Juste un Cri d'elle à eux.
En fait, elle partait mettre son cœur à la poubelle: c’est important de se débarrasser de ce qui est vieux ou cassé, ou qui ne servira plus jamais.
Cela faisait une éternité qu’elle trimballait ce truc à l’intérieur d’elle, et à chaque fois qu’elle s’en servait ça lui était plus de larmes que de rires.
Alors elle avait enfin pris la décision de le jeter.
Quitte à être irrémédiablement seule aux autres.
Seulement voilà, un cœur, même ratatiné, ça ne se jette pas n’importe où n’importe comment. Il fallait trouver l’endroit à rien ni personne; l’endroit à juste ce cœur.
Elle marchait au milieu du monde qui lui faisait du bruit et des odeurs à évacuer très vite; gênantes pour ce qu’elle avait à penser et à faire.
Et puis tous ces sens là s’étaient effondrés sur eux-mêmes…. Elle avait quitté la petite ville.
Devant il y avait de la pierraille et quelques pins nains, comme en construction; à droite il y avait la ville et déjà des artifices de lumières; à gauche c’était l’eau.
Une eau un peu sombre et simple et aphone, à l’orée de la nuit; mais lourde sur la terre, puissante sur l’air, odorante et perpétuelle dans l’ininterrompu du chant; comme un manège anonyme.
La mer marchait toujours, sûre d’elle, avec l’infini dans son ventre.
La fille se dit que l’eau serait le bon tombeau pour son coeur: l’eau de la naissance et de la fin: parfait.
Elle ôta ses chaussures, ses chaussettes, roula soigneusement le jean sur chaque jambe, et se mit à marcher vers la mousse blanche que l‘eau claquait par terre.
J’ai vu une ombre comme un poignard dur
couper la mouvance blanche d’un fil de lune qui traînait sur la mer.
Ut le 31/01/2009