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Juste un Cri d'elle à eux.

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4-2

Et Ut s’embrume la cervelle à démailloter sa vieille route à elle, tout en rêvassant les autres, le nez dans le parfum onctueux des cheveux du bébé:
Pourquoi les hommes qui tombaient dans sa vie étaient-ils toujours de guingois, fleurant le mal de vivre?
Le premier, le fier algérien qui traversait l’espace avec un aigle fluo gravé dans le dos de son blouson; celui qui lui avait enseigné l’autre côté de l’amour: la volupté. Quand il avait senti que c’était pour la vie, il avait trouvé d’autres mamans à leur fils.

Ut avait dû disparaître avec les aînés, apprendre la capitale, la maternelle, le boulot et la faim.

…Alors pour la tendresse, après ce premier viol, elle s’était adressée à une femme….

Mais avec le temps, sa jeunesse et l’urgence de vivre, Ut avait guéri et voulu un autre bébé… mais pas d’amour… surtout pas se piéger dans le quotidien d’une présence, d’un duo.
Alors elle avait fait son choix: un beau et gentil gars blond-bleu… qui sentait encore l’assistance publique…
Ils avaient mijoté une petite fille, toute en noir et blanc, douce et tendue; et des yeux de lumière!
Et Ut avait écarté le père androgyne, doucement: il était juste resté le papa des jeux et des rires; des luxes des cadeaux.
Ut, elle, protégeait, contournait les méchants; elle tuait les mots qui blessent, hargneuse, mère… avec au bout plus assez d’espace pour la nouvelle petite fille blonde qui allait les submerger de sa violence de vivre.

La petite fille blonde était venue parce qu’Ut vivait trop seule dans ces montagnes si étroites et si hautes; qu’elle était au bout de sa fatigue et de sa résistance… parce qu’elle avait encore une fois trop faim, entre ses grandes toiles invendables et ses heures de ménage.
Et puis l’hiver. Ut sciait le bois du soir pour nourrir la vieille chaudière à court de charbon; le bois du matin pour éveiller la maisonnée.
Et une cassette de Nina Eigen à tue-tête, elle traversait le village dans la vielle guimbarde qui lui servait à emmener les enfants à l’école du village, comme dans un grand rire, pour délier les muscles douloureux d’avoir pelleté la neige et cassé la glace; pour rester attentive sur la route blanche des lourds flocons de la nuit; pour mettre de l’enthousiasme dans le sourire qu’elle donnerait aux enfants à l’aube de cette éternelle nouvelle journée lasse et froide.

Quand ce mec était entré dans sa vie, un verre de trop dans le regard, gras et rigolard, les poches pleines aussitôt vides, Ut avait laissé faire.

Et la petite fille blonde était venue.

 
 

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F
Merci d ta visite
U
<br /> Et à toi merci de nous faire découvrir ces artistes qui tissent de si beaux rêves!<br /> <br /> <br />
U
Désolée pour la police de l'écriture: je me suis perdue et pas retrouvée ;)