Juste un Cri d'elle à eux.
Le déluge d’ hier a fini par chasser la traîne d’hiver qui flottait sur nos vies.
La chaleur est tombée. Les pauvres et les vieux se sont assis sous les coins d’ombre. Les aigus de la ville sont devenus plus graves et plus assourdissants.
De la vapeur de poussière vole leur netteté aux êtres et aux choses.
Un deux-ton de pompiers qui ne reflète plus rien dans l’abrupte lumière de midi, tente de se frayer un passage au milieu des langueurs sourdes.
J’ai marché et j’ai trouvé la petite plage de cailloux, engoncée entre deux terrains militaires déserts, parée de juste ce qu’il faut d’exotique et de civilisé: trois personnes enfermées chacune dans leur soleil.
L’eau à radieuse ébroue ma peau d’hiver sèche et terne; fait gicler le souvenir monotone des cigales, l'odeur salée des vacances.
J’ai quitté la petite plage devant le massacre des méduse: les alongés du bord se sont dégourdis de leur soleil , ont pris de vieux sac en plastique, et, pour avoir libre accès à la mer, on cueilli les diaphanes gouttes de mer violacées.
Hors de l’eau, amoncelées sur les déchets de mer, elles respiraient encore, de plus en plus translucides et bossues et granuleuses.
Ut le 10/06/2008 ![]()