Juste un Cri d'elle à eux.

Carrefour aujourd‘hui;
son bruit, ses falaises de bouffe et de produits à acheter parce qu’on n’en a pas besoin, sa foule, ses charriots à grincer au tournant des allées et à remplir coûte que coûte ...
Files de monde aux caisses.
Bof, j’en prends une au hasard, et j’attends.
J’attends… vingt minutes, montre en main.
La pauvre caissière se bat avec ses boutons de clavier, la machine à carte bleue qui ne fait pas ce qu’elle veut, une cliente qui… non, deux clients qui… on ne sait pas: restent un temps infini au paiement.
Je fais gaffe à la caissière: petite femme maigre, cheveux gris pas trop abondants, pas trop coiffés, un visage de galères, semble avoir largement dépassé l’âge de la retraite. Elle ne peut pas aller plus vite avec ses doigts à mitaines alors qu’il fait 24° dehors….
Je zieute alentour: deux travées à gauche un homme, cheveux blancs, gros manteau d’hiver « Carrefour« , se bat avec une autre caisse, larges mains malhabiles à faire glisser les produits au clic du scanner. Il est penché sur son travail, attentif…. Même pas vu qui il vient de servir….
Fatigués mais obligés de bosser parce qu’ils ont faim, qu’on ne les accepte plus au chômage, que les patrons cotisent moins pour les vieux….
Mes deux achats enfin réglés, dehors je bute sur une gamine, vingt ans au plus, qui fait la manche assise sur les pavés rutilants de la vieille ville de Toulon…
La Basse ville est lavée au karcher et à la voiture balais trois fois par jour; au Grésil tous les matins; à la vapeur un fois par mois…..
A cinq heures trente du matin pour aller récupérer mon train avant-hier, j’ai vu un employé à la propreté de la ville balader son balais et sa pelle en plein froid…. Je lui donnais soixante dix ans….
Ut le 10/10/2008