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Juste un Cri d'elle à eux.

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Marjorie

C’était une fille brune; un petit noyau d’olive à courir et à parler fort.

Elle avait des yeux à fleur de visage, très ronds, très grands, très noirs. Si noirs que souvent on ne savait pas comment ils regardaient, et qu’il fallait les mimiques de son visage pour qu’on comprenne les sentiments et tout le reste.

Et pour se protéger encore, et la rendre encore plus belle, tout ce noir brillait à l’ombre de longs cils recouverts de khol.

Ses cheveux étaient un buisson tout autour, et aucun peigne n’arrivait à les ranger sous la casquette de Police.

Elle avait la taille fine, des fesses rondes, moulées dans le pantalon d’uniforme.

Alors quand il y avait des stagiaires, c’était souvent dans son bureau qu’on finissait par les trouver.

Marjo avait trente ans; était officier de police judiciaire; et elle n’aimait rien tant que son métier.

Elle était toujours la première à dévaler les escaliers du commissariat, même sans le ceinturon porteur d’armes, à courir où elle avait entendu la filade s’enfler, dans la cité.

Il faut te dire que les filades du quartier, c’était souvent avec du sang.

Et le beau gardien de la paix qui lui avait offert la bague des fiançailles, et dont elle aimait les bras à se blottir comme une enfant, entre deux tâches ou entre deux portes, était à ses ordres, à son respect.

Marjo travaillait tout le temps.

Jusqu’au jour où elle a pleuré.

Elle avait des sanglots comme les bébés, mais elle criait sa colère, un mouchoir en boule dans les mains, à tamponner ses yeux qui déteignaient.

Et je peux te dire que sa colère avait raison.

Peu après elle, j’ai quitté le commissariat.


Ut le 26/07/2009

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M
Y a des métiers comme ça, de fou! Je sais Ut....Un jour je quitterai mon magasin!
U
<br /> Ah bon, tu vends quoi? A qui?<br /> Des aquariums? des poissons?<br /> des miroirs de vies?<br /> <br /> <br />
C
Quelquefois il faut savoir pleurer, d'autres fois on oublie...
U
<br /> On oublie trop souvent....<br /> Je t'embrasse, toi qui sais pleurer en couleurs tendresses....<br /> <br /> <br />
D
je vous lis depuis longtemps, votre site dans mes favoris, j'aime votre lucidité humaine et votre sensibilité écorchée,une vision humaine du bleu, c'est si rare, pourquoi ces larmes ?
U
<br /> Parce que le bleu était synthétique...<br /> <br /> Votre blog est un cri en mots du dedans, à fleur d'âme.... il aurait dû figurer dans mes liens d'amours depuis longtemps!<br /> Oyez! oyez! mes amis: chez Daniel diaphane il y a à manger et à boire; à partager, au fond des yeux!<br /> <br /> <br />
J
un bel hommage, les mots peuvent être magiques !<br /> merci<br /> jluc
U
<br /> Chacun sa "spécialité": moi je bave devant tes recettes, que je n'ai ni le courage, ni le talent d'oser même penser à reproduire!<br /> Merci encore pour ton blog: il est vie pure, pleine, rebondie... un grand rire au cul des emmerdes!<br /> Baisers chez toi.<br /> <br /> <br />
G
oui, pourquoi a-t-elle pleuré? quelle injustice lui a ôté le désir de continuer ce travail ?
U
<br /> Ah ma Gazou: tu donnes toi même la réponse: injustice - travail....<br /> Je n'ai pas le droit d'en dire plus... et après tout, quelle importance?<br /> L'important est qu'elle ait repris son travail, elle, entière... Mais ailleurs :)<br /> <br /> <br />