc-silence sur le gris du moment, jusqu'à ce que l'un des visages à uniforme commence l'histoire d'un événement de la veille, ou qu'un autre s'étire dans un grand bâillement...
… C'était parti : on pouvait allumer la radio et annoncer la mise à disposition d'un groupe de jeunes flics pour plus de huit heures d'appels 17.
Ut le 23/08/2010.
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