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Juste un Cri d'elle à eux.

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2 - 2

... Alors elle étai partie une première fois avec l'enfant.
Elle avait quitté le regard absent de l'appartement, et s'était introduite dans la chaleur ouatée et douillette de celui de ses parents à Paris.
Une première fuite en dehors de P., au delà de la folie et du rejet, pour un monde où elle avait presque déjà du mal à se mouvoir, à en retrouver les codes; un monde où les autres posaient leurs mains bien ouvertes devant eux, un sourire dans les yeux.

Et P. téléphonait. L'emmêlait de rage impuissante, de solitude désespérée... et Ut était rentrée.

A la gare de Marseille, lorsque ses yeux lavés de l'absurde s'étaient posés sur son grand amour sombre, Ut avait enfin réalisé la fêlure, deviné la prison, frissonné le glissement de son infinie tendresse dans le trouble de la peur.
Elle regardait P., elle se regardait, et leur béante distance se solidifiait. Elle marchait vers cet homme perdu, et son amour se glaçait - extérieur- n'existant déjà plus qu'un peu au passé, dans le souvenir.
Ut n'accompagnait plus P.: elle le laissait poser son ombre à côté de la sienne, vaguement écoeurée, regrettant presque tous ses dons: les dons de son corps, de son âme, de sa pudeur, des enfants... le bébé...
Et de retour à la maison, déjà courbée sous les reproches de P., elle se vidait de sa tendresse stérile pour lui, de larmes amères pour elle... et P. redevenait fou de haine impuissante.

Qui portait Dieu? Qui portait le Diable?

Le cahos de leur vie de sursauts d'amour magique en soubresauts de peur-violence.
Quand elle tentait de lui caresser l'âme, pour s'apaiser et nettoyer son coeur de femme des vilaines traces du dernier mépris, tout son être à lui se redressait et la repoussait.
L'incapacité de P. à combler ce qu'elle avait reniflé à la gare - ce désert entre leurs deux soifs- justifiait sa jalousie. Pour ne pas s'en asphixier, il l'acablait des mots vulgaires qui brisent.
A vif tous les deux, leur âme tressautait à chaque dissonnance que le souffle vivant des autres leur apportait par bouffées irrégulières... Ils n'existaient que seuls avec les enfants.
P. en pointillé au travail à présent, grignottant le temps d'Ut qui ne parvenait plus à reprendre haleine entre deux blessures.
Interrogation des regards, quand elle entrebaillait la porte sur l'imprévu de ses retours; lui suspendu, un instant indécis; elle tendue et trouble. Il va? Il va pas? Elle s'efforçait de lisser son visage, de lui mentir un sourire ... et Ut recevait le visage de P. dans la figure!...: le faux, il connaissait si bien!
Et ses traits se gommaient, sa bouche s'étirait, ses yeux hurlaient. Et l'horreur bruinait tout autour de ses gestes, tournoyait avec lui dans tout l'appartement...
...Jusqu'à ce qu'il se calme de musique dans l'élégante bibliothèque-auditorium noire et grise, tout au bout du dernier couloir...
La seule pièce ultime refuge-dortoir d'Ut meurtrie, la nuit.


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D
Concerne mon poème "Ce petir mot :Maman !'"<br /> <br /> Bonjour Ut,<br /> Je te remercie infiniment pour le commentaire laissé sous ce poème.Oui la force entre une mère et son enfant est immense !<br /> Je vois que tu évris aussi Ut, et de bien bien belle façon.<br /> je te soufaite une bonne continuation poiur la suite...<br /> <br /> Très amicalement<br /> Dominique
M
Merci de ton passage sur mon blog www.violetteruer.com<br /> je vais devoir prendre tes récits au début! Alors demain je m'y attèle sérieusement. Bonne fin de soirée. Amicalement. Violette
U
<br /> Non Violette, tu viens si le vent te pousse : ne t'impose rien... c'est ça aussi la lecture :)<br /> Bonne nuit à toi.<br /> <br /> <br />
S
bienvenue dans ma communauté les écorchés vifs !!! j'attends avec impatience tes contributions. @ bientôt
U
<br /> Obligé de se bouger avec tes mots imposés.... génial Sam!<br /> <br /> <br />