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Juste un Cri d'elle à eux.

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Quatre mineurs au comissariat

J’ai appelé quatre mamans: un équipage de police avait rapporté au commissariat quatre enfants qui avaient joué comme nous aurions pu le faire: il s’étaient amusés à jeter des pierres.
Ils n’avaient rien cassé, abîmé personne : ils avaient joué avec ce que la cité leur offrait depuis que l’action conjuguée des maîtresses de l’école primaire et du commissariat attenant, leur avait interdit les pistolets à billes jaunes.
Une petite femme sans couleurs, couverte d’un pointu foulard gris, jupe mi-mollets, sac sur le bras, s’est présentée comme étant la maman d’un des petits.
A peine en présence de l’enfant elle s’est mise à hurler qu’il n’avait pas le droit de sortir, qu’elle avait juste travaillé un peu plu tard ce jour, qu’elle allait le tuer… elle s’est jetée sur lui à grand coup de bras.
Petite femme en colère sur petit homme gris.
Tous les flics présents se sont précipités; un grand homme bleu tout noir lui a dit qu’on avait de la place pour elle si elle continuait.
J’ai regardé l’enfant immobile, je lui ai dit que souvent les adultes ne comprenaient pas; qu’il valait sans doute mieux pour lui qu’il ne sorte plus quand maman le lui interdisait.
Ils sont partis tous les deux, lui devant elle derrière, encore sur ses mots de colère.

Dans un an, dans deux, je suis sûre de le retrouver sur un scoot volé, sans casque et sans assurance, à crisser en pleine rue le pneu arrière… comme l’avait si bien fait un enfant d’hôpital qui ne savait plus ni bouger ni parler ni manger.

Un enfant de douze ans.

Ut le 25/09/2008

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M
J’aime prendre le temps quand je viens ici Ut, pour bien m’abreuver de chaque mot. Parce que tes textes sont d’une grande richesse. Histoire profondément troublante et je dois dire que ça me donne envie de crier aussi. Ces pauvres petits qui vivent d’interdits constamment, peut-on leur reprocher de se lancer dans les voies d’un autre extrême à la moindre occasion? Je ne parle pas de ces enfants qui ont lancé des pierres, car quoi de plus naturel. Mais ceux qui vivent dans la prison de leur propre foyer au quotidien et qui ont besoin pour exister de se libérer d’un trop plein de retenues. Je te comprends, je ne serais pas surprise non plus de le retrouver sur un scoot volé. Et personne n’aurait le droit de lui en vouloir, il aurait juste vécu pour une fois à sa manière et dénoué de ses chaines. Tu l’exprimes si bien :<br /> « Petite femme en colère sur petit homme gris »<br /> <br /> Soupirs… quelle société quand même dans laquelle nous vivons…<br /> <br /> Bisous à toi Ut<br /> Nad
U
<br /> <br /> Merci de lire comme ça Nad. Est ce qu'ils sont les mêmes chez toi?<br /> Non, personne n'aurait le droit de lui en vouloir... pourtant il faut bien des règles....<br /> Je t'embrasse.<br /> <br /> <br /> <br />
C
Bétises de gosses et corps brisés<br /> Souffrances de mères et coeurs brisés...<br /> Pas de repères, pas de respect<br /> Trop de fatigue, trop à porter...<br /> <br /> Très touchée par ce texte...<br /> Je t'embrasse Ut
U
<br /> Tu as tout résumé ma Charlie; tu les connais, toi aussi!<br /> Baisers à toi.<br /> <br /> <br />
C
j'en connais des gamins comme ça et heureusement, il y a parfois de bonnes surprises ;-). amitiés.
U
<br /> Une de mes filles travaille dans un centre aéré.... elle voit, certains matins...<br /> <br /> <br />
R
Bonsoir ut, encore un article poignant, combien d'enfants si jeunes dans la rue et confrontés à la vie, sans parents pour les éduquer correctement, ils plongent forcément dans la délinquance, je te souhaite une bonne soirée bisous
U
<br /> Baisers à toi Revelise (et à ton ordi;)<br /> <br /> <br />
M
J'ai tellement envie de prendre cette maman dans les bras, de l'écouter, l'écouter déverser des torrents de vie, des rivières de douleurs, des fleuves de tentatives pour survivre, donner à manger aux enfants, leur assurer un toit,des marécages faits de moments de vie saccagés, ignorés, piétinés.... envie d'écouter car comment donner de l'amour quand on en reçoit pas ou peu, comment encadrer et éduquer quand on est soi-même en errance, en recherche de points de repère, en révolte ou en désespérance? Merci ma petite clé sombre pour ce partage de ton quotidien. Je pense à toi aussi qui a besoin de te ressourcer. Bises iodées pour toi. Malou
U
<br /> Tu as raison Malou, il faudrait écouter sa solitude....et sans doute saurait-elle parler à son enfant!<br /> Ton petit iode est magique Malou. Je t'embrasse.<br /> <br /> <br />