Juste un Cri d'elle à eux.

Recroquevillée sur sa douleur, elle passe le temps à son heure.
Ce n’est plus l’heure de la vraie vie;
en quelque sorte celle d’un espace de survie de l’âge sur le temps.
L’âge qui écrase son corps,
qui va chercher l’âme dans ses vieux souvenirs.
Sur ses yeux grands ouverts elle ne regarde que dedans;
sans doute parce que ça fait mal d’ouvrir aux vies alentour
la note fermée de la mort qui pianote.
Elle n’a plus l’cœur, la pauvre vielle
de sourire ou de rire.
Ses nuits contre Ses jours,
elle ne sait plus vraiment dormir,
engloutie dans le chagrin des ans qui ont tanné les plaisirs
éteint les lendemains.
Alors elle jacasse, elle tracasse.
Alors elle gémit, elle se plaint.
Toi ta vie en soleil peinte au bord de tes yeux de lumière,
tu ne sais plus l’unir aux soupirs de cette femme là,
qui tremble ton désir de la chérir.
Ce vieux corps, cette vielle vie qui il y a si longtemps t’a nourrie.
Et ton geste s’arrête.
Et ta mère ne sait pas à l’aube de mourir
ce cri tu en toi,
cette douleur au ventre,
cet espoir à l’enfanter pour la vie.
Pour l'espoir infini de l'amour lourd d'une enfant pour sa maman.
Ut le 07/07/2008
Publication autorisée pour Malou.