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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 08:02

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Le vin est de cuivre vermillon.

La viande saigne encore le blanc des assiettes.

 

Et une bougie sonne son unique note dorée.

Elle monte rapide sur la pointe des pieds, balance son rythme de silences, et puis se recroqueville, affolée d'air, au creux de son refrain de verre.

Et encore et encore, la flamme chante ses ballades aiguës ; légère et superficielle.

Elle se donne à voir sans à peine en rougir jusqu'à la ritournelle mortelle...

 

Chuintement. Acre fil de fumée brûlée...

 

Le vin est de cuivre vermillon.

La viande saigne encore le blanc des assiettes.

 

Ut le 04/10/2012

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 04:35

 

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Même si le jour n'est pas encore mort parce qu'on a truqué le temps avec nos aiguilles de montres, souvent en fin de service dans l'ascenseur du commissariat, on rencontre les yeux palanqués.

Au compte goutte ; les uns après les autres ; en grand silence.

Ils glissent presque sans faire de traces. Faut dire que sous les yeux palanqués la peau est tellement pâle et triste, qu'à peine ces humains là ressemblent à ceux qu'on connaît.

Bien sûr ils le savent et font vie à part ; même dans l'ascenseur.

 

Je me changeais pour partir ; elle se changeait pour prendre son service.

Elle avait les yeux noyés dans des orbites effondrées, et la peau du visage si blanche, si molle.

Pas plus de 35 ans certainement.

Des années de nuit, certainement aussi.

Elle boutonne une chemise qui ressemble à son visage.

Clic-clac-clac, le pistolet est vérifié puis armé. Clac, à la ceinture... ça lui a pris quelques secondes. Un automatisme comme un autre. Elle prend son pétard comme une femme d'ailleurs attraperait son sac pour aller faire trois courses.

 

Je lui souris à peine, comme une excuse.

Cette fille a de grosses lèvres blêmes, et un sourire immense qui éclaire ses yeux.

C'est fugitif mais c'est beau.

Une femme belle sous un visage et un uniforme avachis, sous des cheveux blonds raides courts, même pas coiffés.

 

Elle me parle de son enfant. Que c'est pour être plus souvent tout contre lui qu'elle a choisi de travailler la nuit.

 

Dans cette ville où on bosse toutes les deux, aujourd'hui on a tiré sur un flic.

 

...Pourvu qu'on ne fasse pas de mal à cette flic-là... jamais!

 

Ut le 30/03/2011

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 11:15

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Tu sais quoi, toi qui m'écris et à qui je ne réponds pas?

Tu sais quoi?


Deux femmes jeunes et belles se croient persécutées par un ancien amour ou l'amour des parents.

Un homme sans domicile est persécuté par d'ex-promiscuités de prison.

Une jeune femme ne s'est pas achetée de chaussures d'hiver, pour pouvoir payer une serrure à la personne qui l'emploie et dont elle s'est fait voler les clés.

Un homme a trouvé son fils mort au milieu d'une rue qu'il ne connaît pas.

Une mineure n'ose pas porter plainte contre son beau-père.

 

Tous les jours....

 

Ut le 04/12/2010

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 14:17

A toutes fins utiles : En France, l'usurpation d'identité peut être sanctionnée de 5 ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende comme le précise l'article 434-23 du Code Pénal.

L’usurpation d’identité débute toujours par la collecte de renseignements personnels sur l’individu fraudé. Les renseignements personnels peuvent être le nom, le numéro de téléphone, la date de naissance, l’adresse, le numéro d’assurance sociale, le numéro de carte de crédit, le mot de passe de carte de débit ou toute autre information permettant d’identifier la personne.

 

De plus sont des facteurs aggravants ce délit :

 

L’utilisation, de manière réitérée, sur un réseau de communication électronique de l’identité d’un tiers ou des données qui lui sont personnelles, en vue de troubler la tranquillité de cette personne ou d’autrui, et l’utilisation, sur un réseau de communication électronique, de l’identité d’un tiers ou des données qui lui sont personnelles, en vue de porter atteinte à son honneur ou à sa considération 

 

Simone, ceci est mon unique et dernier message d'avertissement.

 

Ut le 09/09/2010.

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 19:24

 

C'était l'heure de la « bascule » pour la brigade qui revenait après avoir fini tard la veille ; l'heure de la relève pour les « nuiteux ».

Les ombres silencieuses arrivaient les unes après les autres depuis la nuit noire, s'engouffraient ahuries dans la lumière cinglante du petit poste jaune sale, et saluaient sans bruit leurs collègues embrouillés de fatigue...

C'était l'heure gourde.

Puis un étroit couloir bordé à gauche par les vitres et les verrous des geôles, et certains s'arrêtaient à la « cuisine », glissaient trente cents dans la machine qui vibrait alors de bruits brutaux, et dégueulait du café dans des gobelets de plastique blanc ; les autres montaient aux vestiaires, se changer.

Et quand, vite pour le repos des collègues, le chef de poste s'attelait à la relève et aux consignes des « nuiteux », la brigade en uniforme s'écroulait sur les chaises de la cuisine.

La pièce était carrelée vieux, en contre-bas du sol là haut. Elle sentait la sueur et le café.

Des Bonjours s'échangeaient comme du blanc-silence sur le gris du moment, jusqu'à ce que l'un des visages à uniforme commence l'histoire d'un événement de la veille, ou qu'un autre s'étire dans un grand bâillement...

C'était parti : on pouvait allumer la radio et annoncer la mise à disposition d'un groupe de jeunes flics pour plus de huit heures d'appels 17.

 

Ut le 23/08/2010.

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 06:16


Je ne sais pas comment elle fait:

C’est juste avant le lever de l’âme; à l’éveil des pleurs du dedans, des yeux clos derrière le dernier coin ricanant du dernier mauvais rêve;

à cet instant précis où les mots naissent en lettres rouges: «Je ne serai plus jamais flic!»… et que c’est si triste! au souvenir de toutes les détresses sauvées un peu; aimées par-dessus tout: le gilet pare-balles, les gants, les armes; du grinçouillage de la radio qui rassemble, unit, tous ces hommes et toutes ces femmes d’uniforme; et ces sirènes. Et la misère. Et les enfants. Et les mères. Et les fous. Et l'éperdue violence.


A cet instant précis où l’esprit se souvient du cauchemar: du commandant de police méprisant, grandit de son révolver, hurlant; de cet autre pleurant tout ce carnage, y compris l’assassinat des clowns-marionnettes de bois coloré qu’il avait pendu contre la crasse, dans ce qui n'est plus, son bureau.


La petite chatte blanche a empli la pièce de son chant énorme, et frotté son corps avant les larmes, tout contre mes terreurs.


L’aube, encore aujourd’hui, ne sera pas en pleurs.


Ut le 22/08/2009

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 06:07


Quand tu sors du métro National aujourd’hui vers dix sept heures hiver à Marseille, d’abord tu renifles: ça sent le brûlé.

Tu montes tout droit, et le Mistral t’apporte de grosses bouffées caoutchoutées comme si des pneus brûlaient quelque part, tout près; et puis l’air est comme ouaté de fumée.

Tu montes encore et tu vois la cité: terres pleins de cailloux, barres gris sale; paraboles à tous les balcons.

Juste avant les immeubles, à gauche de la fumée, il y a un parking de bandes jaunes; vide. Ah non , pas tout à fait: un camion des marins pompiers y brille de tout son rouge.

Derrière, avec un lambeau bleu-blanc-rouge vrillé de vent, et des barreaux aux fenêtres, il ya un commissariat de police.

Si tu pousses la lourde porte éculée de tant de mains, tu es à l’accueil: banque de bois griffée de toutes les clés qui s’y sont impatientées ou hurlées; murs et sol sans vraie couleur; sièges de fer noir fixés par terre.

Il y a du monde. Plein de gens qui ne font pas de bruit: des pompiers sombres, des hommes en bleu… et du sang. Beaucoup de sang sur l’homme qu’on a assis dans l’encoignure derrière la porte, sous les barreaux.

Les pompiers s’activent sur l‘homme. Les flics aussi, aux radios.

Tout se fait comme si on n’entendait pas les paroles; comme si la douleur du mec était la seule à crier, à remplir l’espace.

L’homme est jeune, 25 ans peut-être; tout fin, avec deux grosses bosses de chair à la place des yeux, et le visage balafré de pics rouges; et du sang qui saigne jusque dans ses cheveux.

Si tu questionnes un flic, il te dira qu’il y a une guerre au B12.

Le B12, c’est le pire; avec le A1.

Derrière le A1 il y a plein de motos brûlées.

Devant le B12, c’est la drogue qui chaîne les jeunes, dans les poubelles des cafés.

Aujourd’hui ils ont brûlé une voiture, poignardé l’homme.

Ils vont continuer. Ils ont dit qu’ils allaient brûler la cité.

La cité, elle s’appelle « Belle vue ».

Bientôt des dizaines de CRS bleus-marine et noirs, avec leurs casques leurs boucliers leurs jambières et leurs armes, et puis des gyrophares, comme des hurlements bleus giclant la nuit partout, pour cerner les ombres cagoulées; pour faire la guerre avec eux.

Tu t’en vas, parce que la guerre finalement ça te fait peur; bien plus peur que le mec qui meurt surement, là, à même le fer de la chaise, barricadé de pompiers, de flics et de radios.

Ut le 27/11/2008

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 11:29

C’était une fille brune; un petit noyau d’olive à courir et à parler fort.

Elle avait des yeux à fleur de visage, très ronds, très grands, très noirs. Si noirs que souvent on ne savait pas comment ils regardaient, et qu’il fallait les mimiques de son visage pour qu’on comprenne les sentiments et tout le reste.

Et pour se protéger encore, et la rendre encore plus belle, tout ce noir brillait à l’ombre de longs cils recouverts de khol.

Ses cheveux étaient un buisson tout autour, et aucun peigne n’arrivait à les ranger sous la casquette de Police.

Elle avait la taille fine, des fesses rondes, moulées dans le pantalon d’uniforme.

Alors quand il y avait des stagiaires, c’était souvent dans son bureau qu’on finissait par les trouver.

Marjo avait trente ans; était officier de police judiciaire; et elle n’aimait rien tant que son métier.

Elle était toujours la première à dévaler les escaliers du commissariat, même sans le ceinturon porteur d’armes, à courir où elle avait entendu la filade s’enfler, dans la cité.

Il faut te dire que les filades du quartier, c’était souvent avec du sang.

Et le beau gardien de la paix qui lui avait offert la bague des fiançailles, et dont elle aimait les bras à se blottir comme une enfant, entre deux tâches ou entre deux portes, était à ses ordres, à son respect.

Marjo travaillait tout le temps.

Jusqu’au jour où elle a pleuré.

Elle avait des sanglots comme les bébés, mais elle criait sa colère, un mouchoir en boule dans les mains, à tamponner ses yeux qui déteignaient.

Et je peux te dire que sa colère avait raison.

Peu après elle, j’ai quitté le commissariat.


Ut le 26/07/2009

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 15:36
Reçu via internet... vous pouvez y aller, c'est tout juste....

Tu es un vrai policier si :

Tu as passé un concours niveau bac. spécialisé, et que tu es pourtant en catégorie C.


Si tu as attendu plus d'un an pour entrer en école, sans savoir où tu allais atterrir après.


Si quand en arrivant en école, on te refroidit directement en te disant que statistiquement, 3 élèves de ta section seront morts avant la fin de leur carrière.


Si on t'a laissé moins d'un mois pour trouver un logement sur Paris et faire ton déménagement, alors que tu es bloqué toute la semaine dans une école de police à Nîmes.


Si quand tu as commencé à travailler, tu n'as pas été payé pendant les deux premiers mois.


Si tu sautes une tranche d'imposition à cause d'un rattrapage de salaire d'un an.


Si tu sais à quelle heure tu commences, mais jamais quand tu finis.


Si tu as plus de 100 heures sup' au compteur et que tu ne peux pas les poser.


Si tu as signé pour une boite qui ne t'a jamais fourni de contrat de travail.


Si quand on te parle de CDI, tu ne penses pas à un contrat de travail ou à une bibliothèque. (Compagnie Départementale d’Intervention- CRS des villes en quelque sorte)


Si tu t'es déjà fait doubler sur le tableau des mutations par un gars plus jeune que toi, simplement parce que lui, il est syndiqué.


Si tu possèdes une "carte de pêche" (carte bleue-blanc-rouge) alors que tu ne sais même pas monter une ligne.


Si tu ne trouves jamais ta profession sur les formulaires administratifs et que tu trouves idiot de marquer l'adresse de ton employeur.


Si tu arrives avec 1/2h d'avance au boulot pour te changer, et que ce temps n'est pas pris en compte.
 

Si Tu as déjà commencé à perdre des RTT alors que ton temps de travail n'a pas diminué.


Si tes heures de nuit sont payées 0,37 cents supplémentaires.


Si tu dépenses la moitié de ta paie en café, Bounty et tabac.


Si tu n'as pas le droit de boire, manger et fumer en public.


Si les gens te regardent bizarrement quand tu vas au Macdo, parce que pour eux, il doit être normal de faire 08h00-23h00 sans manger.


Si quand tu es nu et en tenue, il y a un différentiel de 5kg.


Si tu attends 6 mois une paire de chaussures alors que le SGAP (Service Général Administratif de la Police) est à 10 km.


Si tu es obligé d'acheter ton propre matériel pour bosser correctement.


Si tu passes ta journée à réajuster ton ceinturon.


Si la visière de ton casque MO (maintient de l’ordre) est tellement rayée que tu ne vois plus au travers.


Si quand tu t'approches d'un immeuble, tu regardes toujours au-dessus de toi pour voir si rien ne te tombe dessus.


Si tu rentres armé dans une cour d'assises.


Si l'expression "plante verte" te fait plus penser à une ambassade qu'à Jardiland. (garde statique)


Si pour toi, puma et cougar ne sont pas des synonymes. (armes)


Si tu enregistres le défilé du 14 juillet pour regarder au ralenti si tu ne vois pas des connaissances.


Si tu es bidonné quand tu vois les vigiles des supermarchés jouer aux super-héros avec leur oreillette alors que leur interlocuteur est à 2m d'eux.


Si tu envies les gendarmes qui ont un logement de fonction alors que tu as volontairement choisi de ne pas être gendarme pour ne pas avoir à vivre en caserne.


Si tu es obligé de laisser une adresse et un numéro de téléphone quand tu es en congés.


Si tu portes un T-shirt , un gilet pare-balle, une chemise et un gros pull en laine alors qu'il fait 25° dehors. Si une semaine plus tard tu es en chemisette alors qu'il fait 5° le matin à cinq heures, à ta prise de service.


Si tu dois demander l'autorisation avant de partir à l'étranger.


Si tu manges plus souvent avec tes collègues qu'avec ta femme.


Si tu t'occupes parfois plus des enfants des autres que des tiens.


Si tu rentres chez toi en puant la fumée ou le clodo ou la mort.


Si à noël et au jour de l'an tu es loin de tes proches et fais un repas aux chandelles devant une voiture brûlée, un kébab à la main.


Si le sourire de ton interlocuteur a subitement disparu quand tu as lui dit quelle profession tu exerces.


Si les discussions lors des repas de famille finissent toujours par tourner autour de ton boulot.


Si tous tes amis t'ont déjà demandé au moins une fois si tu as déjà fait usage de ton arme.


Si tu sais que les bruits des coups de feu dans les films ne ressemblent en rien aux vrais.


Si tu as déjà entendu : "arrête tes conneries, je t'ai reconnu!" quand tu annonces ta qualité au téléphone.


Si on te dit au moins une fois par jour "mais moi je travaille..." , alors que toi, probablement, tu dois être là pour t'amuser.


Si tout le monde est persuadé que tu mets le gyro pour aller boire l'apéro.


Si tu penses qu'avoir un 13ème mois et un CE est un privilège. Parce que les gens sont persuadés que tu as plein d'avantages, alors que le seul que tu as, c'est des réducs à Eurodisney et au parc Astérix.


Si les gens sont persuadés que tu touches une prime au résultat, et que tu n'as jamais rien vu sur ta fiche de paie.


Si tu vois régulièrement des RMIstes qui ont plus d'argent en liquide sur eux que tu n'en reçois sur ton compte à la fin du mois.


Si tu as déjà conduit des tas de voitures qui ne passeraient même pas au contrôle technique. (voitures de service)


Si tu laves régulièrement des voitures, mais que ce n'est jamais la tienne.


Si tu roules en voiture Française asthmatique en espérant rattraper la voiture Allemande d'un individu transportant des petits sachets verts.


Si quand tu t'installes en voiture, tu claques une fois sur deux la portière sur ton tonfa. (bâton de défense)


Si quand tu en sors, la ceinture de sécurité se coince sur ton ceinturon.


Si tu pestes contre les automobilistes qui ne démarrent pas au feu rouge pour te laisser passer, alors que quelques années auparavant, tu aurais toi-même hésité à le faire.


Si quand tu conduis tu vois les gens jeter leur téléphone portable à leurs pieds et se jeter sur leur ceinture de sécurité.


Si quand tu es au volant, tout le monde met subitement ses clignotants.


Si tu connais au moins un gars qui croit qu'il va sauver le monde et qui fait des demi-tours au frein à main parce qu'il a croisé une voiture qui n'avait pas le macaron du contrôle technique.


Si tu t'étonnes qu'à l'heure de l'Iphone et de la PSP, il n'y ait pas encore d'ordinateur embarqué qui fonctionne correctement.


Si tu travailles encore avec un logiciel de traitement de texte qui pourrait fonctionner sur un minitel.


Si tu as déjà vu des tas de signatures différentes sous ton nom. (dans les procédures)


Si un conducteur t'a déjà demandé de mettre tes gants blancs pour prendre ses papiers.


Si tu as déjà fait tomber un billet de 20 euros glissé dans une carte grise en te disant que ta carrière vaut pas bien cher aux yeux du contrevenant.


Si on te pose des questions de droit des assurances, alors que tu n'es pas plus assureur que la personne que tu as en face de toi.


Si les badauds pestent contre le fait que tu contrôles un individu innocent alors qu'il vient de passer quelqu'un à tabac cinq minutes avant.


S’il t'est déjà arrivé qu'un ami d'une victime s'interpose alors que tu allais lui porter secours.


Si on te reproche l'implantation des radars automatiques, alors que toi aussi tu les détestes, surtout quand ils te flashent en intervention urgente.


Si des tas de gens t'ont menacé de te faire perdre ton emploi.


Si les gens détestent ton boulot et admirent les pompiers alors que vous bossez ensemble une intervention sur deux.


Si on te dit au moins une fois par jour "mais moi je travaille..." , alors que toi, probablement, tu dois être là pour t'amuser.


Si les gens sont persuadés que tu dois leur obéir parce qu'ils paient des impôts (alors que c'est bien connu, les flics en sont exonérés....)


Si on te traite de raciste tous les jours, parce qu'il semblerait qu'il y ait un code pénal différent pour chaque couleur de peau.


Si on te reproche de ne pas avoir été là quand quelqu'un s'est fait agresser, mais que les gens qui étaient là ne sont pas intervenus et ne t'ont pas appelé.


- Si entendre:
" wesh, rouya, bien ou bien? La bess?
-ouaaaaiiis, ouais, trankil! j'vais au habs, 6 mois, zarma!"
ne te choque même plus.


Si tu as déjà eu envie de baffer un tox qui prétendait ne rien avoir sur lui alors qu'il avait une seringue dans la poche, et que tu risquais de t’y piquer en le palpant.


Si tu as écrasé plus de shit sous tes rangers que certains consommateurs n' en auront jamais fumé.


Si un gars en I.P.M. (ivresse publique et manifeste) t'a déjà réclamé son avocat.


Si le conducteur que tu as arrêté essaie de te faire croire que tu es daltonien, car tu confonds le vert, l'orange et le rouge. Pourtant, même daltonien, tu saurais que le feu rouge est celui du haut.


Si les gens te reprochent de ne pas réprimer les infractions au CR (code de la route) qu'ils ont vues en allant au boulot, et que quand tu fais du routier, on te reproche de ne pas courir après les voleurs.


Si quand il y a un accident , tu pries pour qu'il soit uniquement matériel, alors que des gens autour ralentissent pour voir du sang.


Si tu en as marre que les gens détestent ton boulot alors qu'ils regardent au moins un reportage ou une série par jour sur ce thème.


Si tu en as marre que tous les reportages ne soient que sur la BAC et la PJ.


Si tu en as marre que les séries soient irréalistes, et que tes remarques à ce sujet commencent à saoûler ta femme qui passait une bonne soirée jusque là.


Si tu n'as pas assez de doigts ni d'orteils pour compter les divorcés dans ton service.


Si on te demande souvent si tu mets tes menottes à ta femme alors qu'elles ont été portées par des SDF, des galeux, des tuberculeux et des sidéens.


Si tu sais que quand il y a deux flics au bord de la route avec un radar, il y en a 100 derrière pour prendre les plaintes, mener les enquêtes et faire des interventions PS (Police secours).


Si tu n'imagines pas un commissaire résoudre une enquête.


Si tu as déjà essayer d'expliquer pendant une heure à une personne que son problème relève du civil et non du pénal... sans réussir à le lui faire comprendre.


Si les gens ne te comprennent pas quand tu leur parles de pièces afférentes à la conduite et mise en circulation du véhicule.


Si tu sais que ne pas avoir de lave-glace est verbalisable.


Si tu as déjà regardé le certificat d'assurance d'une voiture garée à côté de toi sur le parking du supermarché.


S’il t'arrive d'utiliser le mot "véhicule" dans la vie de tous les jours.


Si quand tu épelles ton nom au téléphone, tu utilises l'alphabet international.


Si tu as vu plus d'hommes nus dans une geôle que de femmes nues dans ton lit.


Si tu as déjà donné à manger à un G.A.V. alors que toi tu crèves la dalle.


Si tu connais des rues qui n'apparaissent même pas sur ton plan de la ville.


Si tout le monde te demande sa route, alors que contrairement à eux, tu n'es pas du coin.


Si tu commences à connaitre tous les SDF et aliénés de la ville où tu bosses.


Si tu utilises le mot "collègue" au moins 3 fois par jour.


Si quand tu es blessé en service, on trouve que c'est normal.


Si l'application de l'article 122-5 du CP a toujours été un long sujet de discussion avec tes collègues. (légitime défense)


Si quand tu es agressé et que tu blesses ton agresseur, tu fais la une du JT.


S’il t'est déjà arrivé qu'un ami d'une victime s'interpose alors que tu allais lui porter secours.


Si tu traverses la ville à tombeau ouvert pour une victime qui ne veut même pas déposer plainte.


Si 'ami d'un ami d'un ami t'a déjà demandé de lui faire sauter un T.A. (amende)


Si tu enrages de voir des gens faire peur à leur gamin en lui disant que tu vas l’arrêter, parce que le jour où il sera perdu, il aura peur de venir te voir.


Si tu as déjà constaté par toi même qu'il y avait plus de dignité dans les cantines des restos du coeur que dans les réceptions mondaines.


Si tu connais mieux les hôpitaux que certains ambulanciers.


Si l'odeur du sterilium t'es familière. (désinfectant chirurgical)


Si on te reproche de laisser ressortir des délinquants alors que tu ne bosse même pas pour le ministère de la justice.


Si on t'a déjà demandé un mandat de perquisition.


Si tu fais la différence entre un feu de voiture et un feu de poubelle rien qu'à l'odeur.


Si tu as plein de collègues qui font des trithérapies alors qu'ils n'ont jamais eu de relations sexuelles à risque.


Si tu sais qu'il vaut mieux se servir de tes poings que d'un bâton télescopique.


Si on te reproche toujours de trop serrer tes menottes, même si tu ce n‘est pas vrai.


Si tu t'aperçois que pour la majorité des jeunes, le respect n'est qu'une histoire de vouvoiement.


Si tu as des mots d'amour qui te sont adressés sur les murs des halls d'immeubles, et que visiblement tes admirateurs n'aiment pas les préliminaires.


Si tu as déjà vu des gens qui ont leur plaque de cuisson électrique sur le tapis du salon.


Si ton boulot est basé sur l'article 22 du code des poulets.


Si quand tu arrives sur une place, il n'y a pas que les pigeons qui s'envolent.


Si tu as déjà roulé à plus de 100km/h....en ville.


Si tu as horreur des statistiques qui ne reflètent en rien ton travail.


Si on te dit qu'il n'y a pas de quota de TA, mais qu’on te le fait comprendre que tu n‘en fais pas assez.


Si tu es un des seuls depuis 3 siècles à avoir utilisé l'expression " haute bienveillance".


Si tu penses que ceux qui prennent des décisions devraient venir avec toi sur le terrain.


Si tu rêves que les médias fassent correctement leur boulot pour que tout le monde puisse voir la réalité des choses.


Si quand je te dis:
" qu'un M.E.C. que tu as contrôlé en C.E.E.A est, d'après le C.I.C, connu au F.P.R. pour un V.M.A; qu'il a un S.T.I.C. long comme mon bras; que son V.L. ressort positif au F.V.V.; que l'O.P.J te demande de le passer au S.N.P.C pendant qu'il le met en G.A.V., et qu'en faisant une recherche au F.N.E. tu t'aperçois qu'il est en I.L.E. " ,
tu as tout compris.


Si tu n'as pas assez de doigts sur une main pour compter tes collègues décédés avant l'âge de la retraite.


Si tu es régulièrement exposé à des maladies tropicales alors que tu n'as pas les moyens de partir en vacances si loin.


Si quand il y a une fuite de gaz avec un taux d'explosivité de 100%, tu es un des seuls à rester sur place.


Si pour toi, faire décrocher un pendu à un stagiaire est une bonne blague.


Si tu arrives à manger et à rigoler à côté d'un mort.


Si tu râles toujours sur tes conditions de travail, mais que tu es quand même content de faire ce que tu fais.

 

 Ut le 10/07/2009

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 13:46

C’est vrai, ça. Après tout elle avait eu raison d’appeler les policiers; c’était bien à ce fils là de prendre soin d’elle, de veiller à ce qu’elle ait à manger; à remplacer l’époux mort de travail… enfin, au travail, mais pour Fatima c’était la même chose: son mari était mort du travail depuis trois ans.

Elle s’était retrouvée seule dans l’appartement HLM avec le petit dernier de vingt quatre ans. La pension du mari mort servait à payer le loyer; alors le RMI du plus jeune, il lui en devait bien quelques sous!

Les deux autres garçons, ils étaient mariés; ils avaient des enfants. Quand à ses deux filles, ce n’était pas leur rôle…

Fatima parlait comme ça aux deux bleus qui étaient dans l’entrée.

Eux ils ne comprenaient pas tout, parce qu’elle mélangeait les mots arabes aux mots français dans une bouche sans dents. Mais bien sûr elle ne s’en rendait pas compte; et elle les trouvait impressionnants ces bleus, avec leurs gants noirs et cette grande matraque dure à la main. Surtout le garçon: il était grand, sec, blond, froid. La fille, un peu vieille déjà, avait un sourire et des yeux; c’était pas pareil.

Mais c’était le garçon qui avait poussé Fatima dans la cuisine pendant que la fille s’enfermait avec le fils dans la petite chambre du fond.

En fait, elle n’avait pas pensé que ça pouvait être ça la police.

Fatima n‘avait pas l‘expérience du dehors. Ses filles venaient tous les jours, et lui tenaient compagnie; mais on ne parlait rien que des petits enfants et des problèmes de famille; et de ce fils là à elle, bien sûr.

Quand elle se rappelait, Fatima se souvenait d’un enfant brun, doux, et silencieux.

C’était plus tard qu’un jour il était rentré ivre à la maison. Ca n’avait pas plu au père, le père secoué par le travail, et le gosse avait reçu sa colère. Il n’en avait jamais parlé; en fait, il s‘était définitivement tu, le dernier; et il n’était plus allé au lycée; et il rentrait souvent au milieu de la nuit, essayant d’éviter le père.

Et puis il y avait eu ce bel après-midi d‘été, alors que le père était à suer le travail, et que ce gosse dormait dans la chambre: Fatima était entrée, juste pour ranger un peu de linge propre… et l’enfant était là, une aiguille dans le bras, avec la mort ébahie dans ses yeux.

Quand il avait vu sa mère, sa bouche tordue avait gargouillé, et elle avait fini par comprendre: « vas t’en! »

Fatima n’avait rien dit au mari. Rien dit à personne.

Fatima avait oublié. Très vite.

Tout comme elle avait oublié sa vie, très jeune, quand on l’avait mariée au mari mort maintenant. Oublier la vie et le temps qu’elle ne pouvait pas donner aux enfants qui arrivaient dans son ventre les uns après les autres. Le quotidien c’était d’abord le mari; après il y avait la maison et le manger; ensuite les gosses. Le mari s’occupait de leur éducation; elle s’occupait du manger et du linge.

Et maintenant le petit dernier était enfermé dans sa chambre avec la femme de la police; et l’homme de la police lui posait plein de questions à elle. Fallait répondre.

Fatima s’était recroquevillée sous son foulard, et ses vieilles mains tremblaient. Elle avait essayé d’expliquer que le fils avait frappé; qu’elle voulait juste un peu du RMI.

Oui Monsieur le policier, il a déjà eu des ennuis avec la police. Il s’est battu avec la police, il paraît; ses filles lui avaient dit qu’il avait envoyé cinq policiers à l’hôpital.

Fatima n’a pas compris, mais alors elle a vu l’homme policier se précipiter dans la chambre fermée; elle a entendu la femme policier dire « Je ne crains rien. Monsieur et moi discutons. Il fait sa valise, tu vois. Il s’en va. Il va laisser la mère tranquille. »

Mais l’homme policier n’avait rien voulu entendre et avait poussé sa partenaire dehors; tout juste comme ses filles à elle arrivaient, alerté par les jeunes du bloc, sûrement.

Et le petit appartement s’était vidé de la police après un dernier sourire de la femme policier qui lui disait de ne pas hésiter à venir déposer plainte contre le fils; de ne pas se laisser faire.

Les deux filles criaient après leur frère.


Dehors les flics avaient attendu de voir partir le junkie, une valise marron à la main.

Puis ils étaient rentrés au poste, rendre compte de la mission.


C’était une semaine plus tard qu’ils avaient de nouveau rencontré le junkie, sur une bagarre devant un bar.

Ils étaient à quatre flics.

Le grand blond flic et la plus vieille avaient tout de suite reconnu le mec; malgré que ce jour là il était couvert de piercings et de chaînes, et qu’il avait le visage coupé de profondes striures raides; comme des rides qui n’auraient pas eu besoin de temps pour exhiber la douleur.

Le junkie avait lâché l’autre, celui qui lui avait pris sa dose, quand il avait vu le regard de la femme flic. Et alors ce regard avait changé, et elle l’avait pris à part; elle avait un sourire et lui demandait comment allait la mère.

L’enfant mauvaisement grandi avait bredouillé qu’elle allait bien, et puis il s’était enfui après que les autres flics l’ait fouillé et rien trouvé.

Fuir les yeux et le sourire qui remontaient l’enfance au bord du cœur flétri… Fuir la vie….

Le VIH allait l’aider…

Ut le 15/02/2009

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