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Juste un Cri d'elle à eux.

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Une vieille dame qui a plutôt de la chance

Le vent se déchire lourdement sous les tuiles provençales, juste au-dessus de son lit.

Comme souvent, trop souvent depuis quelques temps, le ventre de la vieille femme prend feu et réveille son cauchemar.

A peine de lumière derrière les paupières; juste l’appel doux au jour.

Avec ses jambes et ses pieds elle repousse le drap qui l’étouffe.

La petite chatte blanche ronronne en l’entendant gémir, et pose son corps contre une de ses jambes, repliée.

Ses yeux et sa bouche, clos et rapetissés d’âge, sourient; et la douleur s’atténue, s’évacue.

Elle a encore rêvé de ses deux cogneurs de vie: l’erreur d’être née fille, et l’accusation de mensonges: sa naissance, et puis la négation de son existence, de son être même, au nom d’un matricule de travail.

Il est trop tôt pour mettre la journée en route; elle est fatiguée, encore. Elle tourne, tourne sur le drap, doucement pour ne pas déranger la petite chatte, et se rendors; dans du noir.

Miaulement et ronron.

Yeux bleus insistants, fixes et comme étonnés.

Aigus sourds de la télé en bas.

La vieille femme ouvre enfin les yeux: elle a tout oublié. Elle ne sait plus ni le temps ni le jour. Elle sait juste qu’il faut se lever et vaquer.

Clairon de vaisselle: son fils est debout. Il doit être sept heures.

Doucement elle arrondit l’air, un geste après l’autre, pour ne pas réveiller la mémoire de nuit; et la peur.

Comme dans un souvenir sa tête lui dit qu’une maladie habite peut-être dans son ventre; qu’il faudrait qu’elle organise les vies qui suivront sa mort; et vendre la vieille voiture qui ne démarre plus, et mettre l‘argent de côté; peut-être s’acheter un vélo d‘occasion, pour éviter les bus et la foule; de toute façon il servirait au fiston, après; elle se dit qu‘il faudrait bien qu’elle profite de la lumière, sait-on jamais?

Vite elle s’assied, et ses mains caressent le pelage de silence qui va et vient autour d‘elle; et ses yeux caressent l’or qui déjà transperce le rideau en bas, mouille la pièce de soleil.

La journée sera chaude et belle.


Et quand la vieille femme nettoiera la litière de la petite chatte, elle s’apercevra qu’elle aussi, a eu mal au ventre cette nuit…

Ut le 08/07/2009

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A
<br /> La vieille femme a beaucoup vécu, elle croit être une vieille femme.....  <br /> subjection....objection....réfutation... la vielle femme est une jeune femme<br /> juste un peu lasse....par moments....c'est tout.<br /> <br /> <br />
U
<br /> Il y a des tas de moments vieux dans une vie. Ce sont les ratés, les pas compris, les entre-deux-chaises....<br /> Il faut assumer... et oublier :)<br /> <br /> <br />
K
Ma clé va lire chez moi mon dernier article,lol<br /> Je pense que tu vas aimer :)<br /> Kiss
U
<br /> Je conseille à tous ceux qui aiment venir ici, d'aller lire les articles d'hier et d'aujourd'hui (dans l'ordre), chez Kath ci-dessus: vous passerez deux bons moments, très différents<br /> l'un  de l'autre... c'est Kath!<br /> Bisous ma belle.<br /> <br /> <br />
K
Je suis extrêmement touchée et bouleversée par ton texte...<br /> A quoi tient la vie? Pas vrai? A la soyance du pelage d'un chat ami? A la peur de mourir seul? De ne rien laisser d'autre que ce peu que l'on a été?<br /> Bisous ma belle Ut
U
<br /> <br /> C'est ça l'important ma Kath: pas la vie, mais le pelage soyeux d'un chat ami :)<br /> Je t'embrasse.<br /> <br /> <br /> <br />
C
Je ne suis pas sûre que la vie ne reprenne pas le dessus, coûte que coûte...Et puis, il n'y a pas que la petite chatte qui sera malade, et ce fils ? Et les autres, aussi ?
U
<br /> Tu as raison. Et c'est pour cela que la vie reprendra le dessus: pour les autres!<br /> Merci beaucoup de ce que tu es: multicolores mélodies légères même au centre du noir.<br /> <br /> <br />
L
Bonjour,<br /> Je la vois, cette vieille dame ; peut-être, même, la connais-je ? Peut-être l’ai-je croisée dans les jours d’été, assise devant sa porte, sur le banc de pierre, chauffant ses vieux os au soleil ? Peut-être est-ce chez toi, dans tes lignes que je l’ai reconnue ? <br /> Peut-être… pourquoi ? <br /> Sûrement, je l’ai vue ! <br /> Y avais-je fait attention ? <br /> Pas autant que toi, certainement. <br /> Alors, tu m’as rappelé qu’elle existe ! <br /> Amitiés. Loic
U
<br /> Bien sûr que tu y avais fait attention; simplement on ne peut pas y penser tout le temps.<br /> J t'embrasse Loïc.<br /> <br /> <br />