Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Juste un Cri d'elle à eux.

Publicité

Chapitre 4

Les immenses yeux du fils aîné, chauds et nets et chatoyants, une interrogation toujours ouverte derrière le regard, épinglent Ut de leur invincible droiture. L’ado et son fardeau de vie haut balancé, comme une victoire; qui marche, tâtonnant encore du bout des pieds, mais toujours vrai sur son chemin lumineux et abrupt d’enfant-foi; prince Arabe au milieu de l’incohérence du monde.

Il lui jette doucement des vérités d’elle qu’elle ne reconnaît pas, et lui remet son jugement, comme seul l’amour vierge d’un enfant en a le droit et le pardon.

Il mène puissamment la mère égarée, à contre-courant d’elle-même, gommant sa propre angoisse d’encore enfant avide d’elle; sa peur de ne plus jamais reconnaître vraiment son premier idole.

L’enfant prend soin d’Ut et Ut est attentive à l’enfant premier qui n’en finit pas de naître et de grandir sous ses yeux; dans son ventre.

Il veut qu’elle s’oblige à une entaille: ne plus voir P. pendant quelques semaines; fuir ce tourment et la canicule de Juillet; s’installer le temps d’un repos au chalet de montagne de ses parents, juste elle et tous les enfants.

Et Ut s’éveille, après une longue nuit sombre dans un train, dans la caresse retrouvée du souffle des montagnes; dans l’odeur résineuse du tout vieux, tout petit chalet de bois.

Et la légèreté de la goulée d’air l’oblige à frissonner et à prendre le temps, le pas de la nature: cuivre du soleil gourd des après-repas, au jardin; clavecin du froissement rassurant de la pluie sur le toit d’ardoises; roulements lointains de l’orage qui monte de la vallée, le soir, et s’ouvre, déchiqueté, sur les aiguilles qui clôturent l’horizon; moutonnements cotonneux qui dissimulent l’acier bleu-noir des pics d’ardoise glacée.

Ut respire tout cela, mais de loin; de derrière la mémoire heureuse de l’enfance.

…Et puis il manque des notes: les éclats blancs des névés éparpillés ne lui sonnent plus leurs trompettes claires; la forêt mystère ne lui coasse plus les conte terrifiants, ne chante plus ses cascades rieuses...

…Autre vie… plus chez elle.

Juste une parenthèse de santé.


 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article