Juste un Cri d'elle à eux.
J’ai appelé quatre mamans: un équipage de police avait rapporté au commissariat quatre enfants qui avaient joué comme nous aurions pu le faire: il s’étaient amusés à jeter des pierres.
Ils n’avaient rien cassé, abîmé personne : ils avaient joué avec ce que la cité leur offrait depuis que l’action conjuguée des maîtresses de l’école primaire et du commissariat attenant, leur avait interdit les pistolets à billes jaunes.
Une petite femme sans couleurs, couverte d’un pointu foulard gris, jupe mi-mollets, sac sur le bras, s’est présentée comme étant la maman d’un des petits.
A peine en présence de l’enfant elle s’est mise à hurler qu’il n’avait pas le droit de sortir, qu’elle avait juste travaillé un peu plu tard ce jour, qu’elle allait le tuer… elle s’est jetée sur lui à grand coup de bras.
Petite femme en colère sur petit homme gris.
Tous les flics présents se sont précipités; un grand homme bleu tout noir lui a dit qu’on avait de la place pour elle si elle continuait. J’ai regardé l’enfant immobile, je lui ai dit que souvent les adultes ne comprenaient pas; qu’il valait sans doute mieux pour lui qu’il ne sorte plus quand maman le lui interdisait.
Ils sont partis tous les deux, lui devant elle derrière, encore sur ses mots de colère.
Dans un an, dans deux, je suis sûre de le retrouver sur un scoot volé, sans casque et sans assurance, à crisser en pleine rue le pneu arrière… comme l’avait si bien fait un enfant d’hôpital qui ne savait plus ni bouger ni parler ni manger.
Un enfant de douze ans.
Ut le 25/09/2008