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Juste un Cri d'elle à eux.

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4 Suite

Parce que l’âme d’Ut lui fait aussi mal au corps:

Elle saigne.

Un saignement lourd, gluant, brunâtre.
Il était venu le jour où elle avait quitté P. et leur foyer; s’était arrêté le lendemain de son emménagement dans l’appartement clair et haut et pur; il est revenu quand elle a su qu’elle s’en irait plus loin de la présence syncopée de P.

Médicaments.

Isolement.

…Et puis il y a eu ce bleu Goya d’un instant de grâce sous les vieilles montagnes, au sortir d’une messe imprévue au cœur du village: la pluie-cataracte dehors, le bébé chaud dans ses bras, Ut accroupie sous le porche de l’église, et sa bouche qui murmure contre le front de l’enfant, comme une réponse à l’écho du recueillement.

…Mais un jeune gars est venu.

Elle avait vaguement pressenti le dard du regard bleu-cascade s’enrouler autour d’elle et de l’enfant. Il est venu, aimanté par cette douceur bienheureuse qui la couvre quand elle a vraiment prié.

Elle ne l’a pas tout à fait rejeté: elle espérait qu’il ne parlerait pas, qu’il s’envelopperait seulement de sa chaleur; et s’en irait…… il a parlé: il a dit son prénom, trouvé un mensonge pour rester et l’inviter, banalement, médiocrement.

Connerie de foutue communication verbale! Mots sans musique.

Mais comment s’y prennent-ils pour ne pas piger qu’un coin de bonheur c’est si souvent le silence du dedans vers dehors; juste un don de silence souligné par les yeux?


Ut a fui. Honteuse, gâchée dans son humble bien-être intemporel. Flétrie alors qu‘elle n‘était qu‘un fil d‘instant, elle dans son enfant; que le mince éclat d‘une caresse divine.

Elle veut rentrer à Marseille. Décidément, les épanchements nuageux sur les aiguilles noires, la profonde pluie persistante que dégorge l’herbe du jardin, ça marginalisait trop le désordre de sa tête.

Seule ou le bébé au creux de ses genoux, elle passe les heures, assise sur la dernière marche de bois verdi de l’escalier qui grimpe au balcon du chalet.

Elle effleure les autres.

Elle leur maraude une vie fourmillante de minuscules détails domestiques, de rubans de dialogues rassurants… elle aménage son vide, pour participer un peu, de cette vie vivante qui passe à côté d’elle, sur le sentier des ballades d‘été.


 

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