Juste un Cri d'elle à eux.
Et puis un jour elle s’était mise en colère.
Un gamin, un certain Dominique, était là sur leur route d'école, empêchait sa sœur de traverser, disait des mots que Joe n’arrivait pas entendre pour de vrai. Il poussait la soeur contre le mur au fond du trottoir. Il avait un canif dans la main.
Joe a dégagé sa sœur, s’est mise à sa place, a regardé le garçon, le canif, et a giflé.
De toutes ses forces.
Le gamin est parti en courant. Joe et sa sœur aussi, couvertes d’une vraie trouille; celle qui conduit à l’école sans fatigue, dans un seul battement de cœur.
A l’école elles n’avaient rien dit.
Juste, Joe avait entendu dire par les grandes qui fréquentaient le fond de la cour, tout contre le mur infini qui séparait la cour des filles du bruit de celle des garçons, qu’un certain Dominique avait été ramené en larmes au directeur, sous la protection d’un commerçant chez qui il s’était réfugié.
Joe devait apprendre l’année suivant que Dominique avait été enfermé dans une « maison de redressement », comme on disait.
Il aurait frappé sa mère…
Elle avait découvert sa violence. Elle avait décidé de l’oublier.
Ut le 05/06/2008 ![]()