Si Ut ne regarde plus son corps, tellement il est différent, et vieilli et stérile sans la caresse du regard de P.
...elle fouille désespérément son visage, à la recherche d'elle même: elle se regarde et ses yeux butent sur le pli amer et laid qui casse l'arondi de la joue qui, avant, soulignait le dessin net de sa bouche; il y a aussi maintenant ce quelque chose de mou dans le bas du visage, qui défigure l'image de l'ancienne Ut; et puis ces yeux, qui ressemblent à sa peur, qui disent qu'elle a égaré la musique vibrante qui ouvrait son chemin de vie.
Ut inspire éperduement, écoute jusqu'au bout de son attention... et n'ose pas poser un pied puis un autre; parce qu'aucune étincelle n'éclaire son futur, ne lui épargne les obstacles, ne lui chante l'aube dorée, ne brise son hébétude aveugle.
Et Ut continue, pour les enfants, dans cet infini obscur, trimballée par ses aînés, malmenée par P., le bébé blond en berceau dans ses bras; la mort au bout....