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Juste un Cri d'elle à eux.

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Je ne le savais pas, mais ça y était: ma vie recommençait

Il est 16 heures 30.
La salle est très vaste, toute en longueur, avec par terre des espaces neutres et des espaces couverts de longs planchers étroits, à intervalles réguliers. Les planchers sont disposés en long dans une grande largeur de la salle. Des vitres sur toute la hauteur du mur au fond, une porte-fenêtre à gauche, des néons allumés même au plus clair de cette journée de mai. 
au de-là des planchers, à gauche, les haltères et machines de musculation; un petit tatami. A droite, au bout des planchers, les barres chargées de poids d’haltérophilie, sous des supports de barres.

Je dis « Salut; je suis bien dans la salle où François donne ses cours? » Un grand mec d’environ 18 ans me dit « Oui; il ne va pas tarder ».
Je m’assieds sur le repose-pieds d’une machine et je regarde: côté haltéro, le grand gars s’entraîne; une toute jeune fille blonde s’échauffe; une belle fille brune et fermée attend sur une chaise derrière un vieux bureau de bois, face au gars qui s’entraîne.

« Bloum! » : c’est la barre chargée qui retombe; les poids recouverts d’une sorte de caoutchouc rebondissent littéralement sur le sol rouge et un peu défoncé, de part et d‘utre d‘un des planchers. L’air est un peu opaque, et je comprends pourquoi quand je vois le grand gars s’enduire les mains d’une poudre blanche.
De temps en temps un regard coule vers moi et repart aussitôt; il n’y a presque pas de paroles: juste des sauts avec une barre, et de la sueur qui imbibe lentement le corps du gars.

Je jubile et je suis terriblement impressionnée.

François débarque, et l’air change: les personnages de la salle deviennent des gens qui parlent, rient. François me regarde et dit: « C’est bien. Tu es venue.
- Oui.
- Alors prends un bâton et échauffe-toi. »
Durant les trois maigres leçons de groupe que j’avais eu la chance de recevoir de François, nous avions appris à nous échauffer, et je me lance dans une singerie maladroitement de la théorie.
«  Saute! »
Je saute n’importe comment, mon bâton à bout de bras.
J’ai sauté 1 heure, passant du bâton à une vraie barre de 20 kg.
Je sue.
François me regarde, corrige « Recommence ».
« C’est suffisant pour aujourd’hui. Tu fais des squats; 4 séries de 3. »
Les squats, le socle de l’haltérophilie: une barre sur les épaules ou sur les clavicules, il faut s’accroupir et se relever. Et charger la barre. Et recommencer. Jusqu’à épuisement ou jusqu’à ce que la barre tombe, les muscles vides de la force suffisante pour lever le poids.
Et puis après les lombaires, en équilibre ventral sur une machine; et puis après les abdominaux « Au moins 100 »; et puis après les étirements, et tout le monde qui bavarde, et le bruit des poids qui tombent qui s’est tut: c’est la fin de la séance d’entraînement: il est 20 h.

Ce soir-là j’ai presque hurlé à chaqu’une des marches de mes 5 étages. Mes genoux m’ont brûlée toute la nuit, tout le lendemain, toute la nuit suivante… et j’y suis retournée.
Je me suis inlassablement accroupie au-dessus de la barre chargée, puis j’ai sauté avec cette immense barre dans les mains, ces poids si lourds, ces genoux qui brûlent.

Et puis j’ai encore et encore recommencé.
Aux squats je retenais mes larmes.

… le lundi suivant j’y étais de nouveau…. Je ne le savais pas, mais ça y était: ma vie recommençait.

  Ut le 08/06/2008 

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C
Je sais ce que c'est j'en ai fait un tout petit peu, et dans le cadre d'animations pour le Téléthon. Bref, je faisais ma "costaude" avec les copines aussi novices que moi au milieu de mecs super-baraqués qui riaient dans leurs moustaches en nous écoutant nous lancer des défis... Le lendemain matin j'étais presque incapable de me coiffer et de marcher... Mais le téléthon c'est tout un week-end, alors on prenait un Doliprane, une douche bien chaude et on y retournait, on avait mal... mais c'était génial ! Merci pour ces beaux souvenirs que ton texte si bien écrit m'a fait remonté. Amitiés. Clo
U
<br /> Oh que je suis contente que tu ais connu ça Clo! Ca me fait le coeur bonheur!<br /> L'haltéro me manque tant!.... Je crois que cette année je vais être assez sage pour ne pas m'y relaisser prendre: j'y laisserais mes genoux...  Mais Dieu que ma barre me manque!<br /> Jet'embrasse.<br /> ... Et BRAVO pour le téléthon!<br /> <br /> <br />
L
Bon, soyons clair, tout y est tellement, du bruit, à l'odeur que je suis épuisé...<br /> un souvenir je pense...<br /> POURTANT, après, la fatigue, quel bonheur.<br /> Comme tous les sports.<br /> merci pour l'entraînement
U
<br /> :) Cet après-midi je suis allée applaudir une petite compétition où la plus jeune avait 8 ans (quelle merveille de grace indomptable!) et le plus vieux 20 ans... j'étais plongée dans un rêve<br /> de mousse dont chaque bulle était une leçon de vie humble et pétillante de rires, sous les efforts douloureux invisibles: juste un jeu, juste pour le plaisir et faire plaisir.<br /> En haltéro, quand quelqu'un s'attaque à une barre qu'il (elle) n'a jamais fait(e), on ne lui dit jamais: "Vas-y, fonce, soit fort(e), défonce-toi", mais toujours: "Fais toi plaisir".:)<br /> <br /> <br />
T
Je n'ai pas beaucoup pratiqué, mais suffisamment pour savoir que le lendemain du premier jour -et les jours suivants- on "déguste".<br /> Ou comment la découverte du sport -mais aussi de l'ambiance et de la vie autour - peut changer une vie !
U
<br /> Quel plaisir de parler à un ancien haltérophile!  As tu seulement dégusté, ou aussi aimé? Et tu es passé à quoi, ensuite?<br /> <br /> <br />
M
Ta vie recommençait, c'est très fort comme phrase! Un petit coucou en passant. Je ne veux pas être indiscrète mais que veux-tu dire? A bientôt. Malou
U
<br /> C'était 5 ans après P. (dans "Juste un cri"). Le sport, ce sport, m'a remise droite sur mes pattes et dans ma tête... je pense que si j'avais pratiqué avant je n'aurais jamais rencontré<br /> P.!!!<br /> <br /> <br />